Titre : Mythes & Histoire
 
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Moulins

Une ordonnance du 26 novembre 1779, émanant du département finances du gouvernement de la Généralité de Lille ordonna d’éloigner tous les moulins à au moins 250 pieds des routes. Pieter de Codts, maître charpentier de moulins et priseur assermenté, habitant à Bierne, fut chargé par le Magistrat de Bergues de veiller à son application sur le territoire de la châtellenie, charge dont il s'acquitta entre le 2 mars et le 8 juin 1780.

Bierne comptait alors plusieurs moulins dont je donne les noms flamands : de Loufmolen, de Smoutte, de Groote Beeste, de Steenvoorde, de Force, de Colme, de Alf Millebrugghe, de Cleene, de Biernemeulen.

Image de l'église en 1799

Ci-dessus, l'église de Bierne qui datait de 1414, comme l'attestait une grosse pierre en saillie au pied de la tour, et fut démolie à la Révolution.
 
Ci-dessous, la "nouvelle" église sous la neige à la Noël 2005. (Photo : Jacques Fermaut)

Photo de l'église sous la neige (2005)

Buste de Saint Géry.
  Buste de Saint Géry

La  cloche de Bierne

Plaque en flamand dans le cimetière

Plaque en flamand sur le mur extérieur de l'église. Texte : D.O.M. (= Deo Optimo Maximo) HIER LIGHT BEGRAVEN CAROLUS LUDOVICUS COUDEVYLLE, JONGMAN, GESTORVEN DEN 2O JULIUS 1814 TER ELDE VAN 21 JAEREN. R.I.P. (= Requiescat In Pace)

Traduction de la pierre tombale : D.O.M. (A Dieu Très Bon et Très Grand) Ci gît enterré Charles-Louis Coudevylle, célibataire, décédé le 20 juillet 1814 à l'âge de 21 ans. R.I.P. (Qu'il Repose en Paix - Irrévérencieusement traduit par les Flamands par Recht In 'n Pet = droit dans le trou !))

On peut trouver une foule de détails très précis et très intéressants sur l'église et son mobilier, ainsi que d'excellentes photos en noir et blanc, sur le site de l'Inventaire général du Patrimoine culturel du Nord-Pas-de-Calais : cliquer sur l'adresse dans Sites apparentés et amis. Une fois sur le site, dérouler jusqu'au département (59) et à la commune (Bierne) où l'on trouvera tous les éléments.

 

La carte aux 1.25000 signale toujours un Meulen Veld Houck. La butte de la maison de Monsieur et Madame Frûleux en est peut-être un vestige.

La maison de Monsieur Louis Meesemaecker est bâtie à l’emplacement d’un moulin, qu’on dit avoir été un oliestamper (un moulin à huile) : les fondations des dés se trouvent toujours dessous.

Sur le cadastre de 1825, on compte toujours dix moulins à vent sur le territoire de Bierne !

L'église

L’église actuelle à une seule nef, a été construite vers 1807. Son clocher date de 1891. Elle a été bien restaurée après la seconde guerre mondiale.

Son patron est l'évêque Saint Géry (en flamand Gauwerik), dont la fête se célèbre le 12 août.

Saint Géry naquit à Yvois, aujourd'hui Carignan dans les Ardennes, de parents chrétiens et romains. Il était diacre de Trèves quand il fut élu évêque de Cambrai-Arras par le clergé et le peuple de Cambrai, entre 584 et 590.

Le souci des prisonniers, des captifs de guerre et des esclaves fut l'une de ses caractéristiques. Un vitrail de notre église représente du reste une de ces libérations. Son activité missionnaire le conduisit dans tout son vaste diocèse où de nombreux lieux de culte gardent toujours son souvenir. Il courut un jour jusqu’à Chelles afin de calmer le roi Lothaire qui s’apprêtait à châtier durement ses diocésains, trop lents à payer l’impôt.

Saint Géry occupa le siège épiscopal de Cambrai-Arras pendant trente-neuf ans. Sa mort se place un 11 août, vers 625. On l'ensevelit dans la basilique de Saint-Médard sur le Mont des Bœufs, qu'il avait construite à l'endroit d'où il avait jadis délogé une idole.

L’église possède un beau buste du saint dont le pied contient un reliquaire d’argent Louis XV : voir la photo en bas à gauche. Les ex-votos attestent la vitalité du culte qu'on lui rendait.

Jadis, au mois d’août, avait lieu une neuvaine très fréquentée. Saint Géry était invoqué par les mamans et leurs petits enfants contre la puissance des mauvais esprits et la maladie du carreau.

Le banc de communion en fer forgé à décoration polychrome et dorures, se déploie sur toute la largeur de l'église.

L’église comporte un baptistère. Les vitraux sont dus au sieur J. Laurent de Lambersart. Le bel orgue à motifs Renaissance a été donné à l'église en 1869 par Monsieur Pierre Vernaelde, docteur en médecine, et a été considérablement augmenté depuis. Il est l'oeuvre des ateliers de Monsieur Neuville de Rexpoede et on le considère comme un des plus beaux de la contrée.

"Le plafond de ce bel édifice a été peint aux alentours de 1947, après la reconstruction de l'église, par M. Eugène Pickaert." Je dois cette précision à Madame Christine Libeer-Meesemaecker qui ajoute : "M. Eugène Pickaert avait demandé à Madeleine Vereecke (ma grand-mère maternelle), une photo de ses deux filles (Jany et Andrée, dite "Dédée" - épouse de M. Emile Delassus -), qui pourrait lui servir de modèle pour deux des anges qui ornent le côté gauche du plafond et qui accompagnent un ange plus grand qui représente Madeleine Vereecke. Le grand ange peint sur le côté droit représente Madame Salommez. Il est accompagné de deux anges mais je ne connais pas le nom des modèles (peut-être ses filles ?)." (Ayant eu l'honneur d'avoir, entre autres, Christine et ses soeurs, Sophie et Anne, comme élèves, le créateur de ce site confirme que Bierne est une pépinière d'anges.)

Devant le porche, une pierre tombale hélas effacée par le passage semble représenter un noble.

Quoique beaucoup plus récent, le clocher renferme une cloche datant de 1599. Elle aurait échappé aux réquisitions de la Révolution grâce à la famille Bastraert qui eut soin de la cacher dans le fumier, pour la déterrer après le Concordat de 1801.

Elle porte les inscriptions suivantes :

Inscription au cerveau :

INT JAER 1598 VVAS ICK GHEGOTEN TEN ORBORRE VAN DE PROCHIE VAN BIEREN VVESENDE IN DIENTYDEN EEDELENDE NOTABLE DERZELVER JONCHEER ADRIAEN DE BYNDER SCHILTCNAPE ENDE MEESTER JAECQVES DE BLONDE PIETER ROGIAU KERCMEESTER ENDE PAVWELS SMEECAERT VYNDERS GVILLIAME BAILLIAERT AMMAN ENDE JAECQUES LE DVVC DISCHMEESTER

Traduction :

En l’an 1598 j’ai été fondue (littéralement « coulée) au profit de la paroisse de Bierne, étant à cette époque illustres notables de cette même [paroisse] gentilhomme Adriaen De Bynder (= le relieur), écuyer, et maître Jaecques De Blonde, Pieter Rogiau, marguillier, et Pauwels Smeecaert, conseillers jurés de corporation, Guilliame Bailliaert, amman (officier de justice inférieur au bailli) et Jaecques Le Duuc, pauvriseur (= responsable de la Table des Pauvres).

Autres inscriptions:

Face Ouest, sous un grand médaillon représentant une vierge à l'enfant : MARIA VOCOR (Je suis appelée Maria)

Côté Sud, sous un grand médaillon représentant un aigle bicéphale : MARC LE SERRE ME FECIT (Marc Le Serre m’a fabriquée)

Côté Est, sous un grand médaillon représentant un agonisant entouré de personnages, dont l'un à genoux à ses pieds, et surmonté de deux anges tenant une couronne : JACOBUS JACQVETIUS PASTOR (Jacobus Jacquetius, curé)

Monsieur Olivier Coulon donne les renseignements suivants sur Marc Le Serre : Marc le Serre, originaire de Bruges, périodiquement domicilié à Bergues, exerça son activité connue de fondeur entre 1559 et 1603. En 1559, il est domicilié à Tournai. Cette année-là, il réalise 6 cloches destinées à Dixmude. En 1602, il fond 20 cloches destinées à Poperinghe. En 1603, il travaille pour Bruges. Dans l'actuel nord de la France, il effectue les travaux suivants : il fond en 1586 12 cloches destinées à Esquelbecq et en 1595 11 cloches destinées à Hondschoote. Les travaux d'Hondschoote correspondent à un voorslag. En Belgique, il nous est aussi connu pour les travaux suivants : Westkerke, une cloche en 1577, Gaurain-Ramecourt, une cloche en 1578.

Il réalise une cloche à Bierne en 1598 et des travaux de refonte à Wormhout en 1588.

Ses cloches se reconnaissent au premier coup d'oeil, la signature se situant le plus souvent entre liserés, à la patte (partie de la cloche située immédiatement au-dessus de la bouche). C'est très rare et pour ainsi dire exclusif. A noter que cette spécificité n'est pas systématique pour les cloches françaises. Ces dernières possèdent parfois des épigraphes en ancien flamand. Malgré la grande qualité de fonte, l'orthographe est assez douteuse.

Pour échapper à la fureur révolutionnaire qui réquisitionnait les cloches pour les refondre, la cloche de Bierne a été cachée dans un fumier.

A Loos, un petit sanctuaire s'élevait sur l'emplacement de l'ancienne chapelle Notre-Dame de la Grotte. Il abritait une cloche de Marc Le Serre datant de 1602.

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