LA MORT LENTE



À ceux qui avaient évité la Chambre à gaz, le jour de leur arrivée, le chef de camp annonçait qu'"ils étaient arrivés dans un camp de concentration dont l'unique sortie menait par la cheminée du four crématoire"

Des mots viennent parfois se heurter à vos oreilles, sélections, transports. Vous ne les comprenez pas, et un sentiment étrange vous dit de ne pas les comprendre. Et peu à peu les paroles entendues vous reviennent, des larmes entrevues vous frappent, le feu, les cheminées, les morts. Peu à peu l'odeur répandue dans le camp trouve sa signification. On brûle les morts. Il s'agit de crématoires pour brûler les morts. On sent la chair qui brûle...Mais y a-t-il tant de morts que cela ? A cette question chacun éclate de rire. Pourquoi ? Et de but en blanc vous apprenez qu'il existe des gaz, qu'on brûle après avoir gazé et que vous aussi on va vous gazer lorsque Kramer, le commandant du camp aura envie de voir un brasier ardent illuminer les cieux, lorsqu'il aura soif de cris et de pleurs. Alors on a appris. Alors on sait. Alors on comprend. "

Sonia Apelgot, rescapée d'Auschwitz,
in Le Grand Livre des Témoins, op cit.


  1. Chaque prisonnier était marqué d'un numéro et était inscrit dans les registres.
  2. Au début, chaque détenu était photographié en 3 positions.


photos

  1. En 1943 chacun d'eux portait un tatouage. Le KL Auschwitz était le seul camp de concentration nazi où l'on tatouait sur l'avant-bras gauche des prisonniers le numéro d'immatriculation.
  2. Selon les raisons de l'arrestation, les prisonniers portaient des triangles de différentes couleurs qui, avec les numéros, étaient cousus sur leurs vêtements de camp.
etoile


  1. Sur le triangle figurait l’initiale du pays dont le détenu était citoyen. Selon l’orthographe allemande, par exemple : F-Franzoze (Français), P-Pole (Polonais), R-Russ (Russe)...



retour suite