Dans la plupart des cas, je joins aux citations ou emprunts aux textes anciens (du reste
universellement connus) la mention de l'auteur et de l'œuvre, ce qui permet au spécialiste une facile
consultation des sources et épargne au profane un appareil scientifique sans grand intérêt pour lui. J'ai pris soin
de compléter le texte par quelques cartes indispensables où, en principe, on trouvera mentionnés tous les cours
d'eau et toponymes cités dans le livre. Il peut se trouver que tel ou tel toponyme secondaire ne s'y trouve pas porté
: en ce cas, le texte ne manquera pas de signaler auprès de quel toponyme plus important il se situe.
J'aurais pu être tenté d'engager avec mes critiques une discussion de leurs preuves et
arguments en faveur des traditions historiques, quelque indigne de la science que soit la plupart du temps leur
argumentation. Dans cet ouvrage, j'ai cependant évité autant que possible la polémique parce qu'elle est généralement
stérile et ne fait qu'aggraver une animosité, dont le rôle dès l'abord n'a été que trop important dans cette affaire.
Qu'il me soit permis de regarder les faits avec lucidité et objectivité. Comme on dit en politique : faisons une fois
encore le tour de la question. Si mon premier livre a trop vite coulé de ma plume, par la suite c'est à dessein que j'ai
temporisé. Plus de seize ans après "Vraagstukken ...", je crois l'heure venue de ne plus me limiter aux
scientifiques et d'exposer cette question au grand public : j'ai pleine confiance que son bon sens lui inspirera la
réaction qui convient. C'est un secret de Polichinelle, même si l'on n'ose aborder ce sujet-tabou, que bon nombre de
spécialistes et de profanes ne peuvent faire taire les doutes que leur inspire l'histoire officielle des Pays-Bas
jusqu'au Xè siècle. Pourtant je ne me dissimule pas le risque que beaucoup puissent trouver trop radicale ma
dénonciation des mythes. Il m'arrive de traiter d'une objection ou d'un argument contraire, d'ailleurs sans nommer son
auteur, quand l'objection est sérieuse. Si je la passais sous silence, on aurait l'impression qu'elle m'embarrasse.
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Si j'omets les noms de mes contradicteurs (les initiés les connaissent),
c'est pour une autre raison. J'ai réfuté quatre professeurs d'Université qui se fourraient dans cette affaire en
avançant des arguments tout à fait inexacts ou insuffisants, si bien que chacun a pu percer à jour leurs sophismes ;
à preuve : ils ont la sagesse de ne plus s'y frotter. Mais n'allez pas croire que cela leur ait inspiré la moindre
rectification ou la moindre excuse au public qui y aurait pourtant eu droit pour s'être laissé guider, comme c'est
naturel, par ces spécialistes professionnels. Oh que non ! Cela n'a fait qu'ajouter du venin à leurs réactions. Quand
le dépit s'en mêle, on fait bon marché de l'éthique !
7. Questions et problèmes auxquels les critiques échouent à répondre.
C'est pourquoi, plutôt que d'engager une polémique aussi inutile qu'inopportune, j'ai estimé
préférable d'établir une liste des questions et sujets auxquels mes critiques, après mes publications précédentes, n'ont
pu apporter de réponse sensée, et des points, parfois d'importance capitale, qu'ils ont complètement passés sous silence.
On ne saurait admettre plus longtemps que certains continuent à proclamer une prétendue vérité historique en s'en tenant
à des lieux communs, sans même prendre en considération. les preuves et arguments qui l'infirment. Cette liste permet en
même temps un joli survol des questions en suspens. Elle ne se propose pas d'emporter l'adhésion : son objectif propre
est de rendre manifeste combien il y a lieu de jeter un regard critique et de se poser des questions sur l'histoire
néerlandaise jusqu'au Xè siècle. Je la limite aux points essentiels : il m'aurait été facile d'en tripler la
longueur. Questions et remarques sont énoncées brièvement puisque je les développe plus loin. Les voici, dans l'ordre
approximatif des chapitres :
- On n'a fourni aucune preuve de l'existence d'une résidence carolingienne à Nimègue.
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