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LES SUMERIENS
ou
les origines de la civilisation

(5000av JC - 1750av JC)




I) INTRODUCTION :


Gilgamesh tuant le lion. Le roi sumérien Gilgamesh est étroitement lié à la période post-déluge

Mais qui sont donc les Sumériens ? Quelles sont leurs origines ? Voici deux questions par lesquelles on pourrait commencer cet exposé sur les Sumériens. En effet, il faut bien reconnaître que beaucoup de mystère subsiste sur ce peuple. Pourtant, il est important d'avoir une idée relativement précise de l'histoire de cette civilisation si l'on tient compte du fait qu'Abraham est précisément originaire du pays des Sumériens (Ur). Il a donc connu cette civilisation. N'oublions pas que la datation la plus courante pour Abraham est 1900av JC. Cette date correspond certes au déclin de ce peuple, mais, il n'en reste pas moins que son histoire et sa culture ont sans doute marqué le jeune Abraham. Qui plus est, les mythes des sumériens s'étant transmis à 'leurs descendants' babyloniens, le poids de l'héritage du pays de Sumer s'est fait sentir sur les Israélites au moins jusqu'au VIème av JC, date à laquelle les élites du Royaume de Juda - la partie sud d'Israël - furent exilées à Babylone par le roi babylonien Nabuchodonosor. Les exégètes s'accordent d'ailleurs à dire que les onze premiers chapitres de la Genèse véhiculent les légendes et les histoires de cette civilisation suméro-babylonienne, mis à part le concept du monothéisme, bien sûr.
Signalons enfin que l'influence sumérienne ne se limite pas aux Hébreux ! Par les nombreuses avancées technologiques dont les habitants du pays de Sumer sont les auteurs, c'est toute la Mésopotamie, et même bien au-delà, qui est redevable à cette civilisation. Cet héritage sumérien va d'ailleurs constituer une partie de cet exposé consacré à ce peuple.

II) UN PEU DE GEOGRAPHIE :

L'histoire des Sumériens est indissociable de l'entité géographique que l'on connaît sous le nom de : "Mésopotamie". Cette région, qui s'étendait du Golfe Persique au sud à la mer Méditerranée au nord (= l'Iraq actuel, en gros), est généralement divisée en trois partie :
  • Mésopotamie septentrionale ou Haute Mésopotamie (= nord)
  • Mésopotamie centrale (= le centre)
  • Mésopotamie méridionale ou Basse Mésopotamie (= sud)
Cette division géographique a son importance, dans la mesure où elle facilite l'identification des diverses civilisations qui se trouvaient en Mésopotamie.
Dans le cas qui nous intéresse la Mésopotamie septentrionale ne présente guère d'intérêt. Elle aura surtout un rôle à jouer avec l'arrivée en scène des Assyriens, bien plus tard.
Les deux autres parties de la Mésopotamie ont joué très tôt un rôle essentiel dans l'histoire de la région. Ainsi, la Mésopotamie centrale est le lieu où s'est développée la civilisation dite 'akkadienne'. Ce peuple dont la capitale était Akkad habitait probablement à la frontière entre la Mésopotamie centrale et la Mésopotamie méridionale. Les Akkadiens ont cependant connu un développement plus tardif que les Sumériens.
Quant aux Sumériens, ils furent les premiers à occuper la Mésopotamie. Ils en colonisèrent la partie méridionale.
Cette partie a d'ailleurs donné son nom aux Sumériens. En effet, en histoire ancienne, on appelle également la Basse Mésopotamie : "le pays de Sumer".
VIGNETTES-LIENS VERS LES CARTES
EN TAILLE REELLE




Carte de la Mésopotamie







Carte des peuplements
de la Mésopotamie

III) L'ORGANISATION POLITIQUE ET ECONOMIQUE SUMERIENNE :

Ce qui caractérise l'organisation politique sumérienne, c'est son organisation 'à la grecque'. En effet, tout comme beaucoup plus tard la Grèce antique, le pays de Sumer était subdivisé en zones d'influence se structurant autour de quelques villes-phares, telles que Ur, Eridu, Lagash, etc...Ainsi, la société sumérienne reflétait une organisation où les villages se concentraient autour de villes plus grandes. Ces regroupements constituaient des zones d'influence ou cités-Etats.
Reconstitution de la Ziggourat d'Eridu (3000av JC). C'est ce type de Ziggourat qui a inspiré le récit de la Tour de Babel.
 
 
Chacune de ces villes possédait sa propre ziggourat. Celle-ci contenait des administrations gouvernementales, ainsi qu'un temple. Ce dernier se situait au dernier étage, c'est à dire sur la plus haute plate-forme de la ziggourat.
En règle générale, ces villes étaient dirigées par un conseil de sénateurs ou de soldats. Ce conseil se trouvait sous la direction d'un chef. Ce chef faisait aussi office de prêtre. Plus tard dans l'histoire de Sumer, ces chefs deviendront des rois qui seront considérés comme les vice-régents du dieu principal de la cité.
En fait, il faudra attendre l'ascension politique des Akkadiens vers 2300av JC pour voir un contrôle centralisé de la région se généraliser. C'est à ce moment que la notion d'empire verra le jour.
Quant à l'économie sumérienne, elle reposait sur un système de taxation des villages en fonction de leurs surplus agricoles. Cette taxation avait été mise en place pour aider les classes dirigeantes des villes dans leur programme de travaux publics, notamment ceux consacrés à l'irrigation.

IV) L'HERITAGE SUMERIEN :

  1. C'est peut-être pour leurs mythes de la création du monde et de la naissance de la civilisation que les sumériens sont les plus connus. On leur doit, par exemple, l'idée d'une époque héroïque où la perfection humaine devait laisser la place à la fragilité humaine, fragilité qui pouvait même déboucher sur l'échec.
    L'autre grand apport culturel de ce peuple sur le plan des mythes fondateurs est sans aucun doute la notion de déluge universel.
    Toutes ces histoires, comme il a été dit plus haut, ont été reprises dans la Bible tout en étant adaptées au monothéisme.


2.


Les Sumériens ont aussi légué à l'humanité les concepts de loi, de gouvernement et de vie urbaine.
La vie urbaine et commerciale à Eridu avec son temple au fond
  1. On leur doit également un système astronomique et mathématique qui permit de diviser le temps et l'espace en degrés ce qui allait, plus tard, aboutir à nos heures, nos minutes et nos unités de mesure linéaire.

  2. N'oublions pas non plus la poterie et le développement de la roue à des fins de transport. Ces deux bonds en avant dans les domaines de la vie quotidienne sont bel et bien d'origine sumérienne.

  3. Et enfin, comment passer sous silence LA grande invention sumérienne par excellence : "l'écriture".

V) L'HERITAGE SUMERIEN PAR EXCELLENCE : "L'ECRITURE" :

A) Introduction :

Ci-dessus : le développement de notre lettre 'A' à partir de la lettre d'origine sumérienne "tête de boeuf". Les étapes jusqu'à nous ont été le cunéiforme akkadien, ensuite, le proto-cananéen, puis le phénicien, et enfin, le grec.
La langue sumérienne ne peut s'apparenter à aucune autre langue connue. On ne put la comprendre et la traduire qu'en ayant recours à des traductions de cette langue en d'autres langues qui nous étaient connues, un peu à la manière de l'égyptien. Ainsi, c'est par des traductions akkadiennes qui avaient été faites en Babylonie ancienne par quelques érudits qu'il devint possible aux étudiants modernes de traduire le sumérien. Il était en effet beaucoup plus aisé de comprendre l'akkadien, dans la mesure où cette langue était sémitique et s'apparentait donc à l'hébreu et à l'arabe.
Quoiqu'il en soit, le génie des sumériens s'exprima de façon éclatante dans l'invention de l'écriture. Et là, l'influence sumérienne perdura plusieurs millénaires. Ce n'est qu'avec la disparition définitive du système d'écriture cunéiforme au 1ersiècle avant Jésus Christ que l'on peut considérer l'influence sumérienne directe sur l'écriture définitivement terminée. Dans la phrase précédente, le mot "direct" est mis en évidence, car l'influence des sumériens sur l'écriture se fait encore sentir aujourd'hui si l'on pense que certaines de nos lettres ne sont que l'évolution plus ou moins lointaine du sumérien primitif, pour s'en convaincre il suffit de jeter un coup d'oeil sur la figure ci-contre.

B) L'histoire du sumérien et de son écriture :

- Les plus vieux exemples d'écriture sumérienne datent d'environ 3000av JC (fin de l'époque proto-littéraire). Au début, l'écriture sumérienne était plus du type pictogramme, un peu à la façon des hiéroglyphes égyptiens. Petit à petit, le dessin fit place à l'abstraction pour donner l'écriture cunéiforme qui, depuis, est devenue dans
      exemple
d'incision sur de l'argile mouillé
l'esprit de beaucoup de gens synonyme de sumérien.
Les premiers exemples d'écriture sumérienne n'étaient que de la comptabilité, l'écrit ne servant que de pense-bête pour se souvenir de ses comptes (le nombre de troupeaux, la quantité de blé, etc...). Les signes étaient incisés ou "imprimés" sur des tablettes d'argile qui avaient été préalablement mouillées avant d'être séchées. Sur ces tablettes, on trouve généralement des incisions à côté du dessin simplifié de l'objet ou de l'animal compté.
- Plus tard, les scribes abrégèrent, simplifièrent et stylisèrent les signes-dessins, ce qui, sur plusieurs générations, aboutit à l'association abstraite d'impressions cunéiformes : l'écriture cunéiforme sumérienne était née ! Avec cette simplification de l'écriture et son évolution vers la rapidité, la souplesse et la rationalisation, le contenu des écrits sumériens tout naturellement se complexifia et conduisit à l'apparition de documents historiques écrits. Evidemment, ces documents n'étaient pas comme maintenant soucieux de l'exactitude historique, ils racontaient plutôt les exploits des héros et des dieux sumériens à la manière d'épopées.



        Vous allez voir 2 diapositives :
  • La première montre un échantillon de l'écriture primitive en pictogramme
  • La deuxième montre l'évolution vers le cunéiforme.

- Vers 2300av JC déjà, le sumérien avait cessé d'être la langue prépondérante en Mésopotamie. L'akkadien avait pris la relève. Dès la fin de l'époque dite "proto-littéraire", les Akkadiens avaient emprunté l'écriture sumérienne et l'avait adaptée aux besoins de leur langue sémitique bien différente du sumérien.
- En 2000av JC, le sumérien n'était plus parlé. L'akkadien, puis l'assyro-babylonien, l'avait définitivement remplacé. Le sumérien devait cependant rester la langue de la religion, de la science, des affaires et du droit pendant encore bien des siècles. Abraham, en 1900av JC, a donc vraisemblablement été en contact d'une manière ou d'une autre avec le sumérien.
On pense que le sumérien, comme langue littéraire, fut en usage jusqu'à la disparition définitive de l'écriture cunéiforme (voir ci-dessus).

Voici un tableau chronologique reflétant les 4 périodes de la langue sumérienne :

la religion sumérienne
et la Bible
Le Sumérien Archaïque
3100-2500av JC
Le Sumérien Ancien ou Classique
2500-2300av JC
Le Néo-Sumérien
2300-2000av JC
Le Post-Sumérien
2000-1er siècle av JC
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LES PRINCIPALES CIVILISATIONS DU TEMPS DES PATRIARCHES
suite vers un survol de l'histoire des sumériens
(3 pages : préhistoire-histoire)