Le petit train
Au début du vingtième siècle, la voie d'eau dut affronter la concurrence du train à vapeur,
plus rapide et moins lié au relief. On envisageait de construire une voie métrique reliant Bergues à Bollezeele.
Le choix s'était porté sur une voie d'un mètre de large parce que le coût de construction
se trouvait réduit de près de 50% par rapport à une voie classique d'un mètre quarante, écartement des roues des
diligences anglaises, ce qui nous rappelle l'avance prise par la Grande-Bretagne en matière ferroviaire.
Le 24 octobre 1905, le Conseil Général décida la construction par le département des lignes du
"groupe nord".
Le 27 juillet 1907, le Président de la République promulgua une loi déclarant d'intérêt public
la construction des lignes.
Le 3 août 1914, la ligne Bergues-Bollezeele était ouverte. Elle passait par Bierne, Steene,
Pitgam, Drincham, Eringhem et faisait dix-neuf kilomètres.
La gare
La carte postale ci-dessus nous montre la gare de Bierne telle qu'elle se présentait à l'origine. Je la dois à Monsieur Ghislain Vereecke que je remercie vivement.
La petite silhouette blanche devant la
porte de droite est Myriam Salomé, épouse de Gérard Aernouts.
A l'époque, la famille Salomé habitait en effet la gare.
La photo a été prise sur l'autre rive, la rive droite, du Bieren Dyck que l'on voit à l'avant-plan. La ligne avait en effet franchi le Bieren Dyck près de l'ancienne ferme Janssen (photo ci-contre) et continuait sur la rive gauche de ce watergang en direction du Grand-Millebrugge où la gare, intacte, existe toujours alors que celle de Bierne a été victime de bombardements. La maison la plus proche du pont rive gauche a donc été construite sur les emprises du chemin de fer. Monsieur Pierre Deblock, qui habite en face m'a précisé qu'il avait dû acheter aux Domaines le coin sud-est de sa propriété où passaient les rails.
La fin du petit train
Comble d'humiliation, c'est sur son concurrent direct, le camion, que la dernière locomotive quitta
en 1954 le dépôt de Bollezeele, gare principale, où se situait également l'atelier de réparation.
En face de cette gare, l'estaminet de Monsieur et Madame Debaert, porte toujours
sur toute la largeur de sa façade l'enseigne "Café de la Gare".