LA SOLUTION FINALE



La lettre de Goering à Heydrich datée du 31 juillet 1941 est le début del’élaboration bureaucratique du plan d’élimination.

Avant octobre, Hitler a approuvé le plan d’extermination qu’il avait demandé pendant l’été. Les documents écrits, sur ce point de la plus grande importance sont rares, mais les faits abondent. A Kovno le 24 novembre et à Riga le 30, on massacre pour la 1ère fois des juifs déportés. La décision prise, les techniques sont mises en chantier.

Kauna

Massacre de juifs à Kaunas en Lituanie, 25 ou 29 juin 1941.


On utilise alors, pour des exécutions collectives, le gaz, déjà expérimenté lors du programme connu sous l’euphémisme d’euthanasie et pratiqué par les nazis sur leurs compatriotes, débiles mentaux et incurables, « nonadaptés » à la vie selon l’idéologie raciste.

A l’automne 41 on se sert de camions hermétiquement fermés, où les gaz du moteur, retournés à l’intérieur, asphyxient les passagers entassés. Cette méthode est « perfectionnée » d’abord en Sibérie occupée et dans le camp de CHELMNO, prés de Lodz. Une variante, dans des chambres à gaz, est expérimentée sur des prisonniers de guerre soviétiques, au début de 1942 dans le camp d’AUSCHWITZ. En même temps, on équipe le camp de MAÏDANEK, prés de Lublin et on construit trois nouveaux camps, à BELZEC, SOBIBOR et TREBLINKA, destinés à l’exterminatrion des juifs. Apparemment, vers la mi-mars, à l’ouverture de BELZEC, la chambre à gaz passe son examen final.

Ce n’est qu’une fois la destruction totale en chantier que s’organise la réunion de coordination des divers ministères et des délégués SS, responsables de l’exécution. Fin novembre 1941, Heydrich envoie des invitations pour la conférence, prévue en décembre, mais remise au 20 Janvier 1942. A l’invitation, Heydrich tient à joindre une copie de la lettre de GOERING qui lui ordonne de préparer des plans pour la « Solution finale de la question juive ». Cette réunion connue d’après la banlieue de Berlin où elle se tint, comme « Conférence de Wannsee » ne propose rien de nouveau. Elle confirme la direction du RSHA dans le domaine de la politique antijuive et fait comprendre aux différents ministères, y compris les affaires étrangères, leur rôle respectif dans l’exécution. Elle met en pratique la décision d’étendre l’assassinat à tous les juifs en Europe.


Jamais dans toute l’histoire de l’humanité on n’avait tué ainsi « à la chaîne ».
Le centre de mise à mort n’a aucun prototype, aucun ancêtre administratif.


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