Titre : Mythes & Histoire
 
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INTRODUCTION DE "DEPLACEMENTS HISTORIQUES"
 

Le problème des mythes néerlandais est en fait d'ordre géographique et non pas historique. C'est là une distinction capitale que certains semblent ne pouvoir (ou ne vouloir) comprendre, si bien qu'ils me reprochent tout à fait à tort de nier des faits que je me contente de resituer à leur place. Quand je fais remarquer qu'il existe dans le Nord de la France un Hamaburg où les évêques des Saxons résidaient, et qu'un critique s'écrie avec indignation : "C'est maintenant Hambourg qu'il se propose de déménager en France", ou bien la malignité le pousse à dénaturer la question, ou bien il n'y a rien compris. En demandant si le Hammaburg des textes anciens désigne bien Hambourg, je ne déménage pas Hambourg, je me contente de rectifier les interprétations par trop hâtives de certains. Qu'on cesse donc à la fin d'agiter des sophismes transparents pour tout spécialiste, mais qui ne laissent pas d'impressionner le profane incapable de discerner la fausseté de leur conclusion. J'entends fausseté dans ses deux acceptions : d'abord en tant qu'inexactitude scientifique, mais aussi en tant que volonté consciente d'égarer autrui

5. Publication de l'opus magnum «Vraagstukken».

En 1965/1966 parut mon livre "Vraagstukken in de historische geografie van Nederland" (deux tomes) (questions sur la géographie historique des Pays-Bas). Est-il besoin de dire que cet ouvrage fut rejeté en bloc par la science historique "officielle"', sans discussion ni controverse : on aurait peine à s'imaginer le silence de plomb qui recouvrit les preuves que j'apportais ; mais on ne se priva pas d'égarer l'opinion en épinglant tel ou tel détail insignifiant et sans portée pour mes thèses. Quant aux mythes dont il est prouvé que leur première rédaction par des gens d'ailleurs incompétents ne remonte qu'au XIIe siècle au plus tôt, pas question d'en démordre ! Dans "Vraagstukken …," je m'étais contenté de signaler en passant le mythe des Normands aux Pays-Bas : j'avais l'intention de traiter par la suite et séparément ce sujet et de l'épuiser autant que faire se pourrait. J'y étais donc décidé dès 1965, parce que je n'avais pas manqué entre-temps de m'aviser qu'il me faudrait faire preuve de patience : il est donc faux de prétendre que je veux prouver une erreur par une autre. Je pensais au contraire bien faire en subdivisant le stock de mythes de peur d'en perdre en route. En janvier 1977, parut "De Mythe van de Normannen in Nederland" (le Mythe des Normands aux Pays-Bas), où j'ai resitué les relations des prétendues invasions des Pays-Bas dans les chroniques et les textes originaux

 

dont on les avait tirées au mépris de tout sens critique et sans égards pour le contexte. Il en découlait deux évidences dont chacun pouvait se convaincre : il n'y a plus aucune raison de situer aux Pays-Bas ne serait-ce qu'une seule information concernant les Normands, leurs attaques contre Noviomagus, Trajectum, Dorestadum, l'Ile des Bataves et Walacria étant toujours mentionnées après leur débarquement sur la côte ouest de la France, parfois même juste après la mention de villes françaises.

6. « Déplacements historiques », version grand public de « Vraagstukken »

L'ouvrage "Vraagstukken..." est indigeste pour le profane. Celui-ci en est un résumé. Divers éléments qui m'apparaissaient alors importants ne justifient pas un nouvel exposé. Après 1966, j'ai continué mes recherches sans désemparer, si bien que je suis aujourd'hui en mesure de fournir beaucoup de détails nouveaux, surtout en ce qui concerne la détermination et la localisation des rivières et de toponymes. Dans le présent ouvrage, j'ai laissé de côté les notes parce qu'on peut en trouver le détail dans "Vraagstukken..". Dans la plupart des cas, je joins aux citations ou emprunts aux textes anciens (du reste universellement connus) la mention de l'auteur et de l'œuvre, ce qui permet au spécialiste une facile consultation des sources et épargne au profane un appareil scientifique sans grand intérêt pour lui. J'ai pris soin de compléter le texte par quelques cartes indispensables où, en principe, on trouvera mentionnés tous les cours d'eau et toponymes cités dans le livre. Il peut se trouver que tel ou tel toponyme secondaire ne s'y trouve pas porté : en ce cas, le texte ne manquera pas de signaler auprès de quel toponyme plus important il se situe. J'aurais pu être tenté d'engager avec mes critiques une discussion de leurs preuves et arguments en faveur des traditions historique s, quelque indigne de la science que soit la plupart du temps leur argumentation. Dans cet ouvrage, j'ai cependant évité autant que possible la polémique parce qu'elle est généralement stérile et ne fait qu'aggraver une animosité, dont le rôle dès l'abord n'a été que trop important dans cette affaire. Qu'il me soit permis de regarder les faits avec lucidité et objectivité. Comme on dit en politique : faisons une fois encore le tour de la question. Si mon premier livre a trop vite coulé de ma plume, par la suite c'est à dessein que j'ai temporisé. Plus de seize ans après "Vraagstukken ...", je crois l'heure venue de ne plus me limiter aux scientifiques et d'exposer cette question au grand public :

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