à l'aide des versets 7416 et suivants du Pfaffe Konrad : "Sire roi, émir, ce royaume et toutes les terres ici, sont dignes d'un grand vassal. Donnez-les à qui en est digne".
Les coordonnées n'ont donc jamais été établies !
L'empereur fait apprêter les corps de Roland, d'Olivier et de Turpin, dans la laisse 213. "Emmenez-les sur trois charrettes...". Moignet voit, que présentée ainsi, la mention des trois charrettes de Roncevaux reste en porte-à-faux : on ne nous dit pas si elles ont suivi Charlemagne à Saragosse, ni comment elles ont pu se joindre à l'armée, lors du voyage de retour. (Menéndez Pidal, la Chanson de Roland et la tradition épique des Francs, pp. 114-115).
Le remanieur était de connivence avec les exploiteurs de la Chanson de Roland : il fallait pouvoir montrer les tombes des héros à Blaye et ailleurs. Or Konrad, aux versets 7621-7622 dit clairement, s'appuyant sur une autre version plus archaïque : "Sous bonne escorte il les fit rapatrier dans le pays de Charles", "haim ze Karlingen" en vieil haut-allemand. Nous pouvons donc remplacer les points de suspension par : "et ramenez-les chez nous".
Les points de suspension nous fournissent la preuve de ce que, vers 1120 déjà, Blaye exploitait l'épopée remaniée en sa faveur.
Guinemant à la laisse 217 rappelle Wichman, châtelain de Gand au temps de Turold. Richard le Vieux à la laisse 220 était ce duc de Normandie qui fit appel au moine Meinhard de Gand, pour réformer les abbayes de Normandie et qui devint le premier abbé bénédictin du Mont Saint Michel.
A la suite de ce moine Meinhard on voit apparaître les Turold en Normandie.
Ne viennent-ils pas tous de cette abbaye missionnaire de Turhold en Flandre dont Adam de Brême dit, vers le milieu du onzième siècle, qu'ils étaient tous si célèbres.
La laisse 225 est marquée des lettres AOt et pourtant elle a été remaniée. Une erreur de copiste, sans doute.
Nous y lisons que Geoffroy d'Anjou porte l'oriflamme. Le lecteur voudra bien se référer à la partie historique de mon ouvrage.
Le cas du Syrien qui trahit, à la laisse 227 sans AOt, a été puisé à l'histoire de la première croisade. Les croisés découvrirent en effet, que des Syriens, quoique chrétiens, avaient partie liée avec les Turcs et espionnaient pour leur compte. Il en est encore question à la laisse 230 "mon messager le Syrien me l'a annoncé". Cette laisse est un ajout tardif.