QUI SUIS-JE ?
Les années universitaires
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V) L'AUMÔNERIE UNIVERSITAIRE CATHOLIQUE :
La découverte de la Liturgies des Heures et le mûrissement de la règle de prière de ce site :
son élaboration



Moi devant le centre Bernanos
En 1988, j'avais fait le choix, comme je l'ai dit auparavant, de prendre mes distances avec le mouvement évangélique. J'avais commencé à fréquenter l'aumônerie dès 1987, mais en 1988, j'avais franchi un pas supplémentaire, j'avais en effet décidé d'y loger, ce faisant, j'étais devenu membre de la communauté dite de Bernanos (nom de l'aumônerie universitaire catholique de Strasbourg, l'AUC). Et voilà que j'étais adoubé 'bernanosien'. Il était désormais évident que mon engagement au service de l'Eglise devait s'intensifier. Je trouvai dans cette nouvelle responsabilité de membre de l'AUC une grande joie. Quel contraste avec les groupes bibliques : nous n'étions ni formatés, ni surveillés. L'amitié passait avant la doctrine, et dire que certains protestants reprochent à l'Eglise son excessif dogmatisme ! Ce n'est en tous cas pas ce que j'ai vécu sur le terrain. Certes, cette liberté présente les défauts de ses qualités, le plus flagrant de ces défauts étant assurément le manque de formation religieuse et spirituelle. Il faut cependant nuancer, car pour ceux qui le désiraient, des ateliers de foi étaient proposés ainsi que des temps de prière, notamment pour nous 'bernanosiens' (nous étions 8). Nous étions même chargés de préparer ces petits temps de prière. Mais, là encore, il me faut signaler que la Bible et les jalons nécessaires à sa lecture priante ne faisaient pas partie des formations proposées, cela semblait bel et bien réservé aux 'catholiques délites' que sont prêtres et religieux !

C'est maintenant le moment de parler plus avant de cette rencontre, qui allait m'apporter l'instrument que je cherchais, celui qui me donnerait régularité et constance dans la prière, ainsi que dans la lecture de la Bible.

Dans la communauté de Bernanos, j'avais pris l'habitude de venir me recueillir dans la salle de prière de l'aumônerie avant d'aller me coucher, moments d'intimité délicieux avec mon Seigneur. Ma prière s'alimentait tant bien que mal au moyen d'une lecture d'un passage biblique dont j'avais pris les références dans ma petite brochure évangélique : La Bible en un an. Ce temps de prière comprenait également la lecture de la vie du saint du jour et la lecture du message du jour dans Dieu appelle, livre qu'il me fut donné de découvrir, grâce à une bernanosienne, qui, elle aussi, allait jouer un rôle non négligeable dans mon cheminement spirituel.

Le livre de vies de saints que j'utilisais était ce qu'on appelle une fleur des saints. Il m'a non seulement permis de découvrir de nouveaux amis célestes, amis que je commençai à prier en demandant leur intercession (Hébreux 11, 4 - 12, 1.22-23), mais surtout, par son annexe en fin de volume, il éveilla ma curiosité sur deux points fondamentaux de la Tradition : les docteurs de l'Eglise et les 21 conciles oecuméniques (à moins que pour les conciles ce ne fût l'annexe de l'encyclopédie catholique Théo). C'est à partir de ce moment-là que je pris la ferme résolution d'approfondir ma connaissance des docteurs de l'Eglise et d'entamer des recherches quant aux décisions prises lors des conciles. Ainsi, pensais-je, et je le pense toujours, je serais à l'abri de dérapages doctrinaux tels que celui que j'avais entendu dans une conversation entre mon ami évangélique et son interlocuteur musulman (pour avoir le détail de l'histoire, allez à la page 10).

Mon site n'est en définitive que mon désir de partager les 'ancres spirituelles' que j'ai découvertes chemin faisantJ'avais pressenti également que la Tradition m'aiderait dans mon approche biblique et dans l'approfondissement de la connaissance de mon Seigneur Jésus Christ. N'aime-t-on pas davantage une personne que l'on connaît mieux ? La Tradition, la doctrine et les dogmes n'ont pas d'autre but que celui-ci. Il vous est maintenant facile de reconnaître le deuxième axe de la formation que je propose sur ce site, le premier étant, rappelons-le, la Bible. Mon site n'est en définitive que mon désir de vous faire partager les 'ancres spirituelles' que j'ai découvertes chemin faisant ; elles vous aideront, je l'espère, à arriver à bon port, solidement amarrés au roc de la foi.

Dans la salle de prière de l'aumônerie...le plus souvent, j'étais seul, mais de temps à autre, j'étais rejoint par Benoît.Comme je venais de le dire, je priais tous les soirs avec mon petit schéma de prière : lecture de la vie du saint du jour, lecture de la Bible, sans oublier mon message de Dieu appelle. Le plus souvent, j'étais seul avec le Seigneur, mais de temps à autre, j'étais rejoint par un autre bernanosien : Benoît. C'était un personnage ! Beau, musclé, plein de vie avec le parler délicieux que le Québec lui avait donné. Il était en France pour un an, cela faisait partie de son cursus d'études, études qui, signalons-le, désespéraient toutes les demoiselles, pensez donc, il se destinait à la prêtrise ! J'avais remarqué - quoi d'étonnant pour un futur prêtre ? - qu'il priait à l'aide d'un livre que d'aucuns appelleraient le bréviaire, il s'agissait en fait de Prière du Temps Présent (pour la différence entre le bréviaire et Prière du Temps Présent, cliquez ici). Par la suite, j'appris que ce livre était celui que les prêtres et les diacres utilisaient. Je fus par là sensibilisé à la Liturgie des Heures en tant que prière individuelle. Les mots de Vêpres et de Laudes ne m'étaient pourtant pas tout à fait inconnus, il m'était en effet arrivé de participer épisodiquement à ces offices dans le cadre de la prière communautaire des Dominicains de Strasbourg. Je me rappelle aussi avoir entendu Anne (bernanosienne que j'ai mentionnée à l'occasion de ma découverte de Dieu appelle) se plaindre de la difficulté qu'il y avait à 'manier' PTP (= Prière du Temps Présent) correctement. Combien elle avait raison ! Il me fallut quelques mois pour en venir à bout (je voudrais, chers Internautes, vous épargner ce tracas avec les formules 'intégral' et 'autonomie').

Le jeu en valait vraiment la chandelle ! L'aide que je cherchais se trouvait dans ce trésor de l'Eglise ! Il serait ici trop long de vous expliquer en détails les raisons pour lesquelles le bréviaire, ou PTP, est un compagnon de prière si précieux, d'autant que cela a déjà été fait sur cette page : Pourquoi prier la Liturgie des Heures, n'hésitez pas à la consulter ! Disons simplement que ce livre favorisait à la fois la régularité de la prière et la lecture de la Bible. La réalisation de ce dernier aspect se trouvait grandement facilitée par un plan de lecture biblique cohérent et bien pensé, notamment dans l'office des lectures. De même, le cadre fourni dans les offices mettait en relief la Parole de Dieu par une mise en condition indispensable quand il s'agit d'entrer en dialogue avec le Seigneur à l'aide de sa Parole. L'élaboration de la règle de prière de ce site est venue ensuite, au fur et à mesure de ma pratique de la Liturgie des Heures, alors que je me rendais compte qu'un laïc ne pouvait en une journée prier tous les offices et lire, de manière extensive, la Bible et les textes de la Tradition. En outre, il me paraissait plus que nécessaire d'inclure dans le plan de lecture biblique proposé par l'office des lectures les textes de la messe, qui sont, il est vrai, moins complets, mais plus variés sur une courte période ; et que dire des évangiles qui sans les lectures de la messe n'eussent jamais été lus (ils ne sont effectivement lus qu'aux messes). En fin de compte, cette règle de prière est le fruit de mon expérience personnelle et consiste principalement à concilier deux réalités apparemment irréconciliables, à savoir le manque de temps et le désir d'approfondir sa foi, le tout par un système de roulements englobant lectures et offices.

Moines priant la Liturgie des Heures

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