Titre : Mythes & Histoire
 
f
Partie du webset
Partie du webset
Partie du webset

 

Bierne et sa région au début du XVIIe siècle

Fragment de la carte, intitulée "Flandriae Teutonicae Pars Occidentalis" (= Partie occidentale de la Flandre thioise), publiée par Willem Blaeu (1571-1638) et Joan Blaeu (1596-1673) dans leur célèbre THEATRUM ORBIS TERRARUM (Amsterdam, 1635, gravure sur cuivre, 390x498 mm).
Remarquez tout d'abord le nom (incomplet ici) que porte la mer face aux côtes de Flandre : Maris Germanici Pars. Si quelques rares cartes, représentant et la Flandre et l'Angleterre, portent la mention logique de Fretum Britannicum ou de Mare Britannicum, TOUTES les cartes anciennes de la seule Flandre comportent cette mention, souvent sous les formes Mare Germanicum ou Oceanus Germanicus. On peut s'en assurer dans le volumineux ouvrage de JOZEF BOSSU, Vlaanderen in oude kaarten. Drie Eeuwen Cartografie (Lanno / Tielt / Bussum, 1982). Or que voulez-vous que baigne une Mer ou un Océan Germanique si ce n'est la Germanie, celle notamment de Tacite et des Anciens ? La Carte du Comté de Flandre (Paris 1690) par Placide de Sainte Hélène écrit carrément Mer d'Alemagne (sic ! - ce qui prouve d'une part que notre Placide savait fort bien que le nom latin était Mare Germanicum et d'autre part qu'on avait déjà commencé à rendre à tort allemand tout ce qui était germanique). La Descrittione particulare di Flandra (Vérone 1567) par Paolo Forlani porte Mare Germanico. La Comitatus Flandriae Nova Tabula (Paris 1666) de Pierre Mariette de Jonge écrit Mare Germanicum vulgo De Noordt Zee (= Mer Germanique, vulgairement La Mer du Nord). Etc. etc. J'y insiste : TOUTES CES CARTES SONT DES CARTES DE LA FLANDRE. Les noms géographiques présentant une stabilité ou une "rémanence" certaines, elles illustrent et confirment de façon éclatante la conception qu'Albert Delahaye a de la Germanie antique et on ne peut qu'être stupéfait de la cécité collective et sélective des historiens modernes !
La carte représente un paysage antérieur à sa date de parution : les Moeres y sont toujours un immense lac d'environ 3255 hectares, alors que Wenzel Cobergher (1557 Anvers - 1634 Bruxelles), après avoir construit vingt moulins de pompage en 1623, y avait fait semer navets et colza puis, dès 1625, y planter des arbres. Dès 1631, le village de Moerkerke possédait une église.
Hélas, les guerres incessantes ne tardèrent pas à rendre ce polder à la nature : en 1646, le Marquis de Lede, gouverneur espagnol de Dunkerque, ouvrait les écluses pour protéger Dunkerque d'une attaque française. Un nouvel assèchement en 1766 par le Comte d'Hérouville fut suivi derechef d'une inondation volontaire en 1793 lors du siège de Dunkerque par les Anglais.
Entre 1802 et 1811, Debuyser assécha définitivement ce secteur, si l'on excepte la courte inondation de tout le Blootland par l'amiral Otto Frisius, gouverneur allemand de la poche de Dunkerque (voir la carte page 7 du site de Bierne).
La léproserie appelée Magdalenen hospital, dont l'ancienne ferme Hemelsdael (territoire de Socx mais à quelques centaines de mètres du Nieuwen Bierendyck) est sans doute un vestige, y est dûment mentionnée. C'est qu'elle possédait la bagatelle de 732 mesures soit environ 166 hectares de bonnes terres (voir page 28 du Terrier de Bierne), données plus tard au Collège Saint-Winoc de Bergues (Wynoxberge sur la carte).
Remarquez aussi les nombreux bancs de sable qui ont fait la fortune des corsaires de Dunkerque. Grâce à la frégate, navire léger, rapide et surarmé, inventé à Dunkerque, les corsaires dunkerquois pouvaient attaquer de gros vaisseaux et, si les choses tournaient mal, leur échapper par dessus les bancs, leur tirant d'eau condamnant lesdits vaisseaux à un échouage propice à l'abordage en cas de poursuite.

(Page suivante)

Partie du webset
Vers page précédentef  Vers le haut de la Page  Vers la page suivante