COLETTE POUR TOUS

"LAISSEZ-MOI LIBRE DE MES OPINIONS"

Droit de réponse repris intégralement dans "Le Spectacle du Monde"
suite à l'article "l'Avortement en appel" paru dans le numéro d'avril 1996.

"Contrairement à ce qui à été écrit dans votre article l'Avortement en appel, ma position au regard de la loi Veil n'a jamais varié, et ma reconnaissance de cette loi ne date pas de l'été 1995, mais prend sa source dans mon expérience de sage-femme. Il y a trente ans, des femmes mouraient parce qu'elles ne pouvaient (faute d'argent pour aller en Suisse) avoir recours à l'IVG. Simone Veil a fait voter une loi courageuse, dépénalisant le recours à l'avortement "en cas de détresse". Cette loi doit être appliquée jusque dans son esprit: "garantir le respect de tout être humain dès le commencement de la vie" (art. 1), mais permettre à "la femme enceinte que son état place dans une situation de détresse de demander à un médecin l'interruption de sa grossesse" (art. 4). Nous avons obligation d'aider les femmes très en amont pour leur éviter d'en arriver à cette extrémité toujours traumatisante, à cet ultime choix qu'est un avortement; et ce notamment en rendant la contraception plus accessible à toutes. Parents, éducateurs, élus, nous sommes tous responsables de l'application du deuxième point de la loi Veil, à savoir: informer, conseiller et aider les femmes des possibilités de régulation des naissances.

Quant à "minorer mes convictions catholiques", cette assertion est en complète opposition avec les deux principes qui sont les miens depuis toujours, dans ma vie de femme, dans ma vie de mère, dans ma vie professionnelle comme dans ma vie d'élue: l'authenticité et la fidélité. Laissez-moi libre de mes opinions et de mes convictions, et ne m'enfermez pas dans cette polémique autour de l'IVG. Je ne suis ni "pour", ni "contre" l'avortement; je suis pour le respect de la loi... et le respect des femmes.

Colette Codaccioni - juin 1996

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