La déportation aux Pays-Bas



Les Pays-Bas occupés sont soumis à la direction d’un gouverneur civil (Reichskommissar), Arthur Seyss-Inquart, nazi autrichien auparavant lieutenant de Frank dans le « Generalgouvernement ». Aux affaires juives on trouve le chef de la police de sécurité, Hans Albin Rauter et le délégué de Eichmann, Willy Zöpf.

Dans la pratique, les Allemands manquent d’hommes et l’exécution de la politique antijuive incombe à l’administration locale qui reçoit des ordres des directeurs généraux.

140.000 Juifs vivent alors aux Pays-Bas, dont une minorité issue des plus anciens venus d’Espagne à la fin du XVè siècle. Peu d’émigrants récents mais 15.000 réfugiés du Reich.

Fin 1940 les juifs sont écartés des fonctions publiques et leurs affaires enregistrées. Début 1941 les provocations des fascistes hollandais se multiplient dans le quartier juif d’Amsterdam, jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit tué par des juifs qui resistaient. Il en résulte une fermeture temporaire du quartier et la déportation de 430 jeunes dans des camps de concentration en Allemagne, notamment à Mauthausen. Plusieurs personnalités hollandaises, y compris des écclésiastiques, protestent. Une grève générale est déclarée à Amsterdam en Février 1941, réprimée au bout de deux jours. C’est la seule grève connue en Europe contre les persécutions. En même temps un conseil des juifs (« Joodse Raad ») est nommé.

Aux Pays-Bas, l’étoile jaune est imposée fin avril 1942 et les déportations commencent le 15 Juillet. Comme en France un grand nombre de juifs se trouvent déjà en camp de concentration, notamment à Westerbork. Les autres sont convoqués, par l’intermédiaire du « Joodse Raad », à se présenter pour du travail dans le Reich, et malgré certains avertissements de la résistance hollandaise, la plupart se présentent. Ils craignent surtout pour les membres de leur famille qui ne sont pas encore convoqués. Suite aux premières déportations, l’Eglise catholique publie une protestation qui concerne surtout des catholiques d’origine juive. Les arrestations qui ont suivi la première vague de convocations ont été opérées par les polices allemande et hollandaise et par des nazis locaux. Du camp de Westerbork, les trains partent vers l’Est. Avant que les déportations soient arrêtées fin 1942, 38.500 personnes ont déjà été dirigées vers Auschwitz.

Les déportations d’Amsterdam en 1943 commencent par des maisons de vieillards, de malades, de malades mentaux et d’enfants retardés. Les grandes « actions » se déroulent en avril et en mai. Pour la 1ère fois, même des employés du Conseil des juifs, sont arrêtés. Rauter insiste pour que ce soit le Conseil qui convoque les victimes, sous peine de représailles. Le Conseil accepte mais sur les 7000 convoqués, seuls 500 viendront. Alors les Allemands opérent eux-mêmes les arrestations. Le 28 septembre, a lieu la dernière grande « actions » à Amsterdam, les membres du Conseil sont déportés. 107.000 personnes sont déportées sur les 140.000 au début de la guerre. C’est le pourcentage le plus élevé de victimes en Europe Occidentale. On estime à 10.000 le nombre de ceux qui ont échappé à la déportation, surtout par un mariage mixte, à 4000 ceux qui ont pu quitter le pays légalement ou clandestinement et de 18.000 à 20.000 dont 4.500 enfants, ceux qui se sont cachés chez des non-juifs.


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