Titre : Mythes & Histoire
 
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La Germania des Anciens n'était pas l'Allemagne


 

PRESENTATION GENERALE DE L'OEUVRE

La présente traduction rassemble trois ouvrages posthumes publiés tous trois en 1997. Albert Delahaye y étudie par le menu ce que les auteurs de l’Antiquité, César, Strabon, Pline, Ptolémée, Tacite et le Géographe de Ravenne, entendent par Germania, du premier siècle avant Jésus-Christ (César) au septième après (Géographe de Ravenne). Le plus important de ces textes, placé pour cette raison en tête de l’ouvrage, est la Germania de Tacite.

En dépit de sa signification réelle, la Germania de Tacite est en grande partie à l’origine de l’idée fausse que l’on s’est faite de la Germania de l’Antiquité. Le malheur a en effet voulu que ce fût à Hersfeld en Hesse allemande qu’on en découvrit au XVe siècle le manuscrit. Les Allemands se l’approprièrent aussitôt, considérant que Tacite avait écrit pour l’Allemagne le pendant de ce que César avait écrit pour la Gaule.

Hélas ! La Germanie du XVe siècle, née d’un glissement vers le nord-est de populations de l’ancienne Germania provoqué en partie par les massacres et déportations de Charlemagne, en partie par les raids normands, en partie par un atavique « Drang nach Osten » (cet Osten étant plutôt le nord du fait de « l’orientation sur l’ouest »), n’avait plus rien à voir avec la Germania des Anciens.

Les Allemands auraient pourtant pu s’en aviser. Outre l’invraisemblance d’une dispersion des tribus germaniques de la Scandinavie à la Russie, en des contrées où aucun Romain n’avait jamais mis les pieds, outre l’impossibilité de localiser raisonnablement en Allemagne la plupart des toponymes des sources, la totale incompatibilité de la Germanie de César avec leur pays aurait dû les alerter.

En effet « … les derniers éditeurs allemands de César considèrent comme des interpolations la plupart des passages géographiques du Bellum Gallicum.

L’édition Meusel, l’édition Klotz mettent entre crochets des chapitres entiers. » (voir note 1) (César, Guerre des Gaules, Texte établi et traduit par L.-A. Constans, Paris « Les Belles lettres », Introduction, p. XIV).

Si les moines des scriptoria avaient bel et bien une fâcheuse tendance à la dyslexie ou à la dysgraphie, s’il leur arrivait d’imposer par une interpolation leur propre interprétation du texte, il est exclu qu’ils aient pu sucer de leur pouce la quasi-totalité des notations géographiques de César sur la Germania (des chapitres entiers !). Mais allez donc faire comprendre à un Allemand que la seule conclusion qui s’impose alors, c’est que la Germania des Anciens n’a rien à voir avec l’Allemagne.

L’étude minutieuse des textes amène Delahaye à cette même conclusion. La Germania des Anciens, c’est essentiellement la Flandre (surtout la française, y compris le Boulonnais et l’Artois). Cette Germania échappa à une sanglante conquête par une décision de l’empereur Claude, confortée et pérennisée ensuite par Trajan. A partir de ces empereurs, l’empire romain préféra une politique de pacification et de coexistence à un écrasement brutal de tribus germaniques rebelles à toute sujétion.

On peut donc condamner au pilon tous les ouvrages fort savants et fort contradictoires sur la frontière linguistique : si le sud de la Germania a bien connu une romanisation progressive, la langue flamande de Flandre française, dont l’antiquité crève les yeux et que votre serviteur parle toujours, n’est en rien le produit de Völkerwanderungen (Grandes invasions germaniques) mythiques qu’on n’a inventées que pour rabibocher une histoire altérée par une fausse conception de la Germania.

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SE PROCURER L'OUVRAGE

La Germania des Anciens n'était pas l'Allemagne est un fort volume A4 de 386 pages.

I.S.B.N. 978-2-9531219-6-4

Il est vendu au prix de 35 euros + 5 euros de port. La commande accompagnée de son chèque est à adresser à Jacques Fermaut, 13, rue de l'église, 59380 BIERNE.


 

On mesure les immenses conséquences de cette rectification historique. Si le déménagement de la Bataille de Teutoburg dans la contrée de Thiembronne à partir d’une Teutoburger Wald imaginée en 1616 par Philipp Clüver pour rebaptiser l’Osning n’est qu’un détail de l’histoire, on voit bien que toute l’historiographie du premier millénaire requiert un profond réexamen et une fondamentale réécriture et que nous pouvons retoucher voire oublier quelques-unes des plus pittoresques images d’Epinal qui peuplent notre mémoire collective.

Peut-être est-ce l’occasion de regarder l’histoire d’un point de vue un peu plus européen et de prendre conscience des liens anciens et profonds, en dépit d’antagonismes séculaires et fratricides, qui unissent une France fondée par les tribus germaniques des Francs, dont le berceau était le Tournaisis et le Courtraisis, à une Allemagne née au IXe siècle, tout comme, deux siècles plus tard, les Pays-Bas, de la même Germania.

Note 1 : Les Allemands semblent du reste avoir une curieuse propension à nier purement et simplement tout ce qui s'oppose à leur vue de l'histoire au lieu de la remettre tout simplement en question. C'est ainsi qu'à la suite des Russes Anatoli Fomenko et Nikolai Alexandovich Morozov, les Allemands Eugen Gabowitsch, Uwe Topper, Livraga Ricci et Heribert Illig considèrent qu'une bonne partie de l'histoire médiévale (quelque 300 ans !) n'a jamais existé et ont la bouche pleine de Fantomzeit (époque fantôme).

Heribert Illig (DAS ERFUNDENE MITTELALTER, Die grösste Zeitfälschung der Geschichte, Econ Verlag, ISBN 3-430-14953-3) affirme ainsi que Charlemagne est un personnage de fiction.

Fils de Berthe-au-Grand-Pied (alias Bertrade de Laon), né dans la région de Noyon (Urbs regalis, ville de son couronnement royal) où il a résidé la plus grande partie de sa vie avant de gagner Aquis qui était très probablement Ascq (qu'on trouve sous la forme Aques sur quantité de cartes anciennes) et non Aix-La-Chapelle (où l'archéologie est singulièrement muette à son époque), Charlemagne n'a sans doute pas grand-chose à voir avec l'Allemagne. Solution allemande : à la trappe !

Ces théories récentistes sont fort peu et fort mal représentées en France et pour cause : ni l'histoire ni l'archéologie françaises ne présentent les lacunes de leurs homologues allemandes ! Seul François de Sarre, dans Où est donc passé le Moyen Age ?, leur emboîte le pas et va même jusqu'à renchérir : selon lui la période du VIe au XVIe siècle n'aurait jamais existé !

Qu'il y ait eu des erreurs de quelques années dans la chronologie, c'est fort probable et même avéré dans certains cas. Mais que nos ancêtres aient pu dans leur ensemble être de parfaits nigauds capables de se voir refiler avec une naïve crédulité trois siècles d'histoire ou plus qui n'auraient jamais existé, c'est bien là l'expression de la prétention de notre époque et du dédain pour celles qui l'ont précédée. Régine Pernoud a bien raison de dénoncer cette attitude de mépris dans son remarquable Pour en finir avec le moyen âge. Il serait bon que quelqu'un écrivît un pamphlet comparable contre les récentistes.

On me pardonnera de voir dans toutes ces élucubrations, du reste d'ores et déjà contestées, une bonne preuve qu'Albert Delahaye a raison.

J'avais déjà écrit ce texte depuis un certain temps quand j'ai découvert sur le site Egalité et réconciliation, trois excellentes vidéos de Claire Colombi et Marion Sigaud qui balaient définitivement les absurdes thèses récentistes: http://www.egalitéetreconciliation.fr/Le-recentisme-a-l'examen-par-Marion-Sigaut-et-Claire-Colombi-30446.html ... 30870.html et ... 31719.html

 

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