La déportation en Bulgarie



La Bulgarie était un état « mi-allié, mi-satellite ». A la différence de la Slovaquie ou de la Croatie, elle ne devait pas son existence à l’Allemagne. Elle se trouvait dans le camp allemand par pur opportunisme.

Comme la Hongrie, la Bulgarie est un de ces pays qui ont réussi à réaliser une grande partie de leurs aspirations territoriales grâce au soutien allemand.

La population juive, de moins de 50.000 personnes, est d’origine sépharade. Le 20 septembre 1939, une violente manifestation antisémite éclate à Sofia la capitale. Par la suite des juifs étrangers sont expulés du pays.

Depuis 1941, précédant l’intervention en Grèce, une armée allemande s’est installée dans le pays.

La législation antijuive, formulée sur le modèle de celle de Nuremberg, est appliquée principalement dans le domaine économique. En 1942, apparemment sans pression allemande, un « Commissariat aux Affaires Juives » est établi sous la direction d’Alexandre Belev qui doit, entre autres, préparer la déportation des juifs. Mais dans ce pays, comme en Italie par exemple, il existait toujours un grand décalage entre les lois et les pratiques. Même la petite étoile jaune imposée n’est pas vérifiée avec insistance.

En novembre 1942, le ministre allemand à Sofia annonce que le gouvernement Bulgare est prêt à la déportation de ses juifs.

Début 1943, Dannecker est transféré de Paris pour organiser ces déportations. Selon un premier accord conclu avec Belev, 20.000 personnes, originaires des territoires nouvellement acquis, de Thrace et de Macédoine, doivent être déportés. Dans ces régions on ne compte guère plus de 12.000 juifs mais l’accord est néanmoins ratifié par le gouvernement, le 2 mars, avec l’intention évidente de déporter également une partie des juifs de l’ancienne Bulgarie.

La concentration des victimes de la déportation commence en Thrace le 4 mars, puis en Macédoine, le 11. De ces deux régions, 11.363 personnes sont déportées à Treblinka. L’arrestation de 6 à 8.000 juifs de Bulgarie devait se dérouler en même temps. Les trains sont déjà préparés, quand le gouvernement ordonne à Belev, le 9 mars au soir, de suspendre la rafle.

Cette décision surprenante, de dernière minute, résulte des efforts de diverses personnalités. Au centre de l’action politique se trouve le vice-président du Parlement, averti par des amis juifs. Les Juifs de Bulgarie sont persécutés, concentrés dans des camps de travail ou déportés de Sofia sans ressources, dans des villages pauvres. Ils souffrent de beaucoup de discriminations, mais ne sont pas déportés dans les camps de la mort situés dans les territoires du Gouvernement Général en Pologne.



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