que m'aurait insufflée le Saint, mais de l'exceptionnel intérêt avec lequel j'ai analysé l'un des
actes où le théologien et l'historien qu'il était, fait part d'une de ses intentions. En 1272, le Saint vint à Nimègue
en qualité de coadjuteur de l'évêque de Cologne pour y consacrer la nouvelle église dédiée à Saint Etienne dans le
centre de la cité. A cette occasion, il prescrivit à la paroisse d'organiser chaque année une procession vers l'ancienne
église et le cimetière du Valkhof en commémoration des fidèles qui y étaient enterrés. Il en découle nécessairement deux
importantes conclusions : d'une part, qu'avant la construction du palais de Frédéric Barberousse, qui se dressera en 1155
sur le Valkhof, le Valkhof constituait le domaine paroissial de Nimègue, d'autre part, que la Chapelle Saint Nicolas
était la première église paroissiale de Nimègue. Le choix du patron et le style de construction de cette dernière
prouvent qu'elle n'a pu apparaître au plus tôt que vers la fin du XIe siècle, ce qui lui interdit de prétendre au titre
de chapelle "carolingienne". Ce titre usurpé et l'erreur de datation de l'église qui en découle nous amènent à formuler
l'importante considération suivante :
Il est impossible d'admettre que la paroisse de Nimègue ait pu fonder une église et un cimetière
au cœur même d'un domaine impérial. En d'autres termes, à cette époque, le Valkhof n'était pas encore une possession
impériale, ou si vous préférez un vestige de domaine carolingien. Si l'on avait bien saisi l'exacte portée de la
prescription de Saint Albert Le Grand et surtout les quelques déductions capitales qu'il convient d'en tirer, il y a
belle lurette que le mythe de Nimègue aurait été éclairci : c'eût été l'aube d'un jour de vérité pour le reste des
Pays-Bas.
Je remercie le Conseil Municipal de Tournehem-sur-la-Hem. qui par délibération du 5 septembre
1978 m'a nommé "Archiviste Honoraire" de la ville, titre dont je suis fier. Jusqu'ici ma contribution était purement
volontaire; la poursuite de mon travail est maintenant devenue une obligation...
Albert Delahaye ZUNDERT/PAYS-BAS, 1982