"Je relève dans cet article plusieurs affirmations fallacieuses me mettant en cause personnellement, et ne pouvant qu'induire en erreur les lecteurs de "L'Evénement du Jeudi".
Contrairement à ce qui a été écrit, je n'ai jamais été et ne suis pas vice-présidente du Conseil Général du Nord.
Quant à la situation du Planning Familial dans le Nord, elle ne relève pas d'un "étranglement" volontaire de la part du Département, comme vous l'affirmez, mais d'une mauvaise gestion des dirigeants du Planning lillois confirmée par décision de justice. En outre, je tiens à préciser que 19 centres de planification sont actuellement conventionnés par le Conseil Général du Nord, que celui-ci a permis l'ouverture de plusieurs centre en zone rurale, qu'enfin le Planning familial de Dunkerque est toujours agréé et financé pour une partie de ses activités par ce même Conseil Général.
En ce qui concerne ma soi-disant "célébrité pour (mes) positions anti-avortement et (ma) politique familiale", je m'insurge contre cette fausse réputation que m'infligent certains médias. Ma reconnaissance de la loi Veil n'a jamais varié, et prend sa source dans mon expérience de sage-femme. Il y a 30 ans, des femmes mouraient parce qu'elles ne pouvaient avoir recours à l'I.V.G. Nous, sages-femmes, assistions à leurs derniers moments, impuissantes et révoltées, parce que, exsangues, elles venaient de subir un avortement clandestin. Simone Veil a fait voter une loi courageuse, dépénalisant le recours à l'avortement "en cas de détresse". Tout au long de ma vie professionnelle, j'ai lutté - je continue et je continuerai de le faire - pour que cette loi soit appliquée jusque dans son esprit: "garantir le respect de tout être humain dès le commencement de sa vie" (art. 1), et permettre "à la femme enceinte que son état place dans une situation de détresse de demander à un médecin l'interruption de sa grossesse" (art. 4).
Nous avons obligation d'aider les femmes très en amont pour leur éviter d'en arriver à cette extrémité toujours traumatisante, à cet ultime choix qu'est un avortement; et ce notamment en rendant la contraception plus accessible à toutes. Parents, éducateurs, élus, nous sommes tous responsables de l'application du second point de la loi VEIL, à savoir informer, conseiller et aider les femmes des possibilités de régulation des naissances . C'est pourquoi d'ailleurs, dès 1976, Mme VEIL m'a nommée comme expert au Conseil Supérieur de l'Information Sexuelle, de la Régulation des Naissances et de l'Education Familiale; dans le même temps, j'ai personnellement mis en place un Centre de Planification et d'Education Familiale au sein de la maternité Henri SALENGRO de LILLE, où j'étais alors sage-femme, où, comble d'ironie, j'ai toujours combattu la méthode Ogino!"
Colette Codaccioni le 19 février 1997
(En 1998 le Conseil Général finance 72 centres de planification familiale,
en 1992 il n'en financait que 41...)
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