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V) L'AUMÔNERIE UNIVERSITAIRE CATHOLIQUE :
(Une autre lecture de la Bible)



Je disais donc que mes frères évangéliques avait une lecture déficiente de la Bible. Si j'osais une comparaison, je dirais que les évangéliques sont à mi-chemin entre une interprétation savoureuse de la Parole et le 'ras des pâquerettes' des Témoins de Jéhovah.
On entend souvent dire que les protestants connaissent bien la Parole de Dieu. Est-ce si sûr ? Certes, ils la lisent plus régulièrement que beaucoup de catholiques. Ils ont pour la plupart une connaissance des versets et des références bibliques digne des Témoins de Jéhovah ! Mais au-delà de cette connaissance que je qualifierais de 'factuelle', qu'ont-ils compris des Ecritures et de son message en profondeur ? A l'évidence, ils ne creusent pas assez le sol fertile de l'Ecriture.

LECTIO DIVINA
A l'aumônerie, j'ai effectivement pu constater que de nombreux jeunes catholiques n'avaient qu'une fréquentation minimale de la Bible. A cet égard, je faisais figure d'extra-terrestre. Mais, à l'inverse, je fis connaissance de prêtres et de religieux dont la vision biblique était d'une finesse inégalée chez mes frères évangéliques ! Quelle liberté d'interprétation par rapport à la lettre du texte. Visiblement, pour eux, la Tradition et le Magistère de l'Eglise n'étaient en rien un frein, mais bien plutôt un tremplin vers une meilleure compréhension du message biblique. Je découvris alors le profond fossé qui sépare encore trop souvent ces catholiques 'd'élite' que sont prêtres et religieux et les laïcs catholiques proches de l'inanition scripturaire. Cette découverte a joué d'ailleurs un rôle prépondérant dans l'élaboration de la règle de prière exposée sur ce site dans la mesure où celle-ci propose un véritable programme de 'remise à niveau' biblique, si vous me passez l'expression.

jeunes de l'aumônerie

Ici, il me faut tout de même préciser que l'on peut être chrétien authentique sans une pratique assidue de la lecture de la Bible. Aussi, ai-je vu à l'aumônerie bien des gens dont le comportement était exemplaire sans pour autant qu'ils dévorassent l'Ecriture. Ils se privaient certes d'un trésor merveilleux qui eût dynamisé leurs qualités humaines et spirituelles - leurs talents, dirait Jésus (cf. Matthieu 25, 14-30), - mais leur sens aigu de l'humanité et de la foi montrait combien ils avaient déjà fait fructifier leur 'capital chrétien'.
A cet égard, le sacristain de ma paroisse actuelle m'a fourni la réponse à ce qui restera toujours une énigme pour un protestant, énigme qui chez les évangéliques n'est pas loin de donner lieu à ce que l'on pourrait appeler de la mauvaise foi. En effet, pour ces derniers ne sont pas chrétiens tous ceux qui ne lisent pas la Bible ! Par voie de conséquence, il vous suffit de lire la Bible pour être chrétien ! Je caricature à peine. Pour preuve, s'il en était besoin, la réflexion d'un de mes frères évangéliques me déconseillant de donner à manger à un clochard dans la rue de peur de vouloir me justifier par les oeuvres, seule la foi pouvant sauver (cf. Romains 3, 28 ; Ephésiens 2, 8-9), foi nourrie par la seule lecture des Ecritures, cela va sans dire. Ce jeune homme n'avait sans doute pas en mémoire ces versets de l'épître de St Jacques :
Mes frère, que sert-il à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les oeuvres? La foi peut-elle le sauver? Si un frère ou une soeur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l'un d'entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez! et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il? Il en est ainsi de la foi: si elle n'a pas les oeuvres, elle est morte en elle-même. Mais quelqu'un dira: Toi, tu as la foi; et moi, j'ai les oeuvres. Montre-moi ta foi sans les oeuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes oeuvres. (Jacques 2, 14-18)
Notons au passage que Luther avait envisagé de supprimer de la Bible l'épître de St Jacques, tellement elle lui semblait gênante pour sa vision obsessionnelle et unilatérale de la grâce, "une épître de paille", disait-il !
Ce manque de charité au profit d'une foi bien sèche et bavarde est une marque de fabrique que l'on trouve assez fréquemment chez les évangéliques (si vous voulez plus de renseignements sur une évangélisation différente, nourrie par la charité, vous pouvez consulter ce fichier son mp3 → Comment évangéliser).

Revenons à ce bon sacristain de ma paroisse, dont je ne me permettrais pas de dire qu'il n'est pas chrétien, bien que, de son propre aveu, il lise peu la Bible, qui pour lui reste trop compliquée. Cependant, il n'est que de le regarder prier et faire ses dévotions chapelet dans une main et livre de quelque saint dans l'autre pour comprendre que la foi se nourrit en réalité de tout ce qui nous permet de mieux connaître le Christ (messes, sacrements, prières, dévotions, etc...), la Bible n'étant qu'un moyen de tendre vers ce but, non LE but lui-même, ce que certains évangéliques ont grand-peine à saisir.
Mais, attention, n'allez pas croire que je cautionne ou ni même excuse un manque d'intérêt pour la Parole de Dieu quand celui-ci s'identifie plus à une paresse spirituelle qu'à une réelle et 'honnête' ignorance de l'importance de la Bible, comme dans le cas de mon bon sacristain, dont l'éducation religieuse est antérieure à Vatican II - avant ce concile, il faut bien le reconnaître, les catholiques furent plus que dissuadés de lire l'Ecriture.
Je viens de dire que la Bible est un moyen de tendre vers Dieu. Pour être plus exact, je devrais préciser que la Bible est, en fait, LE moyen par excellence de connaître Dieu (cf. Pourquoi lire la Bible + commentaire sur Zacharie), non pas le seul, n'en déplaise à mes amis évangéliques. Autrement dit, l'Ecriture est, à n'en pas douter, le meilleur chemin vers Dieu, c'est en tous cas ce que pensaient les apôtres (Cf. 2 Corinthiens 2, 17 ; 1 Thessaloniciens 2, 13 ; 2 Timothée 2, 9.15 ; 2 Timothée 3, 16-17 ; 1 Pierre 1, 23.25; 2 Pierre 1, 19-21), même si elle n'est pas l'unique voie.

La Parole de Dieu est plus affûtée qu'une épée à double tranchant
(Hébreux 4, 12)
Maintenant, vous comprenez mieux ma position. Quand on connaît le trésor que représente la Bible, on ne peut que vouloir le partager, non dans le but de fournir un critère de jugement exclusif sur qui est chrétien et qui ne l'est pas, mais bien pour équiper tout chrétien de l'instrument d'épanouissement et de purification de la foi que constitue la Parole de Dieu (cf. Ephésiens 6, 17 ; Hébreux 4, 12).
En effet, j'ose penser que ces hommes et ces femmes que j'ai croisés à l'aumônerie et que je continue de rencontrer dans ma paroisse développeraient encore plus leurs qualités humaines et chrétiennes si, à leurs prières et à leurs dévotions, ils associaient toujours davantage l'Ecriture. Je mettrais toutefois une condition à ma dernière remarque : lire la Parole de Dieu, certes, mais dans la Tradition de l'Eglise, ce qui nous ramène aux prêtres et aux religieux dont j'ai parlé plus haut ; ceux-ci, comme je l'ai dit, m'avaient impressionné par la subtilité de leur approche de la Bible. C'est ici que je me dois de mentionner une rencontre qui, avec le recul, a été décisive...
'j'ose penser que ces hommes et ces femmes que j'ai croisés à l'aumônerie et que je continue de rencontrer dans ma paroisse développeraient encore plus leurs qualités humaines et chrétiennes si, à leurs prières et à leurs dévotions, ils associaient toujours davantage l'Ecriture.'

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