Titre : Mythes & Histoire
 
images/protect.gif
images/menu_top.jpg
images/menu_bot.jpg
images/protect.gif
images/expose_top.gif

L'origine flamande de la Chanson de Roland p. 1


 

L'AUTEUR

Jozef Luciaan de Prince est né le 18-09-1907 à Evere (Bruxelles) Après son primaire, il commença un secondaire moderne, puis suivit un cours de criminologie qui lui ouvrit l'accès au grade d'officier de police. Il suivit également les cours de l'Ecole Internationale de Documentation et obtint le diplôme de documentaliste.

Au cours de sa vie professionnelle, il fut fonctionnaire, voyageur de commerce, officier de police et documentaliste-traducteur. Il était en effet parfaitement trilingue : néerlandais, français et allemand. Il fonda son propre "Bureau de traduction et de documentation médicale".

Jef de Prince

En 1971, il prit sa retraite et se lança à fond dans l'étude de La Chanson de Roland : il avait en effet remarqué que tous les noms propres y étaient flamands, ce qui semblait indiquer une origine flamande. Moi qui l'ai bien connu, je puis témoigner du sérieux et de l'ampleur de son travail. Il a rempli des piles de cahiers et des quantités de fiches de sa magnifique petite écriture calligraphiée.

Il n'était pas peu fier d'exhiber une lettre d'un des grands spécialistes de la Chanson de Roland, Le Gentil, qui estimait très convaincante sa démonstration.

Mais, hélas !, comme bien d'autres novateurs qui n'ont pas la chance d'être du sérail, il ne parvint jamais à publier chez un éditeur et se contenta de diffuser quelques brochures, en néerlandais et en français, ronéotées et reliées par ses soins.

Il mourut à Ostende le onze décembre 1989 et fut inhumé à Nieuport où sa veuve, née Alphonsine Vernimmen, décéda en 2006.

Il n'a pas eu la chance de connaître le formidable outil de diffusion qu'est Internet. Mon admirative amitié pour lui me fait un devoir de publier ci-après un résumé de son étude sur la Chanson de Roland, rédigé par lui en français.


 

L'ORIGINE FLAMANDE DE LA CHANSON DE ROLAND

Le thème de la Chanson de Roland est un fait historique, noté par Einhard, bibliothécaire de Charlemagne, dans sa Vita Karoli, le récit de la vie de Charlemagne; Einhard était aussi abbé laïque du monastère de Saint Pierre à Gand.

En 778, le roi Charlemagne - il ne sera empereur qu'en l'an 800 - traverse les Pyrénées, appelé en Espagne par les Maures qui se disent divisés. Il les trouve réconciliés. Charlemagne fait raser Pampelune et bientôt rappelé par un soulèvement en Aquitaine et par une invasion saxonne de son empire, il tourne bride.

Le 15 août 778, l'arrière-garde de son armée est surprise dans les défilés près de Ronces Valles, au flanc espagnol des Pyrénées par des montagnards basques qui massacrent les soldats, pillent le train des bagages, emportent le trésor royal, puis se dispersent.

Parmi les victimes dont l'histoire a retenu les noms, se trouve Roland, "Britannici limitis praefectus" ou préfet de la marche face aux Britanniques, c'est-à-dire la marche qui comprenait la côte entre l'embouchure de l'Escaut et la Somme. Charlemagne établissait des marches le long des zones tributaires et aux frontières des envahisseurs possibles.

Marche de Bretagne

La marche dont Roland était préfet ou comte n'était pas établie en Bretagne "française"; Einhard aurait écrit dans ce cas Armorici limitis et non pas Britannici limitis. La Bretagne n'était connue à cette époque, que sous le nom d'Armorique. Ce ne sera qu'au douzième siècle au plus tôt qu'apparaîtra, à côté d'Armorique le vocable Petite-Bretagne.

S'il y eut des siècles plus tard des "marches" - au pluriel - en Bretagne, elles furent établies par les seigneurs celtes pour s'opposer par la force à la politique d'expansion violente des rois de France ; mais sous Charlemagne il n'y en eut point.

Des églises avaient été bâties par les Francs, longtemps avant 778, dans la presqu'île armoricaine et Charlemagne aurait établi cette marche dans la partie de l'Armorique qui la rattachait à la Gaule? Le futur empereur d'Occident, dont l'empire s'étendait depuis la Navarre jusqu'à la Bohème, depuis Rome jusqu'à l'Elbe avait déjà étouffé dans le sang toute velléité d'insurrection, comme Pépin l'avait fait avant lui. Il aurait donc créé une marche devant ce qui à ses yeux ne devait pas être plus qu'un pagus comme tant d'autres. D'autre part, Charlemagne a convié les chefs armoricains à ses assemblées de mars et de mai. L'eût-il fait si ce peuple se fût trouvé hors des frontières de son empire ?

N'est-ce pas solliciter le texte que de traduire "Britannici limitis" par "marche de Bretagne française" ?

Roland était donc comte de la marche britannique, dans un pays qu'on a appelé Flandre. C'est en Flandre où le souvenir de Roland est resté vivace et en flamand que l'épopée fut écrite.

 

images/expose_bot.gif
Vers page précédentef  Vers le haut de la Page  Vers la page suivante