Titre : Mythes & Histoire
 
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ERRARE HUMANUM EST !


 

Les profanes - dont je suis ! -, habitués à faire largement confiance à la science moderne, ont peine à croire que les historiens modernes puissent se tromper. Pourtant, à y regarder de plus près, la science, renonçant enfin à ses rigidités et à ses magister dixit, a toujours avancé à coup d'erreurs rectifiées ! Le génial Cuvier rejetait la théorie de l'évolution, car il arrive que la somme de connaissances amassées occulte celles qu'on pourrait acquérir ! Et l'étudiant qui se permettrait de sortir du rang n'aurait pas grande chance d'accéder à la chaire ! Ci-dessous la thèse où Mieke Breij, historienne, musicologue et archéologue, donnait raison à Delahaye : sa carrière a été brisée net ; des années après, elle en était encore réduite aux "petits boulots" Au fond, bien rares sont ceux qui pratiquent systématiquement le doute méthodique.



Personne n’a mieux défini l'esprit universitaire que le Docteur Eve-Marie Halba (thèse : Renaut de Montauban, épopée d’un exclu, 2002, Presses universitaires du Septentrion) :

"BASSE COUR UNIVERSITAIRE

Le monde universitaire est peu médiatisé. Son mode de vie est pourtant digne d'intérêt : poussin, poulet et coq doivent suivre des règles immuables pour la survie de l'espèce.

Le poussin doit choisir la cour d'un coq de renom (le professeur en titre) qui orientera sa formation de poulet et son ascension professionnelle. En échange, notre poussin sera d'un total dévouement et d'une parfaite docilité.

Un bon coq sait se faire craindre des autres cours : il étourdit de ses chants tous les conseils et commissions pour faire admettre son favori. Il obtient que, lorsque le "poulet" soutient sa thèse, il soit nommé dans la basse-cour "maître de conférence".

Le pouvoir du vieux coq ne s'éteint qu'à la fin de sa carrière : c'est pourquoi il la prolonge jusqu'au dernier moment et tente jusqu'à cette date fatidique de régner sans partage. La basse-cour se prépare alors à se disputer le trône : le digne héritier répètera le système à l'envi.

L'université est-elle condamnée au clientélisme? En matière de clonage, la génétique a émis des lois de bioéthique, quelles sont celles de l'université?"

Dr Eve-Marie Halba, agrégée de grammaire.


 

L'histoire s'enracinant dans la tradition, en cette matière, nous sommes tous à des degrés divers, les plus diplômés aussi, les esprits faux décrits par Voltaire (Dictionnaire philosophique) : "[...] Les plus grands génies peuvent avoir l'esprit faux sur un principe qu'ils ont reçu sans examen. [...] L'enfant étudie et devient un prodige ; il argumente sur les leçons de son maître." Le thésard fait-il autre chose ?

Cela le rend, à l'instar de ses maîtres !, totalement incapable d'utiliser je ne dis pas même sa tête, mais simplement ses yeux : ainsi TOUTES LES CARTES ANCIENNES DE LA SEULE FLANDRE, situent l'OCEAN GERMANIQUE sur les côtes flamandes (cf. page 5 du site de Bierne). Or que voulez-vous que baigne une MER ou un OCEAN GERMANIQUE si ce n'est la GERMANIE, celle notamment de Tacite et des Anciens ? La carte du COMTE DE FLANDRE (eh oui ! vous avez bien lu !) de Placide de Sainte Hélène (Paris 1690) situe le long des côtes flamandes la Mer d'Alemagne !!! Cette traduction erronée de Mare Germanicum prouve qu'à l'époque déjà on s'était mis, à tort, à rendre allemand tout ce qui est germanique. Dans le même ordre d'idées, les historiens modernes taxent d'erreur leur antique confrère Zosime (6,2,2 : chroniqueur byzantin (vers 500) parce qu'il place Bonen/Boulogne en Germanie. Il exerçait de hautes fonctions à la cour de Constantinople et écrivit une histoire de l'empire romain allant de la fin du IIIe siècle à la prise de Rome par Alaric (410)), qui situe Boulogne en Germanie.

Restons dans le visuel : tout le monde a en tête le Moulin de Wijk-bij-Duurstede peint en 1670 par Jacob van Ruisdael. Ledit moulin est perché sur une énorme digue, chaussée d'une série de gros pieux, qui protège la ville de Wijk-bij-Duurstede (SITUEE AU NIVEAU ZERO PAR RAPPORT AU NIVEAU DE LA MER) des caprices d'un bras du Rhin, le Lek. N'apparaissent au-dessus de la digue que le toit d'une maison et le sommet de tours ! Eh bien ! Imaginez-vous que selon les historiens, Pépin d'Herstal aurait battu le roi frison Radbod en 695 près de Wijk-bij-Duurstede (Sources : Annales Francorum, HdF, II, p. 681 ; Annales Mettenses, MGS, I, p. 321 ; Fredegarii chronicon, MGS, II, p. 172 ; on y parle naturellement de Dorestadum): selon eux Wijk-bij-Duurstede est en effet sans aucun doute, et malgré le démenti formel d'une  archéologie correctement interprétée et l'aveu officieux de Van Es, Dorestad. Vous ne voyez pas ? En 695, nous sommes au plus fort de la deuxième transgression dunkerquienne qui atteint chez nous la ligne des cinq mètres (moins aux Pays-Bas). Vous contestez les transgressions ? Pas de problème ! Wijk-bij-Duurstede, je le rappelle, se situe au niveau zéro. En 695, on peut être sûr que cette énorme digue n'existait pas encore. Il faut donc prêter aux armées de Radbod et de Pépin une sorte de mixte de bataille et de water-polo, où l'on nage d'une main et l'on combat de l'autre, et aux habitants au moins amphibies de Wijk-bij-Duurstede une nature de batraciens. Oh ! je sais ! On trouvera bien de savantes explications à ce miracle : il n'y a pas que chez les Précieuses de Molière que "le raisonnement bannit la raison" ! Dorestad est sans aucun doute Audruicq (7 m en moyenne), magnifiquement située à l'époque sur la fertile presqu'île de Bredenarde, au débouché du Hem dans l'Almere - qui sera plus tard le Blootland flamand - et dont le chenal (appelé Stawart : ses rives se situent à 2 m au-dessus du niveau de la mer) rappelle toujours l'antique fonction portuaire.

La grande force de Delahaye, archiviste de formation, est de s'être limité à la majesté des textes, sans l'écran des centaines de thèses que doit ingurgiter le thésard, pas toujours capable de s'en distancier autant qu'il faudrait - ni autorisé à le faire ! - . Le supérieur de la jésuitière anversoise où Delahaye allait compulser les recueils de sources, notamment les célèbres Monumenta Germanica Historiae, m'a dit un jour : "Je ne sais pas si Delahaye a raison, mais je peux dire que je n'ai jamais vu quelqu'un étudier aussi à fond cette immense collection de sources." Et Delahaye lui-même m'a confié avoir lu au moins 25 fois l'intégralité de la collection. Combien d'étudiants par contre - comment faire autrement si l'on ne veut pas que sa thèse s'éternise ? - s'en remettent aux index, parfois faux hélas, notamment pour Noviomagus/Nimègue, pour aller butiner de ci de là quelques fragments sortis de leur contexte. Quand on n'y ajoute pas, comme dans le Bronnenboek, un subtil travail de tri et de découpage qui sent son faussaire d'une lieue !

C'est comme cela qu'on attribue des invasions normandes aux Pays-Bas, alors que le contexte regorge chaque fois de noms de villes françaises !

Il y a pourtant bien des raisons de s'interroger sur l'histoire néerlandaise. On affirme qu'Utrecht serait le Trajectum du diocèse de Saint Willibrord, lequel aurait en même temps été Abbé à Echternach : qui peut prendre ce grand écart au sérieux, avec ou sans cheval ! D'autant que l'archéologie a bel et bien retrouvé l'ancien nom d'Utrecht, Albiobola, et qu'elle concède à demi-mot que la ville était inhabitable à l'époque.

On n'a guère repéré de traces attribuables (?) au soulèvement des Bataves aux Pays-Bas. Or, que lit-on dans l'Histoire de la Picardie sous la direction de Robert Fossier (1974, Editions Privat, page 67) : "[...] vers 69-70, la révolte de Civilis semble avoir eu des répercussions ici, car les fouilles révèlent, à ce moment, des destructions brutales." Quand on sait que Delahaye situe les Bataves dans les pays de langue picarde, cela donne à penser. D'autant que le flamand possède un verbe ignoré par le néerlandais du nord : batavieren, qui signifie se déchaîner, se livrer à des déprédations : est-ce ainsi que les Flamands caractérisaient les agissements de leurs voisins picards dont on connaît l'antique vocation militaire ?

On lit dans le Panégyrique de Constantin : " Après avoir par sa valeur capturé [à Boulogne !] cette armée (celle de Carausius qui s'était taillé un royaume de part et d'autre du Channel) et lui avoir conservé la vie par sa clémence, tandis qu'on préparait une flotte pour reconquérir la (Grande-) Bretagne, il purgea de tout ennemi la terre batave jadis occupée par divers groupes de Francs sous la conduite d'un enfant du pays." Il faut vraiment solliciter les textes de façon éhontée pour aller placer cette terre batave à des centaines de kilomètres du théâtre des opérations !

Toutes les Chansons de geste qui évoquent le roi des Frisons l'entourent de Flamands et de Picards : on a donc longtemps su où était la Frise originelle. etc. etc.

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