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du
Concile de Trente


LE CONCILE DE TRENTE (suite)

1545-1563
(Un bref résumé)

  I) sur cette page :
  • une explication et une méditation sur les rapports Tradition-Ecriture
  • une explication et une méditation sur la grâce et le libre arbitre de l'homme
  • une explication et une méditation sur la doctrine des sacrements
  • liens vers un résumé beaucoup plus complet du Concile de Trente
II) sur la page précédente :
  • les raisons du Concile / un historique du Concile
  • les principales décisions du Concile
  • les leçons spirituelles à tirer :
    1. de la tenue du Concile
    2. du contenu du Concile
 

LIENS VERS D'AUTRES RESUMES DE CONCILE :

(Pour l'époque et les thèmes des conciles, cliquez ici)


I) Concile
de
Nicée






II) Concile
de
Constantinople






III) Concile
d'Ephèse






IV) Concile
de
Chalcédoine






V) Concile
de
Constantinople II






VI) Concile
de
Constantinople III






VII) Concile
de
Nicée II






VIII) Concile
de
Constantinople IV






IX) Concile
de
Constance






X) Concile
de
Bâle-Ferrare-Florence






XI) Concile
de
Latran V






XII) Concile
de
Trente






XIII) Concile
de
Vatican I



     .

Rapport Ecritures-Tradition :

    Voici un des points qui sûrement divisent le plus les protestants et les catholiques (sans compter de multiples sectes comme les 'témoins de Jéhova').
    En fait, refuser l'apport de la Tradition en relation avec l'Ecriture, c'est avoir l'illusion que chacun peut interpréter l'Ecriture à sa guise sans garde-fou et être cependant dans le vrai. Reconnaître la Tradition comme règle d'interprétation de la Bible, ce n'est pas autre chose que d'avoir l'humilité de reconnaître que Dieu a parlé à des hommes avant nous et leur a donné une certaine sagesse qui a fait ses preuves dans le temps (l'Eglise a 2000 ans), notamment en ce qui concerne l'interprétation des Ecritures. Attention, cela ne veut pas dire que nous n'avons pas de liberté d'interprétation ou d'adaptation par rapport à notre propre vie. A vrai dire, l'Eglise n'a d'interprétation 'officielle' que sur très peu de passages (un exemple fameux est bien sûr la justification de la papauté par ce passage de l'Evangile de Matthieu : 16, 17-19). Mais même dans les cas où une interprétation officielle est donnée, elle n'empêche pas des interprétations parallèles pourvu que celles-ci ne soient pas en contradiction avec l'interprétation officielle.
    En fin de compte, il faut considérer la Tradition comme étant le minimum commun dans l'interprétation de la Bible qui évite le piège des sectes (tant de sectes se réclament de la Bible). En parlant de sectes, il faut noter qu'elles ont aussi leur 'tradition' (dans le sens donné ici au mot tradition, c'est à dire : règle d'interprétation de la Bible dans un sens précis), bien qu'elles s'en défendent. Il suffit de regarder les publications des Témoins de Jéhova où quasiment chaque verset a une interprétation officielle !! On est bien loin de la position catholique où tradition est égal à : minimum vital exigible pour se reconnaître chrétien et catholique.
    Enfin, sur cette question, je voudrais attirer votre attention sur le fait que l'importance que l'on accorde à la Tradition est une reconnaissance de l'importance que Dieu lui-même attache à la bonne connaissance que l'on doit avoir de sa personne, ce qui semble normal dans toute relation. On doit savoir qui l'on aime et la Tradition en est un des moyens. Elle permet de savoir ce que Dieu peut être et ce qu'il n'est pas.

  • La grâce et le libre arbitre de l'homme

    Dieu et Adam, Chapelle Sixtine

    Voici un autre point très important de la doctrine catholique sur lequel les protestants réformés, notamment, sont en désaccord.
    En effet, à la suite de Luther, un grand nombre de protestants ont été tentés de mettre un accent de plus en plus fort sur la grâce, au détriment des oeuvres (= action), il faut bien le dire. Cette insistance sur le fait que la foi seule pouvait sauver devait conduire Calvin à pousser cette doctrine à l'extrême avec la doctrine de la prédestination.
    La position de l'Eglise catholique sur ce sujet me semble plus équilibrée. Elle conçoit l'idée que l'homme ne peut bien sûr pas se sauver seul sans l'aide de Dieu. Mais, la réponse de l'homme à la main tendue de Dieu n'en demeure pas moins importante. En fait, le premier pas de Dieu (= son amour premier et fondateur) et la réponse amoureuse de l'homme ne sont que le reflet de la vie trinitaire où le Fils aime son Père en retour de l'amour premier de celui-ci. Notre réponse à l'amour divin doit se modeler sur l'attitude du Fils. Si nous faisons cela, alors, seulement, il y aura réciprocité d'amour entre Dieu et nous. Insister sur la grâce en diminuant le rôle primordial que peut avoir l'homme par son rejet ou son acceptation de cet amour de Dieu, c'est comme nier la possibilité d'une véritable relation d'amour entre Dieu et l'homme. Car une véritable relation d'amour ne se doit-elle pas d'être fondée sur le respect et le libre arbitre de l'autre en tant que personne douée de raison et d'indépendance ? Oui dans l'amour, il n'y pas d'assistanat (qui n'est en fait qu'une manière condescendante de voir l'autre), il y a réciprocité et coopération. Avec Jésus Christ on ne marche pas à la traîne de Dieu, mais à ses côtés, nous sommes cohéritiers avec Jésus, nous sommes rois avec Lui, mais par la bonté et la grâce de Dieu, parce qu'il l'a voulu ainsi dans sa grande générosité (Romains 8, 17).
    L'acceptation de la part de l'homme de la volonté de Dieu (sa main tendue en quelque sorte) n'est pas un simple oui, elle doit prolonger ce oui jusque dans l'action. Mais, attention cette action n'est pas la condition de notre salut, mais bien plutôt son authentification. Sous cet angle, nos actes ne sont pas une course effrénée du chacun pour son salut et seul contre Dieu, si l'on peut dire. On ne 'gagne' donc pas son paradis. Nos actes s'inscrivent en réalité dans une coopération avec Dieu. Les épîtres de St Paul fourmillent de passages où il nous est dit que c'est par grâce que nous sommes sauvés, mais que nous devons porter les fruits de cette grâce. Quelle confiance de Dieu en nous, il fait de nous ses collaborateurs, ils nous en rend dignes par sa grâce, justement !
    La position catholique sur la grâce, telle qu'elle a été définie au Concile de Trente, nous encourage à prendre nos responsabilités d'enfants libres de Dieu. Mais, qui dit collaboration sous-entend évidemment un travail d'écoute de la Volonté de Dieu (écoute de sa Parole la Bible, ne rien entreprendre sans le faire dans un esprit de prière, etc...), sinon, nous ne faisons rien d'autre que d'essayer de 'gagner' notre paradis seul, il n'y a plus, dans ce cas, de collaboration fondée sur l'amitié avec Dieu.

    Il est à noter que les luthériens et les catholiques ont récemment conclu un accord qui énonce une position commune à propos de la grâce. Cette position reprend les grandes lignes de ce qui vient d'être expliqué.

  • La doctrine des sacrements

    le baptêmeLe Concile de Trente est souvent cité comme le concile qui a clarifié définitivement la doctrine des sacrements. Il a notamment fixé le nombre des sacrements à sept. Mais, pourquoi cette doctrine dans le cadre de la contre réforme ?
    En fait, les sacrements comme signes visibles de l'action de Dieu passant par l'Eglise s'inscrivaient tout naturellement dans une mise au point de ce que représentait l'Eglise dans la conception catholique (aux Conciles Vatican I et II, l'Eglise s'est d'ailleurs définie très clairement comme le sacrement par excellence). En effet, le catholicisme contrairement au protestantisme insiste sur la Tradition comme indispensable complément des Ecritures. Or la Tradition, comme il a déjà été dit, est issue de l'Eglise (guidée par l'Esprit, bien sûr). Les sacrements, puisqu'ils sont signes que Dieu travaille par son Eglise, font donc pleinement partie de la Tradition. Il était par conséquent tout à fait normal qu'ils constituent un des points fondamentaux du Concile de Trente, qui, rappelons-le redéfinissait l'Eglise par opposition implicite à la Réforme protestante. Il s'ensuit que les sacrements sont une des spécificités du catholicisme par rapport au protestantisme (qui ne reconnaît que le baptême et la Sainte Cène comme sacrements).
    Cette insistance sur les sacrements est théologiquement chargée de signification, au sens où ils sont une reconnaissance que Dieu agit très concrètement par des signes visibles. Dieu se met à notre niveau matériel, Il sait que nous avons besoin de toucher, voir, etc...Quelle sollicitude de la part de Dieu que de se mettre au niveau de sa créature pour mieux se faire connaître d'elle ! Les sacrements sont un peu comme le bâton de Moïse (Exode 4, 17), lui qui avait besoin de son bâton pour faire des miracles au nom de Dieu. Nous avons besoin de ces points de repères de l'action de Dieu dans notre monde matériel.
    De plus, affirmer la nécessité des sacrements, c'est aussi admirer la fidélité de Dieu à son Eglise. Et par elle, ce sont tous les hommes qui sont concernés par cette fidélité. Dieu veut en faire ses collaborateurs, eucharistiepar qui sa puissance se manifeste. Ainsi, quand un prêtre pardonne au sacrement de réconciliation, c'est Dieu qui pardonne par lui. Quel est ce Dieu qui veut avoir besoin des hommes pour agir ? Dieu respecte tellement notre liberté qu'il ne veut intervenir dans nos vies que par d'autres hommes. Les sacrements en sont le signe le plus éclatant !

Pour savoir comment chercher un passage dans la Bible → cliquez ici

Si vous voulez un résumé beaucoup plus complet du Concile de Trente, notamment pour ce qui est de ses décisions, de ses décrets et de son déroulement cliquez ici.



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