I.G. Farben.


En vertu d’un ordre spécial de Himmler, c’est au consortium IG-Farbenindustrie que revenait la priorité dans le recrutement de la main d’oeuvre parmi les prisonniers.

IG-Farben n’était pas une simple firme mais bien un Empire bureaucratique et une composante importante de l’appareil de destruction ".

R.Hilberg, La destruction des juifs d’Europe, Fayard, 1988.


Ce consortium a construit sur le territoire de Monowitz une usine qui produisait la benzine et le caoutchouc synthétiques. Grâce à l’appui de Göring, IG-Farben a reçu l’autorisation d’évacuer les habitants des régions environnantes et de démolir leurs maisons.

IGFarben

Un ancien détenu relate les conditions de travail dans les usines à Monowitz :

Le trajet du camp au lieu de travail était de 4 à 6 Km. De plus, il fallait rester debout durant une à deux heures pendant les appels du matin et du soir. Il est clair qu’on ne pouvait supporter ce régime pendant plus de trois à quatre mois ; au bout de cette période, les hommes tombaient d’inanition et d’épuisement. (...) Chaque jour on ramenait du chantier des morts ou des agonisants qui s’éteignaient peu de temps après ".

Le consortium versait à la caisse du camp 4 marks pour une journée de spécialiste et 3 marks pour une journée de manoeuvre. Ainsi pour 7 mois de travail des hommes et 9 mois de travail des femmes, l’administration du camp a gagné plus de 12 millions de marks.

IG-Farben, à laquelle appartenait également la maison " Degesh " qui produisait le Zyklon B, employé pour le gazage des déportés, a reçu pour la vente de ce gaz 300.000 marks environ. zyklon Durant cette période ce n’est qu’à Auschwitz seul que furent utilisés environ 20.000 kilos de Zyklon B.

C’est donc aux dépens de la vie des détenus et en exploitant leurs forces que se développait l’industrie allemande.

D’emblée la coopération entre IG-Farben et la SS fut totale à Auschwitz. La compagnie fit siennes, dans son usine, les méthodes et la mentalité de la SS. Un jour de 1944, un groupe important de nouveaux détenus fut accueilli par un discours où on leur dit qu’ils venaient d’arriver au camp de concentration de l’IG-Farben Industrie. Ils n’étaient pas là pour vivre mais pour " périr dans le béton ". Ce discours de bienvenue faisait référence, selon un survivant, à une pratique d’IG-Farben, qui consistait à jeter les cadavres des détenus dans des tranchées creusées pour les câbles. Comme ceux des anciens enfants d’Israël, ces cadavres étaient ensuite recouverts par le ciment qu’on coulait sur eux.
Environ 35000 détenus passèrent par Buna (usine d’IG-Farben installée à proximité du camp d’Auschwitz) ; 25.000 au moins moururent.

Mais l’utilisation de la main d’oeuvre juive se révélait coûteuse à bien des égards. C’est une des raisons pour lesquelles la grande masse des déportés de 1944 fut gazée au centre de mise à mort d’Auschwitz dès leur arrivée.




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