Titre : Mythes & Histoire
 
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Inondation



Inondation



Inondation ferme Debruyne 1


Inondation ferme Debruyne 2


Inondation ferme Debruyne 2



Incendie Debruyne

 

L'inondation allemande de 1944

Tout au long de son histoire la Flandre maritime aura à souffrir d'inondations stratégiques pour la protection de Dunkerque. Ainsi au début de la seconde guerre mondiale, les militaires français et belges décident dès le mois de mai d'inonder le Blootland. L'eau se stabilisera à la côte + 1, ce qui limitera les dégâts, d'autant que les Allemands ne tarderont pas à faire procéder aux réparations et aux tirages à la mer nécessaires et rétabliront le niveau normal vers le 17 juin 1940.

Je cite maintenant l'excellent ouvrage de G. Delaine, LES WAETERINGUES DU NORD DE LA FRANCE (Imprimerie Landais 1969), pages 129-130 :

"Forts de l'expérience des inondations alliées de 1914, 1918 et 1940, les Allemands établissent un plan d'inondations à l'eau de mer de la Flandre maritime, qui viendrait compléter s'il le fallait leur système de défense littorale (Mur de l'Atlantique)."

"Début février 1944, les habitants des Waeteringues, situés en zone inondable, reçoivent l'ordre d'évacuer. Dès le 10 février, les inondations préventives à l'eau douce sont tendues, parallèlement les écoulements à la mer (par pompage ou gravitaires) sont suspendus. Dès le 15 février, la quatrième section des Waeteringues est sous eau."

"Les Allemands, début mai, estimant le résultat obtenu à l'eau douce insuffisant, décident d'accélérer l'inondation en pratiquant à marée haute des rentrées d'eau de mer importantes. Ce processus est encore accéléré dès le 6 juin 1944, lors du débarquement allié en Normandie."

"Dans leur affolement, et pour étendre plus rapidement les inondations, les Allemands pratiquent des coupures dans les digues des canaux de Bergues, de Bourbourg et de la Haute-Colme." [...]

"Sur les 40.000 hectares de la plaine wateringuée du département du Nord, 25.000 hectares environ sont recouverts d'eau ou rendus impropres à la culture. L'eau atteint généralement la cote + 2,05 N.G.F., ce qui correspond à une hauteur d'eau allant de 0 à plus 4 mètres."

"Il ne fallut pas moins de quatre à cinq semaines après la reddition de la poche de Dunkerque, en mai 1945, pour que le reste des Waeteringues, à l'exception des Moëres, soit dénoyé."

Photos de l'inondation à Bierne

Je dois la photo du haut à l'amabilité de Monsieur René Régnier. Près de la ligne d'arbres longeant la route de Watten on voit la Semeuse.

La photo qui suit, probablement prise depuis la ferme Régnier, montre au loin la ferme de Monsieur Emile Delassus (à qui je la dois). Bien que l'eau commence déjà à se retirer et qu'on commence à voir les bordures de champs, la ferme est encore inondée.

Les photos qui suivent viennent toutes de Madame Debruyne-Vanpeperstraete (photo 3, entre sa maman et son papa, tué à la fin de la guerre) que je remercie vivement, et concernent sa ferme du Grooten Wilge (Grand saule, voir cadastre p. 6, en haut à gauche) située  entre la Route des Sept Planètes et la dépression du Coedyck dont elle occupe la rive, avec la ferme Régnier et l'ancienne ferme Hennebert.

Les trois photos qui suivent montrent le niveau atteint par l'eau. On notera que l'eau n'entre pas dans la maison, celle-ci étant surélevée de deux marches comme chez Régnier.

Les personnes présentes font manifestement contre mauvaise fortune bon coeur. L'inondation à l'eau de mer fera en effet crever tous les arbres, même le Grooten Wilge ou Grand Saule dont on rapporte que, creux, il avait abrité plus d'une étreinte et plus d'une embrassade.

Par ailleurs la remise en culture après une longue inondation à l'eau salée serait tout sauf une sinécure. "... sous l'effet de la houle qui était très importante sur cet immense lac de plus de 20.000 hectares ainsi constitué, les dépressions avaient tendance à se niveler, si bien que certains canaux et watergangs dans lesquels n'existait plus de courant étaient engorgés jusqu'en crête." (G. Delaine).

Les terres gorgées de sel étaient impropres à la culture. Il faudra pendant des années éviter les labours profonds, ne pratiquer que l'ensemencement superficiel, éviter les engrais à base de soude, épandre du sulfate de chaux (Madame Debruyne me parle de borax) et n'emblaver qu'avec des plantes tolérant le sel.

Un malheur n'arrivant jamais seul, la ferme Debruyne fut en outre bombardée !

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