Notes
(31) Alsteen, littéralement tout pierre !
(32) Le texte original donne preter, mot
dont Verdam me dit qu'il signifie
garde forestier ou champêtre, ce qui ne
peut être le cas ici. Les gens instruits connaissant tous le latin, il se peut
qu'il s’agisse du latin
praeter prononcé preter.
Hélas, dans ma première version, je n'avais pas choisi la bonne traduction de
ce mot dont le sens premier est excepté, hormis. Stefaan Riem me signale que le
paléographe qu'il est a souvent rencontré ce mot et toujours avec la
signification de moins. J'ai corrigé en conséquence.
(33) Ten huusveldte, littéralement au champ ou
à la plaine de la maison.
(34) De Hondtgracht : ce toponyme est extrêmement intéressant. Il confirme en effet ce que je subodore depuis longtemps, à savoir que ce que l’on appelle aujourd’hui
Houtgracht (apparemment canal ou watergang au bois), a été l’objet d’un westingwaeonisme : on appelle ainsi le phénomène de la suppression du
n dans notre flamand : comparez Dixmude – la bouche du fossé - et Dendermonde – la bouche du Dender -, ou le néerlandais stond –
se tenait debout – et le flamand stoeg, etc. –. Il provient en réalité de
Hontegracht, watergang du chenal de marée. Dans le n° 333 de la REVUE DU NORD Archéologie, page 67, l’archéologue Philippe Ducrocq, se pose la question : «
Hout Gracht (chenal de marée ?) ». Le terrier de Bierne lui répond oui. A des époques très reculées, avant l’apparition des dunes et l’édification des digues, remontant l’antique
Gersta – site de l’actuel canal Bergues-Dunkerque – et la dépression du
Koe Dyck d’une part et le Deullaert de l’autre, la marée devait très probablement remonter l’actuel
Houtgracht.
On retrouve cet élément Honte – chenal
de marée notamment pour l’Escaut occidental, toujours appelé ainsi sur les cartes de la Belgique, et dans le nom d’Hondschoote qui signifie
éminence (de 5 à 9 mètres) du chenal de marée. Ce chenal était l’accès au port d’Hondschoote, devenu fluvial entre-temps, et qu’on a malheureusement comblé en 1969. On le retrouve un peu plus loin sur les cartes d’Etat major sous la forme
Le Chien, un cuistre ayant éprouvé le besoin de traduire De Honte (le chenal
de marée) comme
de hond (le chien) : il est criminel de traduire les toponymes !!! Il faut dire à sa décharge que le
"savantissime" Gijsseling ne fait pas mieux dans son TOPONYMISCH WOORDENBOEK en deux gros volumes et que l’Office de tourisme d’Hondschoote décroche haut la main la timbale en traduisant le nom de sa ville par « enclos des Huns » !!!! Tant qu’à faire, yourte serait plus poétique ! Mieux ! il n’en démord pas malgré plusieurs courriels de ma part. A Warhem, à côté du lieudit De Honte (à la côte 0), stupidement traduit par Le Chien, on trouve ‘t Kamtje, la petite crête (3 mètres) qui en constituait la rive. Toute une série de cartes françaises – même la célèbre carte de Cassini - traduisent
‘t Kamtje aussi stupidement par Le Peigne, kam signifiant certes crête mais aussi peigne en flamand ; quant au diminutif -tje, on l’ignore !
(35) Curé se dit paster en flamand actuel. Le terrier emploie le terme prochiepape.
On précise prochiepape (pape de paroisse) parce que le mot pape désigne aussi les moines : on
appelait par exemple Witte Papen les Moines Augustins.
On retrouve l'élément pape dans la toponymie locale (il y a un Papeveld – champ du curé ou des moines – à Cappelle-la-Grande et des Pape Moeren – Moeres du curé ou des moines - près d’Hondschoote) et sur une des cloches du carillon d’Esquelbecq. Le terme a parfois été utilisé comme injure par les Protestants : songez à papiste !
(36) Le GLOSSAIRE du Dr. Lemaire (p. 167) nous apprend que « La rasière de Bergues équivalait à 144 litres, 1 soit 64 pots à la bière. (Mais ici il ne s’agit pas de bière.) […]
D’après l’arrêté préfectoral de l’an X (donc beaucoup plus tard !) elle valait 14 décalitres, 410 pour les grains […]. En 1709 une rasière de Bergues pesait en froment 212 livres. »
(37) A spende, spinde, spijnde, spynd (dont le présent
spyndekin est un diminutif), le MIDDELNEDERLANDS WOORDENBOEK de Verdam (La Haye, Martinus Nijhoff, 1932) donne la définition suivante (je traduis) 1.
distribution de nourriture aux indigents, dons de charité, aumône ; également ce qui est distribué. 2.
cellier ou réserve de nourriture ; armoire à provisions, armoire. A Winnezeele, on emploie le mot au diminutif (prononcé spyndeghe) pour désigner un petit garde-manger recouvert de fin grillage moustiquaire – contre les insectes et les souris – disposé dans la cave.
Toutefois, à en juger par le sous-titre du présent Terrier, il est plus que probable qu’il s’agit ici d’une mesure de grain (voir note 102, page 18), le spint, faisant une trentaine de litres. L’item xxx emploie le même mot pour désigner une mesure d’avoine.).
Stefaan Riem me signale que P. Vandewalle assigne une contenance de 36,25 litres
au spint de la châtellenie de Bergues, tout en faisant référence à une
publication de Bigwood qui opte pour 34,79. Mais pourquoi le diminutif ?