Titre : Mythes & Histoire
 
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UNE NOUVELLE LECTURE DE LA GERMANIA DE TACITE
 

Après le milieu du IIIe siècle, les Romains ont abandonné les basses terres des Pays-Bas puisque par suite des transgressions cette partie des Pays-Bas, tout comme de larges secteurs de la Flandre du reste, n'étaient plus habitables. A partir de cette période Nimègue et Xanten constituent les points extrêmes de la langue de terre septentrionale désormais largement amputée. Les trois campements militaires distincts découverts à Nimègue, situés en des endroits différents et sans succession directe, montrent assez le caractère tout relatif de cette ligne de défense et attestent qu'elle ne fut même pas occupée en permanence, détail qui ne coïncide pas non plus avec l'idée d'un "limes germanicus". L'image que l'on a de Xanten s'inscrit tout entière dans ce même cadre, bien qu'il faille soumettre à un même examen critique qu'à Nimègue la tradition romaine et haute-médiévale de la ville. Elle ne s'identifiait en aucune façon avec Colonia Trajana, qui est Trazegnies, pas plus qu'avec Vetera qui est Verviers. La localisation à Xanten DE DEUX LOCALITES ROMAINES que les sources situent à 80 km l'une de l'autre, aurait déjà longtemps dû rendre évident qu'on se livrait à Xanten à une invraisemblable bouffonnerie, et qu'on soumettait en outre la Table de Peutinger à un inadmissible tripotage. Il convient de considérer comme un mythe le lien qu'on établit entre la ville, les martyrs de la légion thébaine et Saint Victor, bien qu'on ait trouvé à Xanten deux corps, très probablement du IVe siècle! Les mythes fourmillent de ce genre de coïncidences fortuites qu'on invoque pour "prouver" des légendes, tout en se gardant bien de toucher aux sources écrites.

Toutes les données qui concernent la légion thébaine nous mènent en Suisse et en Provence; il semble même que ce ne soit pas de là mais du nord-ouest de la France que Xanten ait reçu sa tradition et son culte de Saint Victor. Cette étude tout aussi nécessaire, qu'un autre la fasse: j'en ai déjà plus qu’assez sur les bras. Après le milieu du IIIe siècle, Nimègue et Xanten ont joué le rôle de POSTES-AVANCES du "limes germanicus", lequel s'était alors retiré très au sud, cependant que dans tout le territoire intermédiaire jusqu'à Cologne, il n'était plus question d'une quelconque occupation romaine. Qu'est-ce que les Romains auraient du reste bien pu avoir à craindre de la Rhénanie, de la Westphalie ou de la Basse-Saxe? Jusqu'au IXe siècle, ces régions n'apparaissent dans aucune source. Et ceci nous amène à l'ALBIS, à l'AMISIA et à la WISURGIS qui ne sont naturellement ni l'Elbe, ni l'Eems, ni la Wezer. Que celui qui veut s'esclaffer attende quelque peu. Ce problème sera déjà en grande partie élucidé quand nous parlerons de Ptolémée mais il sera traité en totalité dans le tome II avec les textes concernant la Frisia et la Saxonia. Pour Xanten voir aussi le texte 389.

12. Quand j'ai commencé à publier sur cette affaire en 1955, point n'était besoin d'être une voyante extralucide pour savoir ou pour subodorer comment elle se déroulerait. Pour moi je n'étais pas non plus parapsychologue, mais il m'est bien arrivé de temps à autre d'avoir un éclair de lucidité. Je n'ai plus aucune peine à reconnaître que j'ai gardé la Germania de Tacite sous le coude pour le règlement de comptes final.

 

Je rejette par avance tout reproche adressé à cette tactique, vu que j'ai A MAINTES REPRISES insisté sur l'absolue nécessité de se livrer à une nouvelle lecture des classiques.

Les spécialistes de l'antiquité, les historiens et les archéologues ont eu largement le temps de le faire, car on peut bien qualifier de large délai une trentaine d'années.

La patience professionnelle de l'archiviste que je suis m'a permis de rester paisiblement à attendre cette indispensable nouvelle étude. Et pourtant elle n'est pas venue, si bien qu'on a maintenant la preuve tangible que MES ADVERSAIRES N'ONT ENGAGE AUCUNE RECHERCHE, qu'ils se sont contentés de continuer à répéter les vieilles erreurs fondamentales sur la Germania et le nord de la France et que leur aveuglement les a même retenus d'aller consulter un des ouvrages les plus faciles des sources historiques, qui leur dessille d'un seul coup les yeux. Voilà des années que la question est devenue internationale. Des historiens flamands se sont parfois déchaînés plus encore que les néerlandais. Les Français ont surpassé les deux groupes en "frigidité" et en rejet massif. Alors qu'il semblait que l'historien français Georges Duby penchait de mon côté, il fut assiégé de lettres venues de Hollande et de Belgique le sommant de me retirer son soutien initial et de ne pas attaquer ses collègues.

Hé bien! voilà que Tacite ridiculise TOUT LE MICROCOSME ACADEMIQUE, en en faisant une assemblée de beaux parleurs, qui n'ont rien compris aux fondements même de l'histoire occidentale, qui n'ont même pas pris la peine de consulter les classiques et qui sombrent ainsi dans leurs collectives fanfaronnades. Les voilà UNE DEUXIEME FOIS échec et mat, parce qu'ils n'ont pas remarqué que le terme Renus signifie presque toujours Escaut chez les classiques, et UNE TROISIEME FOIS parce qu'ils n'ont pas décelé l'orientation sur l'ouest des auteurs classiques, eux qui après toutes les explications fournies ne veulent pas comprendre et après toutes les preuves produites essaient de nier.

Naturellement! Pour n'avoir pas remarqué l'orientation sur l'ouest, où voulez-vous qu'ils en viennent dans leur interprétation des textes ? La plus grande modestie et des années de silence s'imposent aux historiens français et flamands, de telle sorte qu'ils puissent se mettre à approfondir LES DEBUTS HISTORIQUES de leurs pays respectifs, qu'ils ne connaissent pas.

Quant aux historiens et archéologues néerlandais, qu'ils cessent à la fin des fins de tirer vers la Hollande les textes des auteurs classiques, écrits UN SIECLE AVANT QUE LE PREMIER ROMAIN N'AIT MIS LE PIED AUX PAYS-BAS, lesquels textes se succèdent sans désemparer avec les mêmes détails et les mêmes noms géographiques QUATRE SIECLES encore après que le dernier Romain y ait tourné les talons. Même si on laisse de côté tous les autres arguments et preuves, la simple chronologie les démasque déjà comme hâbleurs impénitents.

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