La faim, le froid et le travail forcé dans les ghettos


Une des premières cause de mortalité au sein même des ghettos est la faim. Les rations accordées par les nazis sont notoirement insuffisantes et ne prennent jamais en compte les ajouts de population que ceux-ci provoquent par les déportations. Ainsi dans le seul ghetto de Varsovie, 10.000 personnes sont mortes de fin en 6 mois au début de l'année 1941. La publication récente en français des archives collectées par Emanuel Ringelblum, nous donne des témoignages sur l'omniprésence de la faim dans les ghettos. En janvier 1942 un jeune homme enfermé dans le ghetto de Grabow (Pologne) écrit à ses parents au ghetto de Varsovie :

" Je vous souhaite d'avoir à manger autant que j'en ai. "

Source : Archives clandestines du ghetto de Varsovie (Archives Emanuel Ringelblum), 2007, tome 1 page 47.

Il est évident à travers cette remarque que ce jeune homme connaît la situation dramatique qui sévit dans les grands ghettos comme Varsovie, Lodz ou Lublin. Ces grands ghettos sont en fait de taille relativement modeste. Celui de Varsovie couvre à peine 8 % de la ville, mais regroupe plus de 40 % de sa population, sans tenir compte des personnes ajoutées régulièment par les nazis en provenance d'autres ghettos ou d'autres régions d'Europe. L'ensemble des populations des territoires occupés par la Wehrmacht a souffert de la faim, particulièrement en Europe de l'est, mais les résidents des ghettos en ont encore plus souffert du fait de la faiblesse en volume du ravitaillement et de son irrégularité.




Outre la faim, les habitants des ghettos souffrent du froid durant les rigoureux hivers dans l'est de l'Europe et de la chaleur durant l'été. Les corps affaiblis par la faim sont très sensibles au froid d'autant plus que la posibilité de trouver des vêtements chauds se raréfie avec le temps et la volonté des nazis de limiter au maximum le ravitaillement des ghettos. Ce qui ajoute à la faiblesse des habitants des ghettos est l'obligation qui leur est faite de travailler durement et longuement pour les usines et les ateliers allemands participants à l'effort de guerre des nazis. Une fois encore les archives publiées du ghetto nous fournissent des témoignages d'une grande clareté.

" Restez donc là où vous êtes, ne changez pas de logement par le froid qu'il fait. "

Source : Archives clandestines du ghetto de Varsovie (Archives Emanuel Ringelblum), 2007, tome 1 page 54.

" Nous sommes restés nus et pieds nus, nous n'avons pas d'argent ni de quoi nous vêtir. [...] on a ici le plus grand besoin de pain et de quoi tartiner. [...] nous vous prions de leur écrire qu'ils nous envoient des colis de vivres, de Joseph et Haïm nous recevons très peu, un pain par mois, ce n'est rien. "

Source : Archives clandestines du ghetto de Varsovie (Archives Emanuel Ringelblum), 2007, tome 1 page 59.








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