LES CONDITIONS DE TRANSPORT



La distance entre les pays d'origine des déportés et le camp d'Auschwitz pouvait atteindre plus de 2.000 km. Le voyage s'effectuait le plus souvent dans des wagons de marchandises verrouillés.
Durant le trajet les prisonniers entassés dans les wagons ne reçoivent aucune nourriture et sont privés de toutes commodités sanitaires et d'hygiène. Des hommes, des femmes, des enfants et parfois des nouveaux nés peuvent rester ainsi enfermés jusqu'à 10 jours.
C'est pourquoi au moment où l'on ouvrait les wagons, souvent, une partie des déportés, des vieillards et des enfants, étaient déjà morts, et d'autres se trouvaient dans un état d'épuisement extrême.


train

Pour la France, il s'agissait en général de convois de 1.000 personnes ; pour l'extermination des Juifs Hongrois, les arrivages se succédaient parfois à raison de 15.000 par jour.


Au départ de Compiègne, 2521 déportés partaient le 2 Juillet 1944 : 984 étaient morts à l'arrivée (39 %); en 1945, 121 d'entre eux seulement (environ 4 %) avaient survécu ".

Jean Pierre Azéma,Le nazisme et le génocide, 1991,
Nathan, page 186.


Les trains s'arrêtaient à la gare de marchandises d'Auschwitz, et à partir de 1944, sur une plate-forme de déchargement à Birkenau, à proximité des Ier et IIIème fours crématoires.


plateforme

" Le train stoppe enfin ! C'est la gare d'Auschwitz. C'est la fin de notre voyage et tout le monde descend, sauf les malades et les morts. Ils sont aussitôt traînés hors des wagons. On nous aligne par cinq, on nous compte - y compris les blessés, les malades et les morts. Nous avons l'impression d'avoir atteint en cet endroit de la Pologne la fin du monde civilisé,. Nous ressentons l'angoisse de ce retranchement du reste de l'humanité et la désolation du paysage nous opprime ".

Charles Gelbhart, rescapé d'Auschwitz,
in Le Grand Livre des Témoins, Ramsay, 1995.



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