Le "Sonderkommando"



Le processus d’extermination, ainsi que tout le régime du camp étaient tenus dans le plus strict secret.

Certains détenus choisis dans un convoi fraîchement arrivé, étaient désignés par les SS pour le travail dans une équipe spéciale dite " Sonderkommando ".

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Leur travail consistait à décharger les chambres à gaz et à brûler les cadavres ; on les appelait les " initiés " (Geheimnisträger, porteur de secret) ; après un certain temps, ils étaient eux-mêmes envoyés dans les chambres à gaz ; à leur place on installait de nouveaux détenus choisis dans un nouveau convoi. Shlomo Venezia, déporté de Salonique, est incorporé au " Sonderkommando " avec son frère et ses cousins après leur arrivée à Auschwitz le 11 avril 1944. En février de cette même année, 200 personnes du " Sonderkommando " sont envoyées à Lublin-Maïdaneck pour y être gazées.

Malgré le secret si bien gardé, un détenu du commando spécial, Zalmen Lewental, parvint à noter quelques détails tragiques. Ces notices furent cachées dans un pot de verre enfoui dans la terre. Le pot a été découvert en octobre 1962. Entre autres, l’auteur y mentionne en plusieurs endroits l’extermination des enfants.

Les enfants étaient si jolis et si gracieux que cela contrastait avec leurs haillons. Cela se passait à la moitié d’octobre 1944. Les enfants aperçurent la fumée qui se dégageait de la cheminée et comprirent qu’on les conduisait à la mort. Pris d’une terreur féroce, ils se mirent à courir tout autour de la cour, la tête dans les mains ".

La vérité est bien plus tragique, encore plus atroce " a écrit Zalmen Lewental, sur une des feuilles qu’il a enterrées près du Crématoire.

Comptant parmi les très rares survivants du Kommando, le Dr Bendel a rapporté :

Pendant deux minutes interminables, des coups contre les murs, des cris qui n’ont plus rien d’humain. Ensuite rien ".

cité par Hermann Langbein, Hommes et Femmes à Auschwitz,
1994, p 191.

Il a déclaré en 1945 devant un tribunal militaire britannique :

Les détenus du Sonderkommando devaient arroser les cadavres avec la graisse qui ruisselait des bûchers pour qu’ils brûlent mieux. (...) Une heure plus tard tout est rentré dans l’ordre. Les hommes sortent de la fosse des cendres dont ils font un tas. Un nouveau convoi est amené au crématoire IV ".

Ibid, p 192.

Le 22 Juillet 1944, 445 Juifs déportés de Corfou et affectés au Kommando spécial refusent de faire ce travail. Ils sont tous envoyés à la mort dans la chambre à gaz.




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