La carte aux 1.25000 signale toujours un Meulen Veld Houck. La butte de la maison de Monsieur
et Madame Frûleux en est peut-être un vestige.
La maison de Monsieur Louis Meesemaecker est bâtie à l’emplacement d’un moulin,
qu’on dit avoir été un oliestamper (un moulin à huile) : les fondations des dés se trouvent toujours
dessous.
Sur le cadastre de 1825, on compte toujours dix moulins à vent sur le territoire de Bierne !
L'église
L’église actuelle à une seule nef, a été construite vers 1807. Son clocher date de 1891. Elle a été
bien restaurée après la seconde guerre mondiale.
Son patron est l'évêque Saint Géry (en flamand Gauwerik),
dont la fête se célèbre le 12 août.
Saint Géry naquit à Yvois, aujourd'hui Carignan dans les
Ardennes, de parents chrétiens et romains. Il était diacre de Trèves quand il fut élu évêque de
Cambrai-Arras par le clergé et le peuple de Cambrai, entre 584 et 590.
Le souci des prisonniers, des captifs de guerre et des esclaves fut l'une de ses caractéristiques. Un vitrail de notre église représente du reste une de ces libérations. Son activité missionnaire le conduisit dans tout son vaste diocèse où de nombreux lieux de culte gardent toujours son souvenir. Il courut un jour jusqu’à Chelles afin de calmer le roi Lothaire qui s’apprêtait à châtier durement ses diocésains, trop lents à payer l’impôt.
Saint Géry occupa le siège épiscopal de Cambrai-Arras pendant trente-neuf ans. Sa mort se place un 11 août, vers 625. On l'ensevelit dans la basilique de Saint-Médard sur le Mont des Bœufs, qu'il avait construite à l'endroit d'où il avait jadis délogé une idole.
L’église possède un beau buste du saint dont le pied contient un reliquaire d’argent Louis XV : voir la photo en bas à gauche. Les ex-votos attestent la vitalité du culte qu'on lui rendait.
Jadis,
au mois d’août, avait lieu une neuvaine très fréquentée. Saint Géry était invoqué par les mamans et leurs petits enfants
contre la puissance des mauvais esprits et la maladie du carreau.
Le banc de communion en fer forgé à décoration polychrome et dorures, se déploie sur toute la largeur de l'église.
L’église comporte un baptistère. Les vitraux sont dus au sieur J. Laurent de Lambersart. Le bel orgue à motifs Renaissance a été donné à l'église en 1869 par Monsieur Pierre Vernaelde, docteur en médecine, et a été considérablement augmenté depuis. Il est l'oeuvre des ateliers de Monsieur Neuville de Rexpoede et on le considère comme un des plus beaux de la contrée.
"Le plafond de ce bel édifice a été peint
aux alentours de 1947, après la reconstruction de l'église, par M. Eugène Pickaert." Je dois cette précision à Madame Christine Libeer-Meesemaecker qui ajoute : "M. Eugène Pickaert avait demandé à Madeleine Vereecke (ma grand-mère maternelle), une photo de ses deux filles (Jany et Andrée, dite "Dédée" - épouse de M. Emile Delassus -), qui pourrait lui servir de modèle pour deux des anges qui ornent le côté gauche du plafond et qui accompagnent un ange plus grand qui représente Madeleine Vereecke. Le grand ange peint sur le côté droit représente Madame Salommez. Il est accompagné de deux anges mais je ne connais pas le nom des modèles (peut-être ses filles ?)." (Ayant eu l'honneur d'avoir,
entre autres, Christine et ses soeurs, Sophie et Anne, comme élèves,
le créateur de ce site confirme que Bierne est une pépinière d'anges.)
Devant le porche, une pierre tombale hélas effacée par le passage semble représenter un noble.
Quoique beaucoup plus récent, le clocher renferme une cloche datant de 1599. Elle aurait échappé aux
réquisitions de la Révolution grâce à la famille Bastraert qui eut soin de la cacher dans le fumier, pour la déterrer après
le Concordat de 1801.
Elle porte les inscriptions suivantes :
Inscription au cerveau :
INT JAER 1598 VVAS ICK GHEGOTEN TEN ORBORRE VAN DE PROCHIE VAN BIEREN VVESENDE IN DIENTYDEN EEDELENDE NOTABLE DERZELVER
JONCHEER ADRIAEN DE BYNDER SCHILTCNAPE ENDE MEESTER JAECQVES DE BLONDE PIETER ROGIAU KERCMEESTER ENDE PAVWELS SMEECAERT
VYNDERS GVILLIAME BAILLIAERT AMMAN ENDE JAECQUES LE DVVC DISCHMEESTER
Traduction :
En l’an 1598 j’ai été fondue (littéralement « coulée) au profit de la paroisse de Bierne, étant à cette époque illustres
notables de cette même [paroisse] gentilhomme Adriaen De Bynder (= le relieur), écuyer, et maître Jaecques De Blonde,
Pieter Rogiau, marguillier, et Pauwels Smeecaert, conseillers jurés de corporation, Guilliame Bailliaert, amman (officier
de justice inférieur au bailli) et Jaecques Le Duuc, pauvriseur (= responsable de la Table des Pauvres).
Autres inscriptions:
Face Ouest, sous un grand médaillon représentant une vierge à l'enfant
MARIA VOCOR (Je suis appelée Maria)
Côté Sud, sous un grand médaillon représentant un aigle bicéphale
MARC LE SERRE ME FECIT (Marc Le Serre m’a fabriquée)
Côté Est, sous un grand médaillon représentant un agonisant entouré de personnages, dont l'un à genoux à ses pieds, et
surmonté de deux anges tenant une couronne
JACOBUS JACQVETIUS PASTOR (Jacobus Jacquetius, curé)
----------------------------------------------------------------------------------- Traduction de la pierre tombale ci-contre : D.O.M. (A Dieu Très Bon et Très Grand) Ci gît enterré Charles-Louis Coudevylle, célibataire, décédé le 20 juillet 1814 à l'âge de 21 ans. R.I.P. (Qu'il Repose en Paix - Irrévérencieusement traduit par les Flamands par Recht In 'n Pet = droit dans le trou !))
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