La déportation en Roumanie



Après la 1ère guerre mondiale, la Roumanie a absorbé non seulement des territoires, mais également des minorités nationales, hongroises et russes et une importante population juive : 300.000 en Bessarabie et Bucovine, 195.000 en Transylvanie ex-Hongroise. La communauté juive, nombreuse mais très hétérogène, en grande partie mal intégrée, compte, avant juillet 1940, 760.000 âmes, soit 4,2% de la population. C'est la 3ème communauté juive d’Europe.


bessarabie

Après les élections générales en décembre 1937, le roi Carol II décide de former un gouvernement autour du parti minoritaire et antisémite de Goga-Cuza. Le gouvernement ne comprend pas de représentants du parti fasciste roumain, la Garde de Fer.

Un décret-loi ordonne la révision de la naturalisation des juifs l’ayant obtenue après 1919. Suite à cette loi, 270.000 juifs perdent leur nationalité roumaine. Plus inquiétants encore, les innombrables décrets et ordonnances locaux et régionaux à caractère discrminatoire, institués contre les juifs intellectuels des professions libérales.

En février 1938, essentiellement grâce à une pression politique française, le roi oblige le gouvernement à démissionner et établit sa « dictature royale », mais toute la législation discriminatoire reste en vigueur. La Roumanie n’a pas encore rejoint le camp allemand, mais elle pratique une politique antijuive, qui rappelle celle des nazis.

Comme les Bulgares, les Roumains rejoignirent l’Axe pour des raisons d’opportunisme.

Il semble qu’à la fin de 1939, l’Allemagne nazie exceptée, la situation des juifs en Roumanie soit la plus difficile et la plus critique en Europe.

La Roumanie a été avec les deux satellites de l'Allemagne nazie, la Slovaquie et la Croatie, le pays où Martin Luther, ministre des affaires étrangères du Reich envisageait les déportations sans problème. Gustav Richter qui représente la section juive du RSHA en Roumanie, conclut fin juillet 1942, un accord avec le vice-Premier Ministre Mihaï Antonescu, sur la déportation des juifs de Transylvanie du Sud et du Banat Roumain. La date en est alors fixée « aux alentours du 10 septembre ». Mais contrairement à toute prévision, cet accord n’est pas soutenu par le vrai chef du pays, le maréchal Ion Antonescu (sans lien de parenté avec le premier). D’abord on invoque plusieurs délais « techniques » puis, au début de 1943, le plan est simplement annulé.

Pour expliquer ces faits, on peut invoquer plusieurs interventions des leaders juifs. On peut supposer que la Roumanie, jalouse de son indépendance, ne veut pas paraître à côté des satellites allemands, alors qu’il n’y a de déportations ni de Hongrie, ni d’Italie. Par ailleurs, Hitler a besoin, et du pétrole, et des troupes roumaines sur le front de l’Est, et il accepte le refus roumain.



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