Titre : Mythes & Histoire
 
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L'origine flamande de la Chanson de Roland p. 7


 

pour le trésor royal du train des bagages pillé par les Basques.

Non seulement ce vocable est resté dans le texte anglo-normand, mais un copiste a mal transcrit cette phrase. Il eût fallu : "c'est moi, Gualter, celui qui conduit - avec d - le train des bagages et le trésor royal" et non qui conquit - avec q - maelgut. Nous retrouvons ainsi Gualter dans la fonction qui lui était dévolue : conduire le train des bagages et le trésor royal, et une autre preuve irrécusable de l'origine flamande de notre épopée.

Maelgut avec gut nous montre un texte du dixième siècle ; c'est au onzième siècle, en effet, que les lettres oe remplacent la lettre u pour le son "ou" en flamand.

Boissonnade, à la page 342 de "Du nouveau..." cite Gaston Pâris qui écrivait en 1883 : "Si l'on pouvait identifier ce Hum avec sûreté, on saurait positivement si la Chanson de Roland connaissait encore le pays dont Roland était comte, celui d'où Turold lui-même était originaire". Comme le lignage de l'Hum était Normand, nous devons en conclure que le remanieur qui a introduit ce nom "de l'Hum" était, lui aussi Normand. Mais parachevons la pensée de Gaston Paris en affirmant tout net que le pays dont Turold était originaire était la Flandre puisqu'il reste des preuves flamandes dans le texte traduit.

L'oriflamme

Entre 1119 et 1124, un autre remanieur, originaire de ce qui sera plus tard l'Ile de France, a ajouté des laisses et a introduit la prose du pseudo-Turpin.

En 1123 un concile avait eu lieu à Saint-Jean de Latran ; les évêques avaient été reçus par le pape Calixte II, dans le Triclinium du Latran. Ils avaient pu y admirer la fameuse mosaïque représentant saint Pierre qui donne le drapeau semé de flammes à l'empereur Charlemagne, ce qui permit à Suger de faire passer l'aurea flamma de l'abbaye de Saint-Denis pour l'oriflamme de Charlemagne ; et au remanieur d'écrire, dans la laisse 225 "qu'elle avait appartenu à saint Pierre et s'appelait romaine, mais qu'elle avait pris ici le nouveau nom de Monjoie".

Au verset 7895 parallèle, de Konrad, "Geoffroi prit le drapeau qui montrait l'image de Notre Seigneur dans une mandorle de flammes, ainsi qu'il nous apparaîtra au jour du jugement dernier. Saint Pierre était assis aux pieds du Christ et il tenait les clefs".

Ceci prouve que dans le prototype, cette oriflamme avait appartenu au monastère de Saint-Pierre à Turhold où les moines la portaient en procession.


 

On sait qu'en ces temps-là le Saint Sacrement ne pouvait quitter l'église et que lors des processions hors du temple, celles-ci étaient précédées du drapeau du monastère.

Bédier attache une importance particulière au triclinium restauré après 1740 suivant un dessin exécuté au préalable. Mais la légende dans le cartouche prouve que cette restauration a eu lieu à la demande de Français. On y lit, en effet, que saint Pierre donna la vie au pape Léon; ce prénom y est orthographié non pas en latin ni en italien, mais en français: LéoN, avec la terminaison en N !

En résumé, l'aurea flamma avec le Christ dans la mandorle, entourée de flammes, était le drapeau du monastère de Saint Pierre à Turhold et s'appelait alors romaine ; à Paris, elle prit le nouveau nom de Monjoie.

Toute l'étude de la Chanson de Roland est à reprendre en comparant sérieusement le texte archaïque du Pfaffe Konrad au texte d'Oxford et à la lumière de l'histoire du monastère de Turhold en Flandre, de son sceau aux lettres Alpha et Omega qui marquent les laisses originelles dans le texte d'Oxford.

On chanta de Roland en francique dans le pays où il était comte de la marche face aux Britanniques, donc en Flandre. Le moine Turold rédigea avec de nouveaux noms, une épopée à la gloire de Roland, telle qu'elle se retrouve dans les laisses avec AOt du texte d'Oxford. Ce texte fut remanié à l'usage des Normands, vers 1050, lors du mariage de Guillaume et de Mathilde, fille de Baudouin V de Flandre ; et une autre fois encore vers 1120-1124, par un Français de France.

Au verset 1124 - et ceci n'est pas une coïncidence - Turpin qui, jusqu'alors n'a été qu'un évêque onctueux et bénissant, devient batailleur, il incite à tuer, il remet les péchés les plus graves et "en pénitence, il commande de frapper" .

Ce n'est que dans la laisse 166, marquée AOt, remarquons-le, que Turpin a une fin chrétienne, telle que Turold l'avait imaginée.

On ne voit apparaître les Turold en Normandie qu'au début du onzième siècle, alors que cette contrée est déjà profondément christianisée. Alors que partout en Normandie s'érigent les cathédrales, les monastères et les églises, les parents déjà chrétiens à cette époque, auraient puisé dans leur vieille religion le nom du dieu Tor pour "baptiser" leurs fils ! Mais ceci est inconciliable avec le choix de l'Eglise de Rome.

Dans les premières années du onzième siècle, les moines de Turhold ont, sans doute, considéré leur tâche comme accomplie auprès des peuples danois, norvégiens et suédois. Les Normands s'étaient établis à demeure en Neustrie. C'est en Normandie continentale que ces moines essaimeront dès lors.

 

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