Titre : Mythes & Histoire
 
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UNE NOUVELLE LECTURE DE LA GERMANIA DE TACITE
 

Il pense donc à l'Escaut, et comme il nomme celui-ci comme étant l'une des frontières de la Germania, il est clair qu'il décrit le pays situé à l'ouest de l'Escaut, ce qu'on prouvera définitivement tantôt en localisant les tribus qu'il mentionne. Et quand il parle de telle ou telle rive du Renus, il désigne chaque fois l'Escaut et garde l'esprit fixé sur le nord de la France.

Texte 2 :

Tacite poursuit son développement sur les us et coutumes des Germains (2). Ceux qui habitent près de l'Océan s'appellent Ingaevones (Saint Inglevert), ceux qui habitent le territoire médian se nomment Hermiones (Hermies) et les autres Istaevones (Estevelles), termes et dénominations qui n'apparaissent plus guère dans les sources écrites ultérieures. En Germanie on peut distinguer encore bien d'autres tribus ou peuples, ainsi les Marsi (Marcq près de Calais), les Gambrivi (Cambrin), les Suevi (près de Courtrai) et les Vandili (Waudignies). Le terme de Germania semble d'origine récente et en usage depuis peu: seulement depuis que les premiers Germains ont franchi le Renus (Escaut) et ont refoulé les Gaulois. Ils se nommaient d'abord Tungri (Tournai) puis Germains. (Remarque: quand se décidera-t-on enfin à traduire Tungri par Tournai et non pas par Tongres, ce qui est une erreur? - quant à la Thuringe, n'en parlons pas!!). Les Germains, poursuit Tacite, sont impétueux dans le combat. Ils chantent dans leur bouclier, qu'ils utilisent comme caisse de résonance. Asciburgium, ville toujours existante sise sur la rive du Renus-Escaut, dit-il, et Agrippina-Cologne sont les seules cités que Tacite nomme. L'interprétation courante qui fait d'Aciburgium Asberg peut donc rejoindre définitivement le royaume des fables. Il y avait deux Asciburgium: Aix-la-Chapelle et Auchy-au-Bois. Tacite pense à cette dernière, vu que Aix-la-Chapelle ne se situe ni sur le Renus ni sur l'Escaut. Il ne connaît ni Nimègue ni Xanten! Rien d'étonnant à cela: il n'y habitait pas de tribus germaines vu qu'en son temps on n'y rencontrait que des pionniers militaires. Les Germains tirent en grande partie leur vigueur du fait (4) qu'ils ne se sont jamais mêlés à d'autres peuples. Ils supportent mal la soif et la chaleur mais bien mieux le froid et la faim parce qu'ils y sont habitués par leur climat et leur sol.

 

Texte 3 :

Dans les chapitres 5-27, Tacite s'étend longuement sur le mode de vie et les coutumes des Germains; ce développement ne comporte pas de détails géographiques mais quelques particularités dignes d'être citées. "Du reste, il est notoire (16) que les peuples de la Germania n'habitent pas dans des villes. Ils n'affectionnent même pas les agglomérations; ils vivent séparés les uns des autres selon qu'une fontaine, un champ ou un bois leur plaît. Ils ne construisent pas leurs villages, comme chez nous, de maisons accolées mais chacun établit sa maison sur un espace libre, soit pour parer au danger d'incendie, soit parce qu'ils ne connaissent pas d'autre technique de construction. Ils ne disposent ni de briques ni de tuiles; pour toutes leurs constructions ils utilisent des troncs d'arbres non équarris sans se soucier de beauté ni d'agrément pour l'oeil. Certaines parties des maisons sont plus soigneusement crépies avec de la terre pure et brillante qui ressemble à de la peinture et présente des couleurs. Ils ont également coutume de creuser des trous dans le sol qu'ils couvrent d'un grand tas de bois à brûler, ce qui leur fournit un abri pour l'hiver et un silo pour le grain. C'est en effet grâce à ces caves qu'ils atténuent la rigueur du froid. Il arrive aussi que l'ennemi qui les attaque vole bien ce qu'il voit mais laisse échapper ce qui est caché et enfoui parce qu'il ne sait pas où il devrait chercher. (17) Pour s'habiller, ils utilisent un manteau maintenu par une broche ou fibule, ou à défaut par une épine. Ils passent des jours entiers près de leur âtre ou de leur feu sans autre vêtement. Les plus riches se distinguent par leur habillement qui n'est pas flottant comme celui des Sarmattae et des Parthi mais qui épouse étroitement les membres. Ils portent aussi des peaux de bêtes. Ceux qui habitent plus près de la côte le font avec une certaine nonchalance; ceux qui habitent plus à l'intérieur avec plus de soin, en hommes à qui le commerce ne permet guère la coquetterie. Pour ce faire, ils choisissent dans les peaux des monstres (aurochs) que leur fournit l'Extrême Océan (Océan Atlantique) les parties les plus bigarrées. Les femmes ne s'habillent pas différemment des hommes, mais elles portent également souvent des habits de lin qu'elles relèvent de pourpre. Le dessus de leur habit ne se termine pas par des manches. Leurs bras et leur poitrine restent nus; les bras et l'épaule restent également à découvert au-dessus de la poitrine."

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