Notice biographique d’Albert Delahaye
Né à Klimmen, près de Valkenburg (Limbourg néerlandais), Albert Delahaye (1915-1987) a fait chez
les Pères Montfortains de Schimmert (Limbourg néerlandais) des études secondaires qui l’ouvrirent à l’univers des
auteurs de l’Antiquité classique.
Il entra ensuite au grand séminaire d’Oirschot (Brabant septentrional) où il découvrit tout un monde de philosophie,
d’étude de la bible, de morale, d’histoire de l’Eglise et de liturgie, bref toutes les richesses de l’Eglise. Doutant
après quelques années de sa vocation à la prêtrise, il se lança en 1940 dans des études d’archiviste.
En 1943, il fut nommé archiviste municipal de Kerkrade. En 1946, il fut promu archiviste-adjoint de la ville de Nimègue.
Il commença en 1955 à publier, dans le journal régional « De Gelderlander », des articles où il exprimait ses doutes quant
à la réalité d’une Nimègue carolingienne. Selon Delahaye, ce n’est pas sur le Valkhof de Nimègue que Charlemagne avait
construit son palais. Quand les sources parlent de Noviomagus, ce n’est pas, selon Delahaye, Nimègue qu’elles désignent
mais toujours la ville française de Noyon (Noviomagus). La réaction ne se fit pas attendre : on mit en doute son intégrité
scientifique, on le rabroua publiquement et on essaya de le marginaliser en le mettant plus bas que terre.
Il n’en fallait pas plus pour pousser davantage encore un homme de caractère et de conviction comme Delahaye à parachever
son œuvre. Ce rejet rabique et injustifié explique également la rudesse de ses propos dans bien des publications parues
après sa période à Nimègue, où il ruinait l’un après l’autre les nombreux mythes, tous imbriqués les uns dans les autres
et donc conjointement ébranlés, qui forment la substance même de l’histoire des Pays-Bas jusqu’au XIIe siècle.
En 1957, Delahaye fut nommé archiviste de l’archivariat régional « Nassau-Brabant », dans la partie occidentale du Brabant
septentrional. Il consacra tout son temps libre et son énorme puissance de travail à ses recherches dans le nord-ouest de
la France. Delahaye savait avec une absolue certitude que c’est là que se situait en réalité la région concernée par les
nombreuses sources qu’il utilisait pour ses études de géographie historique du premier millénaire. La municipalité de
Tournehem-sur-le-Hem (France, Pas-de-Calais) le nomma en 1978 archiviste d’honneur de la ville, au titre des grands services
rendus à Tournehem : Delahaye a en effet établi que Tournehem, le Traiectum (gué du Hem qui existe toujours du reste) des
textes concernés, avait été le siège épiscopal de Saint Willibrord. Albert Delahaye, qu’une revue française qualifia un jour
de « Galilée du XXe siècle », vécut à Zundert (Brabant septentrional) de 1957 à sa mort, survenue en 1987. Il repose dans son
village natal de Klimmen.