Le projet de mise à deux fois deux voies de la RN 49 (l'ancienne voie romaine Bavay-Trèves) entre Bavay et La Longueville a permis d'explorer une zone située à l'Est de Bavay. L'évaluation réalisée en mars 1994 a révélé sur une longueur de 160 mètres environ des tombes à incinération et quelques fosses à usage domestique. Une fouille s'est déroulée de juillet 1994 à juin 1995 avec des contractuels et des bénévoles.

Le décapage du site a consisté à ôter la terre végétale, les niveaux romains se trouvant juste en dessous. Cent soixante dix tombes, 3 structures construites et une dizaine de fosses ont été fouillées. Il semble que l'intégralité de la nécropole ait été trouvée, les sondages faits en limite de l'emprise s'étant révélés négatifs.
III.1 : Les structures construites
a : Le bâtiment en U
Des fondations en pierres sèches d'un bâtiment dont le plan dessine un U ont été retrouvées à peu près au milieu du site. Un pavage en carreaux de terre-cuite se trouvait au centre de ce bâtiment. Il faut sans doute l'identifier à une salle réservée aux banquets funéraires, la disposition en U et le pavage central rappelant le plan classique des triclinia.

b : Les monuments funéraires
Le premier est constitué d'un soubassement en pierres sèches précédé d'une allée matérialisée par 2 alignements de pierres de même nature ; à côté du soubassement, 4 calages de poteaux placés dans l'alignement ont été mis en évidence. Son plus grand axe est parallèle à l'actuelle RN 49, l'ancienne voie romaine Bavay-Trèves et l'ouverture de l'allée se fait à l'Est. Le second est une maçonnerie en pierres sèches de plan carré. Pour ces structures, aucun élément d'élévation n'a été retrouvé.

III.2 : Les tombes
Les tombes se présentent sous 2 formes : des fosses en pleine terre et des sépultures construites. Les sépultures en pleine terre sont les plus courantes. Il a été impossible de discerner les formes des fosses, le remplissage étant de même nature que le sol environnant. Les caveaux construits sont peu nombreux. Tous, sauf un fait en tuiles, sont des coffrages réalisés avec des moellons ou des dalles de pierres bleues. Généralement, ils sont assez sommaires, les dalles ou les moellons sont posés sans être assisés, il s'agit plus d'une protection symbolique que d'une construction. Dans un cas, le coffrage forme une structure cubique de plan trapézoïdal de 1 m à 1,3 m de côté et profond de 60 cm.
III.3 : Organisation des tombes
a : Disposition des ossements
Dans la majorité des tombes, les ossements ont été disposés à même le sol sans que l'on ait pu prouver l'existence d'un linceul en matière périssable sauf peut-être pour une sépulture où une monnaie découverte dans les ossements, gardait sur une face des traces de tissu (linceul ou bourse). Dans d'autres tombes, les ossements étaient placés dans un vase. Enfin, dans une dizaine de sépultures, les ossements ont été déposés dans un coffret en bois dont seules les ferrures, les appliques en bronze et les traces de bois nous sont parvenues. Les ossements sont bien conservés et très rares sont ceux qui portent encore les traces de l'action du feu, cela indique qu'ils étaient triés et lavés avant la mise en terre.
b : Le matériel funéraire : offrandes primaires et offrandes secondaires
Le matériel funéraire est essentiellement composé de céramique. Les dépôts d'objets en bronze (fibules, miroirs et monnaies) et de verreries sont moins courants. Les sépultures sont relativement riches ; elles contiennent en moyenne une dizaine d'offrandes. Une des originalités de cette nécropole concerne la céramique déposée dans les tombes. Les offrandes primaires, c'est à dire des objets qui ont accompagné le défunt pendant la crémation, sont rares. En revanche, les dépôts secondaires, des objets n'ayant pas subi l'action du feu, sont communs à toutes les tombes. Sur l'évolution du nombre d'offrandes, une différenciation chronologique apparaît. Les tombes du Ier s. renferment relativement peu d'offrandes. A partir de l'époque flavienne, les tombes contiennent beaucoup plus d'objets (jusqu'à 32), mais ils sont de taille réduite et de moins bonne qualité. Généralement, pour toutes périodes confondues, les céramiques présentent des défauts plus ou moins importants ; ce sont certainement des objets de deuxième choix.
tombe n°130
c : Les rituels funéraires
Le rite de l'incinération s'accompagne lors de l'enfouissement des cendres, de pratiques religieuses variées, destinées à protéger et aider le mort durant son voyage vers l'au-delà, mais aussi à l'empêcher de revenir tourmenter les vivants. Les rituels reconnus les plus fréquents sont le culte du foyer et des ancêtres (les chenets miniatures, les chaudrons votifs et les trépieds), l'obole à Charon, qui se symbolise par une ou plusieurs pièces déposées le plus souvent avec les ossements, le service à libations (le couple patère-cruche), les clous magiques qui protègent les morts ou empêchent l'esprit du défunt de venir perturber les vivants, les lampes et les statuettes qui ont des vertus apotropaïques et le bris volontaire de céramique.
Tombe 135, le vase noir (n°1) repose sur un trépied en fer
Ce sont de grandes fosses restées longtemps ouvertes comme en témoignent des effondrements de parois, remplies de cendres, de charbon de bois mélangé à de la céramique calcinée et d'ossements brûlés dont une partie sont d'origine humaine. Il s'agit vraisemblablement de fosses destinées à recevoir les restes des bûchers funéraires d'où l'appellation de « cendriers ».
IV.2 : les fosses à usage domestique
Une dizaine de fosses fortement arasées ont été fouillée. La céramique n'a aucun rapport avec celle découverte dans les tombes et est datable de la fin du IIIe s. ou du début du IVe s..
tombe 137/138
Le noyau de base, outre Frédéric Loridant (en photo d'ailleurs) était principalement composé de :
Horace, le chien de garde
Alain Arbion (Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales) , surveillant d'Horace
Jean-Marc Ignace (AFAN),
Hélène Bodart, (AFAN),
Olivier Blamangin (AFAN),
Nathalie Soupart (AFAN),
sans oublier les bénévoles : Rodolphe, Ali, Thomas pour les plus assidus.
Non archéologues mais indispensables, le personnel de la Direction Départementale de l'Equipement (DDE), subdivision d'Avesnes-sur-Helpe, a mis tous les moyens en oeuvre pour que cette opération se déroule sans problème.
L'essentiel du traitement du matériel (nettoyage, recollage et dessins) fut assuré par Véronique Devred, Karine Michel et Franck Decanter.
Les études de matériel ont été confiées à Xavier Deru, Hélène Bodart et Véronique Canut.




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