Titre : Mythes & Histoire
 
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AVIS DU TRADUCTEUR AUX LECTEURS






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Alphabet frison donné par Ottema dans son édition de l'Oera Linda-boek.

On remarquera le grand nombre de voyelles, particulièrement bien adaptées à la transcription du vieux frison, ainsi que la présence d'un caractère particulier pour le n vélaire (ng).

Les chiffres également trouvent ici une dérivation logique.


 

Les nombreuses étymologies cocasses pouvaient également faire douter du sérieux de l’œuvre : ainsi Himallaya signifierait « qui atteint le ciel » (himal = ciel et lâja, atteindre). Mais nous connaissons tous des étymologies populaires du même tonneau. Il existe à Bailleul une Haeghedoorn (= aubépine) qu’on a traduite par L’Âge d’Or. A Rubrouck, la Veenstraat (= rue de la tourbe) s’est muée en Rue de Vénus. Non loin de Bergues, le Pont De Visscher (Visschers Brugge, appelé Bisscop Brugge dans Sanderus : le 4e évêque du diocèse d’Ypres, dont dépendait Bergues, était le Berguois Jan De Visscher) sur le chemin de la ferme abbatiale de ‘s Abshof porte maintenant le nom grand-guignolesque de Pont-à-Poissons ! Etc.

La langue elle aussi nourrissait la méfiance : ni franchement frisonne, ni franchement néerlandaise, hormis la syntaxe, affublée à l’ancienne de finales sonores, somme toute assez facilement compréhensible par un néerlandophone cultivé, elle restait unique en son genre. Un certain flou dans l’utilisation des conjugaisons et des déclinaisons ainsi qu’un certain éclectisme du vocabulaire ne paraissaient pas non plus du meilleur aloi. L'impossible invariabilité de la langue au cours des nombreux siècles qu’aurait duré l’élaboration et la rédaction du Oera Linda-boek achevait de convaincre les sceptiques, les autres invoquant les multiples transcriptions.

Réception

Aux Pays-Bas, les plus fins limiers s’acharnaient à découvrir l’auteur de ce qu’on y considérait généralement comme un faux. Pour les uns, c’était Cornelis over de Linden. D’autres estimaient cet autodidacte incapable d’une telle œuvre et l’attribuaient à Eelco Verwijs, éminent linguiste et historien de la littérature. En dépit du flot de publications concernant l’Oera Linda-boek – près de 1000 à ce jour –, on échouait toutefois à en établir la paternité. Cette séculaire incapacité faisait germer chez certains l’idée qu'après tout l'ouvrage était peut-être quand même bien authentique.

C’était notamment le cas du savantissime Frans J. Los, historien, ethnologue, docteur en philosophie, docteur en géographie sociale, docteur en philologie, etc. Dans son livre Die Ura Linda Handschriften als Geschichtsquelle (W.J. Pieters, 1972), Los estimait que si l’on retranchait mille ans à la date de référence du manuscrit et si l’on remettait de l’ordre dans les feuillets, on arrivait à une datation compatible avec ce que l’histoire et l’archéologie nous ont appris depuis la parution du Oera Linda-boek. Le fait qu’on y évoquât des données ignorées au XIXe siècle et donc inconnues d’un éventuel faussaire lui paraissait plaider en faveur de son authenticité.

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