BERGEN-BELSEN



Bergen

« Camp d’hébergement à l’origine, Bergen-Belsen est devenu un terrible mouroir ».

M.Ruby, Le livre de la déportation,
R.Laffont, 1995, p 53.


Bergen Belsen présente un cas particulier. La variété des dénominations qui désignent ce camp suffit à exprimer sa complexité : « camp d’échange », « camp d’internement civil », « camp de séjour », « camp de repos » ou de « convalescence », « camp de transit » ou tout simplement « camp de Celle », la ville la plus importante à proximité. Aucune ne le résume en entier. Bergen Belsen n’est en rien le modèle des camps nazis. Ni KZ « classique » comme BUCHENWALD ou DACHAU, ni centre de mise à mort comme BELZEC ou SOBIBOR, ni complexe alliant ces deux catégories, comme AUSCHWITZ ou MAÏDANEK.

« Derrière le complexe des blocks où nous sommes entassés, il y a encore des baraquements, dans toutes les directions, à perte de vue, où sont internés des prisonniers politiques, des criminels qu’on appelle Häftlinge ; il y a une foule de femmes, d’enfants internés sous tous les prétextes possibles et imaginables, tout un monde, cinquante à soixante mille personnes. Et les colonnes de nouveaux arrivants se traînent tous les jours sur les chemins, entre les blocks, toute une armée de malheureux conduits aux travaux forcés et déjà esquintés, affamés, torturés ». (17 octobre 1944).

Hanna Levy-Hass, Journal de Bergen-Belsen, 1944-45, Seuil 1989, p 36.


« Le but est le même, seule varie la tactique, (à Auschwitz) un procédé brutal, cynique, l’assassinat en masse par les gaz. Ici l’extermination lente, lâchement calculée, par la faim, la violence, la terreur, les épidémies savamment entretenues ». (Janvier 1945).

ibid, p 64.


« L’hygiène du camp était volontairement horrifiante : les hommes restaient cinq, six mois sans changer leur misérable chemise, leur unique caleçon, sans être conduits aux douches, sans aller, dans certains blocks aux lavabos dont on leur interdisait l’accès. Les paillasses imprégnées des déjections des mourants n’étaient jamais remplacées ; les couvertures que l’on se repassait, minces loques effilochées, étaient couvertes de crachats desséchés ; le parquet des baraques était noir de vermine (...). Les morts violentes étaient moins nombreuses que dans les grands camps ; les pendaisons massives, les chambres à gaz y étaient inconnues. (...) Les fusillades collectives ne se produisirent que dans les jours qui précédèrent le délivrance. Il restait les meurtres individuels, officiels ou non, les piqûres et les suicides ».

Docteur Frejafon, Bergen-Belsen, Bagne Sanatorium,
Paris, Librairie Valois, 1947.
Cité dans M.Ruby, op cit, p 58.



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