Titre : Mythes & Histoire
 
images/protect.gif
images/menu_top.jpg
images/menu_bot.jpg
images/protect.gif
images/expose_top.gif

Le terrier de Bierne - 1567 - p. 5


 

7 schellings par an sur sept mesures de terre s’étendant au sud jusqu’à la becque24 et à la terre de ma damoiselle susdite, l’extrémité nord arrivant jusque den Berchwech25 allant de Bergues à Crochte, jouxtant avec son côté est le verger et la ferme de ma damoiselle susdite et des siens.

k La même damoiselle et les siens que ci-dessus (on ajouté au-dessus : locataire Vincent BERTELOOT, et en marge : modo gentilhomme Bernaert QUAETJONCK et Caerlotte la soeur de sa femme) via Jan VANDER HOIJMIJLE

7 schellings 4 deniers, par an sur deux mesures de terre s’étendant au sud jusqu’au Berchwech  susdit vers Crochte, l’extrémité nord jusqu’à la route menant à Steenmulne26, jouxtant par son côté est le fief27 de Jan CORTEWILLE et la terre du nouveau cloître (den nieuwen clooster)28 et par son côté ouest le fief de ma damoiselle veuve de Jan DABBITS susdite (On a ajouté dessous - mais biffé - : cet assignement précédent, elle l'a acheté à ).

(l) Kerls LOOPIN du fait de son épouse (on a ajouté au-dessus : Andries VAN ZUUDTPEENE, Jan DE SCHODT du fait de son épouse, et encore au-dessus : modo maître Jacques DE BLONDE par achat) via Dederyck BUEDINS

25 deniers par an sur une pièce de terre appelée de Hane29, s’étendant au sud jusqu’au Berchwech susdit vers Crochte et au nord jusqu’à une ferme délabrée appelée de Vate30, jouxtant par son côté est le fief de damoiselle veuve de Jan DABBITS, et par son côté ouest la terre du Kerls susdit.

Texte original :

k De zelve joncvrauwe cum suis als vooren (hierboven staat: pachter Vincent BERTELOOT, en in margine: modo jor Bernaert QUAETJONCK ende Caerlotte zyn huysvrauwes zuuster) over Jan VANDER HOIJMIJLE vij s. iiij d. siaers vp twee ghemeten landts, streckende zuut totten voornomden Berwech naer Crochte, den noorthent ieghens de strate loopende naer Steenmulne, zydende metter oostzyde ieghens tleen van Jan CORTEWILLE ende tlandt vanden nieuwen clooster ende metter westzyde ieghens tleen van minne joncvrauwe relicta Jan DABBITS voorseyt. (Hieronder staat -maar is doorgehaald-: dit voorgaende assignement heeft zoe ghecocht ieghens).

(l) Kerls LOOPIN ad causam uxoris (hierboven staat: Andries VAN ZUUDTPEENE, Jan DE SCHODT ad causam uxoris, en daarboven staat: modo mre. Jacques DE BLONDE bij coope) over Dederyck BUEDINS xxv d. siaers vp een stick landts, ghenaempt de Hane, streckende zuut totten voornomden Berchwech naer Crochte ende noort ieghens een vervallen hofsteide, ghenaempt de Vate, zydende metter oostzyde ieghens tleen joncvrauwe relicta Jan DABBITS ende metter westzyde ieghens tlandt van Kerls voorseyt.


 

Notes

(24) Le mot est intéressant : si l'on parle de becque (ru, ruisseau), il s'agit d'un cours d'eau naturel : on ne se trouve donc pas en terrain de wateringues, asséché par la main de l'homme, où l'on rencontre les termes -dyck (de delven, creuser) et -gracht (de graven, creuser, fouir). Un vieil ouvrier des wateringues rencontré récemment à Looberghe près du Schardauwe Gracht m'a raconté qu'il avait jadis curé les watergangs à la main. Ce travail très pénible se faisait avec une longue bêche en bois, étroite et légèrement courbée vers l'avant, appelée schoate, et qu'on ne trouvait plus qu'en Belgique. La boue était rejetée sur les rives. Le soir, l'ouvrier rentrait trempé chez lui.

(25)  Den Berchwech, le chemin de Bergues : il s’agit de la route, bien chahutée près du village par l’autoroute, qui relie Bierne à Crochte, où elle rejoint et traverse l’antique Looweg.

(26) Steenmulne pourrait aussi se traduire par moulin de briques, steen signifiant certes pierre mais baksteen, parfois raccourci en steen, signifiant brique. Outre quatre moulins à vent sur pivot proches de Bergues, la Carte de Cassini, beaucoup plus tardive (XVIIIe, voir page 3 de "Mon village de Bierne"), signale un Mullevelt (champ du moulin) au carrefour de la route du château de Steene à Bergues avec celle de Bierne à Socx, au bord du Bierendyck. Sur la carte IGN 1 :25.000, on retrouve un Meulen veld houck dans l’angle formé par la voie express et la D 352 qui prolonge actuellement la Moordenaere Straete (rue du meurtrier à moins qu’il ne faille lire Moerenaere – auquel on aurait ajouté un d hypercorrect - Straete - rue des Moeres ou du marais – actuellement la plus haute rue piétonne de Bierne – la Moordenaere Straete se continuant jadis le long de l’Hout Gracht et du Marais). La butte sur laquelle se trouve la maison de Monsieur et Madame Fruleux serait-elle un vestige de cet ancien moulin ? Monsieur Emile Delassus dit que la tradition familiale le place près de la ferme de Louis Janssen. C'est beaucoup plus probable. Toutefois, l'absence d'article paraît indiquer qu'il s'agit à l'époque d'un lieudit, ce que semble confirmer la citation qui suit.

Dans l’HISTOIRE POLITIQUE ET RELIGIEUSE DE BERGUES-SAINT-WINOC de l’Abbé HARRAU, tome 1, page 324, on peut lire :

« 15. Autres seigneuries mouvant du Péron (de Bergues) : Lardier de Bergues (FF-214), Monswalle, Meulevelt (en note : Cour féodale avec bailli, échevins et homme de fief (arch. Mun. LL.-414)) ou Vicq à Bierne. En 1603, dame Marie Uphooge, douairière de Messire Henri de Vicq, seigneur d’Oosthove, à Nieppe, en fit don à son fils Henri de Vicq. Ce fief fut possédé par cette famille jusqu’en juillet 1771, époque à laquelle Ghislain de Vicq, baron de Cumplig, s’en dessaisit. Bierenhof figure comme fief principal de cette terre. Cette seigneurie, tenue du Péron, comptait un foncier de 40 mesures avec trois arrière-fiefs. Le domaine, comprenant la ferme de Bierenhof, s’étendait dans les communes de Bierne et de Steene et mesurait, en 1853, 29 hectares, 96 cent. de terre. Elle fut jusqu’à nos jours (Harrau édita son ouvrage en 1906) la propriété de la famille de Bavelaere. »

(27) tleen notez comme ailleurs l’accolement de l’article au nom : on écrirait maintenant ‘t leen (pour het leen, le fief). Il s’agissait donc d’une terre relevant d’une seigneurie, ce qui n’implique pas forcément la noblesse de son exploitant.

(28) Nouveau Cloître, ici on ne précise plus hors les murs de Bergues. S’agit-il du même que celui qui est qualifié ainsi plus haut et que, dans son HISTOIRE de Bergues, l’abbé Harrau (cf. note 26 sur cette même page) appelle, page 170, « le Nouveau Cloître (abbaye des Victorines) ». S’il s’agit du Nouveau Cloître à l’intérieur de l’enceinte de Bergues, le plan de Bergues de Jacques de la Fontaine signale un Nieuwclooster sur le flanc droit de l’église Saint-Martin. A la note 20 page 4, je signale que Stéphane Riem pense que le nouveau cloître hors les murs est plutôt le cloître des Sœurs Noires de Rosendael, fondées en 1480 par Filips van Haverskerke, doyen de Bergues-Saint-Winoc.

(29) De Hane signifie Le Coq.

(30) De Vate signifie la Mare, l’Abreuvoir. Le terrier de Bierne signale plusieurs fermes en ruines et de nouvelles constructions. N’oublions pas qu’il a été composé 9 ans seulement après la énième attaque destructrice des troupes françaises cette fois sous le commandement du Maréchal de Thermes (1558) : le sac de Bergues ne laissa que 17 maisons debout ! On imagine les déprédations perpétrées dans les campagnes par une soldatesque sans foi ni loi ! Voir à ce sujet l’HISTOIRE POLITIQUE ET RELIGIEUSE DE BERGUES-SAINT-WINOC DEPUIS SON ORIGINE JUSQU'A NOS JOURS (1906), par l’Abbé Harrau, tome 1 pp. 160-165. Le traitement réservé par les gens de chez nous aux soldats français capturés après la cinglante défaite infligée au Maréchal de Thermes devant Gravelines par le Comte d’Egmont fut à la mesure de cette barbarie : « les femmes, qui avaient vu massacrer leurs enfants et leurs maris, aveuglaient les malheureux captifs avec des aiguilles, les déchiraient avec les ongles et les dents. » (p. 165)  

images/expose_bot.gif
Vers page précédentef  Vers le haut de la Page  Vers la page suivante