Titre : Mythes & Histoire
 
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L'origine flamande de la Chanson de Roland p. 14


 

Charles aimait écouter ces sagas chantées ; il les fit mettre par écrit et réunir. A l'instigation des moines, Louis le Pieux fit brûler toute la collection de sagas. On a beau dire à présent, qu'il ne reste aucune trace de ces chants barbares.

Au moment où le duc de la Francia, ce petit duché qui ne s'étendait que de Laon à Orléans, voulut évincer le dernier descendant de Charlemagne et usurper tout l'empire ; au moment où l'Islam menaçait l'Europe à l'est et au sud, le génial moine Turold, au monastère de Turhold près de Bruges, prit la plume pour rallier toutes les forces occidentales sous le sceptre du dernier carolingien. Son intention est encore claire : sauver l'empire en libérant la Terre Sainte et prêcher la fidélité à l'empereur légitime.

Turold écrivit son épopée pour la vieille noblesse franque, celle que Charlemagne avait créée et qui résidait autant en pays germanique que dans les châteaux de ce qui, depuis, est devenu la "France".

Quelle langue parlait cette noblesse vers 960-980 ? Le franc bien sûr, un idiome germanique d'où sont issus le thiois et le tudesque, le moyen néerlandais et l'allemand.

Dans ses "Lettres sur l'histoire de France", Augustin Thierry l'a dit clairement : "Sous les noms de France et de Français, nous étouffons la vieille nation tudesque dont ces noms rappellent seuls l'existence mais qui a imprimé autrefois bien des traces de son passage sur le sol que nous habitons."

Même au treizième siècle le mot franc exprimait tout ensemble la richesse, le pouvoir et l'importance politique ; on l'opposait à chétif, c'est-à-dire pauvre et de basse condition.

Pour se faire comprendre des barons au fond de leurs châteaux, de quelle langue Turold dut-il faire usage, si ce n'est du franc ?

Ce n'est pas au peuple qu'il s'adressait vers 980, mais aux ducs, aux comtes, aux barons, à ceux qui détenaient le pouvoir. Ce pouvoir qui était aux mains de la vieille noblesse.


 

L'épopée devait donc être thioise ou flamande.

Einhard était abbé laïc de l'abbaye de Gand, soeur de l'abbaye de Turhold. On sait le nombre de copies existant de sa Vita Karoli ; on peut en déduire que cette Vita aura été déposée aussi, au moins à Gand où Turold s'il en était besoin, a pu en prendre connaissance. Mais même cela me semble superflu. Le nom de Roland, préfet en Flandre - et non pas en Armorique - était sur toutes les lèvres. On relève, en effet, plus de 380 fiefs et arrière-fiefs portant le nom de Roland ou celui de Roncesvaels en Flandre, dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais. Et encore d'innombrables lieux-dits de Roland ou de Roncesvaels.

Après son voyage en Italie, vers 960, Turold se mit à écrire. En 962 c'est à Borgo san Donnino - voyez Dom Linus de Torhout - que s'est arrêté l'empereur Otto I se rendant à Rome. Giselmar y est vénéré comme un saint. Rembert de Torhout, évêque d'Hambourg-Brême, est le patron de Calenzano près de Prato, sur la route de Rome, suivie par Turold.

C'est de Julia Fidentia-Borgo san Donnino que Turold rapporta le toponyme Valfuria, et Julia(na), ainsi que le souvenir de la légion thébaine Jovia Felix.

Il puisa d'autres noms dans ce qui l'entourait : Tervagant, Chanelaus-Ganelo, Reginbald, Hamesburg, Wichman, Pinabeel, Naimme et tant d'autres.

Dans le texte-même, nous trouvons des preuves flamandes telles que Almacht, maelgut, deurendal, la bannière verte des Flamands, le gaudendart de Roland, Blaye-Blavutum-Blaevoeten, l'Alpha et l'Omega du sceau de Turold, le lion ornant l'écu d'or de Roland.

Rien, absolument rien n'indique que le prototype fût français.

Pour paraphraser Bédier : le premier chef-d'oeuvre de la langue française sans lequel il n'y aurait pas de littérature française, est une oeuvre flamande et rien que flamande. Le texte d'Oxford n'est que la traduction remaniée d'une épopée de ce poète de génie, Turold de Torhout en Flandre !

 

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