
![]() n° 1000 du 3 au 9 février 2012 |
É D I T O Des péages en or massif • 100 euros par mois. C’est ce que déboursent certains automobilistes, contraints d’utiliser l’autoroute A1 (Lille Paris) pour leur travail. Déjà rançonnés par des augmentations du prix des carburants dont les grands groupes pétroliers font leurs choux gras par des profits considérables, les usagers des autoroutes françaises ont reçu un nouveau coup de massue, avec la hausse moyenne de 2,5 % des tarifs de péage (2,33 % pour le réseau Vinci, 2,31 % pour la Sanef ou 2,55 % pour Eiffage). Le prétexte ? L’investissement en vue de l’amélioration du réseau. Voilà une fois encore, un exemple de là où mène une logique qui consiste à saborder les biens du pays pour les abandonner entre les mains de financiers qui n’ont que les profits et les dividendes des actionnaires pour perspective. Comme d’autres secteurs (énergie, télécommunications, par exemple…), les autoroutes ont été privatisées voici quelques années et littéralement bradées. Un gâteau tout cuit pour quelques groupes qui amassent des profits considérables au fil des années. Besoin d’argent pour entreprendre des travaux d’investissements ? A qui fera-t-on croire une telle fable quand on sait que selon le « Journal du Dimanche », Autoroutes du Sud de la France (ASF), Autoroutes Paris Rhin Rhône (APRR) et la Société des autoroute du Nord et de l’Est de la France (SANEF° ont réalisé 5 milliards de profits en cinq ans ! Mais comment pourrait-il en être autrement alors que le pays est dirigé par un président de la République dont la politique consiste, à l’image de la TVA sociale, à faire des cadeaux aux riches et au patronat tout en faisant payer le plus grand nombre. Ces dernières décennies, y compris quand la gauche fut en responsabilité au niveau national (mais aussi au niveau local), ont été celles des cadeaux à grande échelle à quelques groupes privés qui se croient aujourd’hui tout permis. Rétablir la justice dans ce pays, faire en sorte qu’une minorité de privilégiés cessent de profiter du travail de la majorité appelle des décisions claires allant dans le sens d’une nouvelle répartition des richesses. Cette clarté, on la retrouve, de manière crédible et rassembleuse, dans le programme du Front de gauche et de son candidat à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon. Bruno CADEZ |