LA CHAMBRE A GAZ


Après les sélections sur la rampe de la voie de chemin de fer, on assurait ceux qui étaient destinés au gazage qu’ils allaient être conduits aux douches. Le processus décrit ci-dessous pouvait avoir lieu dans toutes les chambres à gaz du complexe (4 à Birkenau, les deux "fermes" et celle du crématoire d'Auschwitz I) et subir de l'une à l'autre quelques variations.

chambre a gaz

On leur ordonnait d'enlever les vêtements et à coups de bâtons, en lançant les chiens sur eux, les SS les précipitaient dans une autre salle qui imitait les bains. Au plafond étaient installées des douches factices. On faisait entrer environ 2000 victimes dans la chambre à gaz d'une superficie de 210 m²

Dehors on actionnait l’interrupteur qui éteignait toutes les lampes d’un coup et une voiture de la " Croix Rouge " arrivait avec le Zyklon B.

Une préparation de cyanure, produit par les usines "Degesch", appartenant à IG-Farbenindustrie, qui ont gagné grace à la vente de ce produit prés de 300.000 marks entre 1941 et 1944.

Aprés avoir verrouillé les portes de la chambre, les SS versaient le Zyklon B par les lucarnes qui se trouvaient dans le plafond. Bien que la dose mortelle fût de un milligramme par kilo de poids corporel et l’effet supposé rapide, l’humidité pouvait retarder la vitesse de diffusion du gaz.

" Quand les premiers cristaux passaient à l’état gazeux sur le sol de la chambre, les suppliciés se mettaient à crier. Pour échapper au gaz qui montait, les plus forts renversaient les plus faibles, escaladant les corps prostrés pour prolonger leur vie en atteignant les couches d’air encore non imprégnées de gaz. L’agonie durait deux minutes environ, et, tandis que les cris faiblissaient, les mourants s’entassaient les uns sur les autres ".

Raul Hilberg, La destruction des juifs d’Europe, Fayard, 1988.


Parmi les nombreux SS qui assistèrent à l’ouverture d’une chambre à gaz, un seul a décrit le spectacle sans ménagement :

" Les cadavres étaient tordus et enchevêtrés les uns dans les autres au point qu’on ne pouvait pas distinguer à qui appartenaient les membres. J’ai vu par exemple un mort qui avait l’index enfoncé de plusieurs centimètres dans l’orbite d’un autre ".

Richard Böck, 2 novembre 1960, in
Hermann Langbein, Hommes et Femmes à Auschwitz, 1994, p 191.


On retirait aux cadavres les dentiers en or, on leur coupait les cheveux, on enlevait les boucles d'oreille, les bagues. Les pièces d’identité des victimes étaient détruites. Ensuite on transportait les cadavres jusqu'aux fours crématoires qui se trouvaient au rez-de-chaussée, ou on les mettait dans des fosses d'incinération.

crematoire

" Au début un grand bûcher nous servait à brûler 10.000 cadavres, par la suite, on procédait à l'incinération dans les fosses communes vidées des cadavres précédents. Au début, on arrosait les cadavres avec des sous-produits du pétrole, par la suite avec de l'alcool méthylique. Dans les fosses les incinérations se poursuivaient sans interruption, de jour et de nuit. Vers la fin de 1942 toutes les fosses communes furent nettoyées. Le nombre des cadavres qui y avaient été enterrées s'élevait à 107.000. ".

Rudolf HÖSS, Le Commandant d'Auschwitz parle, p 268.


La plus grande salle du crématoire était la morgue qui avait été transformée en une chambre à gaz provisoire. Dans les années 41-42 on y tuait les prisonniers de guerre soviétiques et les juifs des ghettos créés par les nazis en Haute Silésie.

Dans la deuxième partie se trouvent 3 fours crématoires dans lesquels on incinérait environ 350 cadavres par jour. Dans chaque creuset on mettait 2-3 cadavres à la fois.

" Les deux grands crématoires I et II furent construits au cours de l'hiver 1942-43 et mis en exploitation au printemps 1943. Ils disposaient chacun de cinq fours à trois foyers et pouvaient incinérer en 24 heures environ 2000 cadavres ".

Ibid. p 273.


On peut juger de l’énormité de ces bûchers par le fait qu’une forte odeur de brûlé se répandait à des kilomètres à la ronde. Höss raconte que même la défense antiaérienne allemande, située au voisinage d’Auschwitz, remit une protestation contre les feux nocturnes visibles à longue distance.




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