QUI SUIS-JE ?
L'adolescence
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IV)   LE MAL-ÊTRE DE L'ADOLESCENCE
SOURCE D'OUVERTURE A LA GRÂCE



L'amour romantique idolâtréCette étape de la vie est bien connue pour être difficile, elle le fut donc pour moi. Avec l'adolescence, survinrent les premiers malaises. Très vite, je me sentis affectivement pauvre, je ne me sentais pas trop à ma place dans les relations parfois superficielles du flirt, je recherchais déjà des valeurs telles que le mariage, la famille, etc... un peu tôt à 15 ans, penseraient certains. Dieu m'était, je dois le dire, relativement indifférent à l'époque, même si ma scolarité se déroulait toujours dans un lycée privé à Belfort. Mon vide affectif, ma soif d'amour et d'absolu tournaient en fait à l'idolâtrie de la relation homme-femme, dont le mariage constituait l'aboutissement total. Cette conception ultra-romantique venait sans aucun doute du contre exemple que représentait le couple de mes parents, qui s'entendaient plus que mal, c'est le moins que l'on puisse dire.

"et c'est dans l'abîme
qu'Il vient nous chercher"
Quoiqu'il en soit, cette idolâtrie ne faisait qu'exacerber mon vide affectif, que seul l'Amour pouvait combler. C'est en tous cas le chemin que Dieu utilisa pour me mener à Lui. Comme toujours, Dieu tire du bien du mal (Gn 50, 20), et c'est dans l'abîme qu'Il vient nous chercher, jamais rien n'est perdu pour Dieu. Mais, je n'avais pas encore toucher le fond de l'abîme. En première (à 16 ans, l'année précédant le baccalauréat), je me tournai vers la 'notion' de Dieu par un chemin très progressif et très détourné. Je commençai à m'intéresser à la psychanalyse (analyse des rêves, Freud, etc...), mais ma soif d'amour, ou plutôt d'Amour, creusa en moi cette soif d'absolu, qui vous fait tourner la tête vers le ciel (Ecclésiaste 3, 11). Dieu, respectant nos maturations, lentes la plupart du temps, me laissa suivre mon propre chemin, sans me 'perdre de vue'. De la psychanalyse, je passai donc à la parapsychologie, cette science qui veut faire de vous 'des musclés des pouvoirs paranormaux'. Cela devait être un moyen, pensais-je, de me conduire vers la voie de la revanche sur mes échecs et sur les autres. Je me souviens même de m'être adonné quelques fois au spiritisme (esprit, es-tu là ?) et au magnétisme (pendule, etc...). Ce n'était pourtant pas encore la prise de conscience de Dieu, comme personne vivante et agissante. Celle-ci intervint après que je me rendis compte que la parapsychologie ne comblerait pas ma soif. Mais, Dieu écrit droit avec des lignes courbes. Les paliers vers Dieu n'étaient pas tous franchis : psychanalyse, parapsychologie et enfin occultisme.

L'homme cherchant à s'élever par lui-même en bâtissant la Tour de BabelL'occultisme devait être le dernier palier, la dernière marche vers ce Dieu vivant dont la Bible parle tant. L'occultisme, c'est un peu la version non laïcisé de la parapsychologie, mais c'est aussi le chemin inverse de la grâce, qui est mouvement du haut vers le bas, de Dieu vers nous. L'occultisme, c'est la Tour de Babel, où l'homme cherche par ses propres forces à s'élever vers Dieu, comme tant de sagesses orientales. D'ailleurs, l'occultisme et sa version moderne le 'New Age' ne sont, tout bien considéré, que des versions occidentalisées des religions orientales (Hindouisme, Les Rois Mages conduits à l'adoration du vrai Dieuméditation transcendantale, Zen, ainsi que certaines formes du Bouddhisme). Pour la première fois, j'entendis, tout de même, parler de Dieu comme d'un être qui pouvait apporter des solutions à notre mal de vivre. L'avantage de l'occultisme était qu'il présentait en apparence une image nouvelle de Dieu. Admirons, là, l'intelligence de Dieu, qui, à l'image des Rois Mages (conduits au Christ par l'intermédiaire de l'Astrologie, pourtant défendue à juste titre dans la Bible, cf. Dt 18, 9-40), se sert de chemins bien peu orthodoxes pour contourner nos 'vaccinations à Dieu', que sont les fausses impressions que le Dieu des Chrétiens n'a plus rien à apporter, qu'on le 'connaît trop' (caté, communions, messes, etc...).

"la découverte de ce Dieu, dans lequel nous nous fondrions pour nous perdre en lui à tout jamais"
Dieu donc m'apparut comme une nouveauté, comme quelqu'un digne d'intérêt ! Le hic, c'est que ce Dieu, tout nouveau qu'il était, paraissait tellement inaccessible. Pour le rencontrer, il fallait en effet de multiples exercices spirituelles, d'où Dieu était absent, pour s'élever, telle la Tour de Babel. La récompense de ces exercices si pénibles, dont seuls les élus pouvaient venir à bout, était la découverte de ce Dieu, dans lequel nous nous fondrions pour nous perdre en lui à tout jamais (= Nirvana). L'échec de la pratique de ces exercices pouvaient selon les occultistes eux-mêmes conduire à la folie ou à la possession, triste perspective pour celui qui recherchait en ce nouveau Dieu si indifférent la satisfaction de sa soif d'Amour !
Autre sujet de déprime pour moi était l'idée que pour parvenir à ce Nirvana, il faudrait probablement plusieurs vies (réincarnations), je n'étais donc même pas moi en cette vie ! Dieu ne m'aimait par conséquent pas comme un être unique, son unique. Dans ces circonstances, il ne fut pas étonnant qu'en Terminale (17 ans, classe préparatoire au baccalauréat), l'angoisse de la mort me saisit, d'autant que les cours de philo portait justement sur ce sujet. Cette angoisse me saisit en un instant dans un bus. Tout à coup, cette pensée me traversa et s'ancra en mon âme :

"Je suis jeune, 17 ans, et pourtant, je pourrais mourir à n'importe quel moment (accidents, maladies, etc...). Ma jeunesse ne me garantissait pas de mourir dans 50 ou 60 ans, le temps qu'il fallait pour voir venir la mort en profitant 'à fond' de la vie, ce qui, pour beaucoup d'entre nous, veut dire 'en se passant de Dieu'".
De toutes façons, la pensée que ma vie en ce monde se terminerait irrémédiablement par la mort me devint insupportable, en un mot, la mort me révoltait, peu importe l'âge auquel je devais mourir. La dépression se fit violente, même si mes parents ne virent rien, mais au fond de moi-même, le goût de vivre était parti. Mais, grâce à Dieu, discrètement en mon coeur, ce mal devait servir à m'ouvrir les yeux sur la vanité de l'occultisme, du yoga et de toutes religions orientales. En effet, dans ces terribles moments de solitude face à soi-même, la perspective de devoir se débrouiller tiraillé par l'angoisse...de troubles d'où le démon n'était pas tout à fait étrangerseul pour se hisser vers un dieu indifférent à nos misères ou trop rigide sur son 'principe de non-interventionnisme' dans les affaires humaines ne m'aidait pas franchement, c'est le moins que l'on puisse dire ! Je me sentais seul et abandonné de ce dieu froid, qui en définitive fut inventé pour servir de faire-valoir à l'orgueil des hommes, c'est à dire à leur fierté de s'élever par eux-mêmes vers le ciel (cf. le récit de la tour de Babel). Je ne trouvais plus le sommeil, tiraillé par l'angoisse, je me souviens même avoir entendu des voix ! Ce qui, ici, était plutôt signe de déséquilibre profond, et, j'irais jusqu'à dire de troubles, d'où le démon n'était pas tout à fait étranger.
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