Titre : Mythes & Histoire
 
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Le "Château Masselis"

Le créateur de ce site avait entendu parler du "Château Masselis", situé face au côté droit de l'église. Mais il semblait avoir complètement disparu de la mémoire des Biernois. Certains se rappelaient l'avoir vu en ruines. Mais tout cela était bien vague. Ce qui est sûr, c'est que les arbres magnifiques qui ombragent le coeur du village en constituaient le parc. On voit encore, à l'entrée de la maison qui a pris sa place, les grosses pierres qui supportaient les montants des grilles, avec leurs scellements au plomb à l'ancienne.
Je dois à l'amabilité de Monsieur et Madame Pierre et Francine Vereecke-Vanderbeken, que je remercie vivement, la photo ci-dessus, laquelle nous permet enfin de nous faire une idée dudit "Château". Il s'agissait en fait d'une "maison de maître" tout à fait classique. Il est vraisemblable qu'un lieu aussi privilégié au centre du village et près de l'église ait été occupé auparavant par un autre édifice plus ou moins prestigieux mais, à ma connaissance, aucun document n'en parle. Nous avons déjà vu dans les pages précédentes que le Bierenhof du Sieur Van Bavelaar dont parle Sanderus et dont le cadastre de 1825 montre encore les douves (du château et de sa baille) est maintenant la propriété du docteur Lalleman.
Toutefois, si l'on observe le cadastre de 1825 (voir Terrier page 3 : l'agglomération de Bierne en 1825), on s'aperçoit qu'il n'indique aucune construction à l'emplacement du "château Masselis", lequel aurait donc été construit après cette date.
La famille Masselis était au départ constituée de gros fermiers et possédait la moitié du village sur la rive droite de la Colme. Monsieur Pierre Vereecke précise : de la Chapelle située au croisement de la Rue de l'Eglise avec la Rue des Sept Planètes, à la Chapelle Saint Apolline représentée ailleurs sur ce site. Les trois personnes au centre de la photo sont de gauche à droite : une servante, Elisabeth Masselis et Augusta Masselis. Elles se tiennent devant la grille du cimetière d'où la photo est tirée. Elisabeth, Augusta et Antoinette Masselis, toutes trois célibataires, étaient les soeurs d'Henry Masselis-Bous. On ignore l'identité des deux personnes qui se trouvent à droite près de l'arbre.
Avant la seconde guerre mondiale, le château était habité par Monsieur Henry Masselis et son épouse née Bous. Ils n'avaient qu'une fille, Marie-Louise, dite "Mitche Lou". Le père d'Henry Masselis-Bous se prénommait également Henry (Masselis-Duhocquet), l'attribution du même prénom à l'aîné de la famille étant assez habituelle en Flandre. Le monument funéraire ci-dessous est donc celui du père d'Henry Masselis-Bous.
Le château fut gravement endommagé en 1940, non pas par un bombardement mais par des tirs d'obus de gros calibre qui tuèrent également Maître Marcel Cnapelynck, curé de Bierne, et blessèrent grièvement sa soeur Maria. Par la suite la famille vendit le "château" en ruines.
Marie-Louise Masselis se maria à un Monsieur Outrebon de Neuville-Saint-Vaast et le nom de Masselis disparut du village, non sans avoir au préalable défrayé la chronique. Augusta Masselis fut en effet sauvagement assassinée au sortir du Bierenhof où elle cherchait son lait. La ferme appartenait aux Masselis et était exploitée à l'époque par Madeleine Fiers, maman de Pierre Fiers, alors mobilisé, lequel lui succèderait, puis son fils Pierre, avant la vente du corps de ferme au docteur Lalleman. L'enquête n'a jamais permis ni de découvrir le meurtrier ni de se faire la moindre idée de ses mobiles...
Le nom ne figure plus que sur le monument funéraire familial situé dans le cimetière juste en face du "château" disparu et d'ailleurs frappé d'une procédure d'expropriation pour abandon...
On lit sous la croix : "Famille MASSELIS-DUHOCQUET". Sur la pierre horizontale, on croit déchiffrer avec beaucoup de peine : "A la mémoire de Madame Marie-Claire DUHOCQUET (suivent sans doute les dates) et de Monsieur Henry MASSELIS, né à Rexpoede le 18 mai 1852, décédé à Dunkerque le 10 mars 1938. Une prière S.V.P.".  Sur la face avant de la tombe, on peut lire sans difficulté : "et de leur fille M(ademois)elle Marie-Josèphe Corneille MASSELIS, née à Bierne le 28 mars 1882, décédée à Melle-lez-Gand le 14 octobre 1923".

 

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