Titre : Mythes & Histoire
 
images/protect.gif
images/menu_top.jpg
images/menu_bot.jpg
images/protect.gif
images/expose_top.gif

Le terrier de Bierne - 1567 - p. 9


 

z Joris RAPE le vieux (on a ajouté au-dessus : modo maintenant Jooris RAPE fils de Bussaerts, nv Jooris WILLIERON par partage (ou héritage) et en marge : modo en l'an 1637 cette pièce appartient à la veuve de Jan GHEERSTEN et cette Vanghenesse49 se trouve au sud de l'article mentionné ci-après sous la cote ee qui appartient également à la même veuve) via Vincent DIEMAERE

2 schellings par an sur 9 quartiers de terre un petit plus ou moins appelés des temps anciens de Vanghenesse49, s’étendant à l’est jusqu’à la terre de Passchier WEINSSOONE du fait de son épouse et Bollaertsmeet50, l’extrémité ouest jouxtant la route, l’extrémité sud jouxtant la terre de l’hôpital des Magdaleenen51 hors les murs de Bergues, l’extrémité nord jouxtant la terre de Joos VAN HONDEGHEEM, Heinderyck MATHEUS et autres.

Texte original :

z Joris RAPE doude (hierboven staat: modo nu Jooris RAPE fs. Bussaerts, nv Jooris WILLIERON by deele en in margine: modo int jaer 1637 behoort dese partie toe de wedewe Jan GHEERSTEN ende dese Vanghenesse licht van zuuden tarticle hier achter staende ghecotteert met ee dat ooc aan de zelve wedewe toebehoort) over Vincent DIEMAERE ij s. siaers vp ix vierendeel landts lytel min of meer, ghenaempt van ouden tyden de Vanghenesse, streckende oost totter lande van Passchier WEINSSOONE ad causam uxoris ende Bollaertsmeet, de westhendt ieghen de straete, de zuutzyde ieghens thospitael landt der Magdaleenen buuten Berghen, de noortzyde ieghen tlandt Joos VAN HONDEGHEEM, Heinderyck MATHEUS ende andere.


 

Notes

(49) De Vanghenesse signifie la prison.

(50) Bollaerts meet signifie prairie ou pré de fauche aux têtards (arbres étêtés !).

(51) Magdaleenen : il s’agissait d’un hôpital. Il est mentionné sur beaucoup de cartes anciennes, en particulier sur celle, contemporaine, de Blaeu (Magdalen Hospital). Dans le TOONNEEL DER STEDEN  de  Joan Blaeu (1649) on peut lire (je traduis) : « Au Faubourg [de Cassel, proche de Bergues], il y avait aussi précédemment une léproserie, dédiée à Sainte Madeleine, et une chapelle de la Mère de Dieu, appelée ten Douwe (Notre Dame à la Rosée, Sanctae Mariae ad Rorem, Onze Lieve Vrauwe ter Dauwe, cf, Harrau, tome II posthume, complété et édité par mon compatriote l’Abbé Charles De Croocq, p. 193). Mais toutes les deux ont été incendiées, la première en l’an 1363 (par les Français - ne serait-ce pas plutôt en 1383 ?) et  la  dernière  en  l’an 1558 (par les Français) ... ; et on en voit encore les tas de ruines ; la première a été rattachée par les archiducs (Albert et Isabelle ont gouverné les Pays-Bas du Sud de 1598-1633) au monastère des Jésuites ; et toutes deux, qui se trouvaient alors au faubourg, avaient été construites par les comtes. »

L’abbé Harrau (op. cit.) précise à propos de Onze Lieve Vrauwe ter Dauwe : « Cette chapelle sur le territoire de Socx (près du dernier pont de la porte du Sud - Porte de Cassel - et vis-à-vis de l’ancien hôpital Saint-Jacques, cf. p.60), fut fondée en 1383 – inexact si l’on en croit Blaeu - : « Cremata ea quae extra portam hosti usui erant futura … ut oedicula Beatae Mariae ad Rorem. » (Meyer (Ann. Fl. XIII. – 197-98) – Rebâtie dans la suite, elle fut démolie en 1578 par les gueux. On trouve dans les comptes de l’église de Saint-Martin pour l’année 1577, certains détails qui nous rappellent l’importance de cet édifice, désigné sous le nom de « kercke », église. – Reconstruite en 1610, elle était desservie en 1638 par les P.P. Jésuites de la résidence de Bergues. Cet oratoire disparut en 1649, et aux fêtes du Millénaire (1900) un magnifique char a rappelé son souvenir. »

Dans son HISTOIRE POLITIQUE ET RELIGIEUSE DE BERGUES-SAINT-WINOC DEPUIS SON ORIGINE JUSQU'A NOS JOURS (1906), l’Abbé Harrau précise (tome 1 page 147) que cette « ladrerie du faubourg » était aussi appelée Ziekeliende. Au tome II, page 260, il ajoute qu’il s’agissait d’ « une léproserie ou maladrerie desservie par les frères de Saint-Jean de Jérusalem ». Ziekeliende est une coquille du typographe : il faut lire Zieke lieden, ce qui signifie littéralement Gens malades. L’expression est fréquente en Flandre pour désigner des établissements, généralement le plus éloignés possible des agglomérations, où l’on soignait les gens atteint de maladies contagieuses comme la lèpre et la peste. Il y a notamment une ferme du Zyckelin (francisation de Zieke lieden) près de Hoymille sur la route qui mène à Teteghem, ce Zyckelin s’étant situé sauf erreur sur la petite route entre Bergues et Warhem, qui passe par le Point du jour et devant l’usine Polyfont, au carrefour avec la D4. Ce Zieke lieden figure du reste sur la carte de Sanderus sous la forme Sieke liens. L’abbé Harrau signale, tome II, p. 37, « Chemin de Sieckelieden, jadis Route d’Ypres. »

Cette même carte de Sanderus, plus précise que celle de Blaeu, situe ces Ter Magdaleenen au faubourg de Cassel, dans un secteur sans doute fort bouleversé par les emprises de la SNCF, un peu au-dessus du coude par lequel le Nieuwen Bierendijck rejoint le Houtgracht, entre la rive droite de celui-ci et la rive gauche d’un ruisselet qui traverse la route du Faubourg de Cassel entre Intermarché et l’Eléphant Bleu pour se jeter – à l’époque - près de Bergues dans le Scheltvliet en provenance de l’Hage Mulle (Moulin de la Haye, la haie, le Plouich picard, ayant été la fortification primitive de nos régions). Sanderus y joint une vignette qui semble un site entouré de douves. Il s’agit probablement du site encore aux trois quarts fossoyé de l’ancienne ferme Hemelsdael, situé sur la carte IGN entre le Zuid Houck et la ligne de chemin de fer. La dernière carte IGN au 1:25.000 appelle, sans doute fautivement, Bieren Dyck l’Houtgracht entre Bierne et Bergues, le Nouveau Bieren Dyck prolongeant ce que les anciennes cartes appelaient le Bieren Dyck, lequel prolongeait la Craenebecke en provenance de Crochte. Notons au passage que ce changement de nom du même cours d’eau est très instructif : le cours ancien s’appelle Craenebecke, le cours creusé en terrain gagné par les hommes sur les marécages, jadis envahis par les transgressions dunkerquiennes, étant appelé dyck (dyck vient de delven, creuser, et désigne, en Flandre intérieure, le fossé, sur la côte, la digue élevée avec la terre tirée de son creusement). La séquence Craenebecke (ru de la grue ? ou Craïebeke - voir note 43 - ? - le cours d’eau préexistant), Bieren Dyck et Nouveau Bieren Dyck, montre que le prolongement de la Craenebecke et l’assèchement simultané du marais se sont faits en deux temps.

Dans son HISTOIRE DU COLLEGE DE BERGUES-SAINT-WINOC (1600-1923), mon compatriote l’Abbé Charles De Croocq nous permet de comprendre pourquoi cet hôpital figure sur presque toutes les cartes anciennes de la région : il possédait un foncier impressionnant. En effet, lors de la fondation en 1600 du Collège susdit, confié aux Jésuites, les Archiducs Albert et Isabelle avaient, « par Lettres patentes datées de Bruxelles, uni les biens de l’Hôpital de la Madeleine à la fondation. […] Cette dotation était pour le Collège naissant un don de joyeux avènement vraiment princier. D’après une statistique sommaire publiée par M. E. de Coussemaker (Bullet. Du Comité Flamand, t. IV, p. 475), la léproserie de la Madeleine, au moment de sa suppression, possédait trois cent vingt hectares des meilleures terres du pays (753 mesures. La mesure de Bergues équivalait à 44 ares 04 centiares), entre autres une grosse ferme de plus de deux cent cinquante mesures à Coudekerque. » Les considérants de cette donation ne manquent pas de sel : « En quoy ferons œuvre pieuse et méritoire, notaient les Archiducs, sans en rien contrevenir à la bonne intention des premiers Fondateurs dudict Hospital, puis qu’au lieu de ladicte lèpre corporelle estant grassante une plus pernicieuse spirituelle, sçavoir est l’hérésie de tant de diverses sectes, il sera employé à la sustentation de ceulx qui d’ung zèle constant s’occuperont du tout à la guerrison et extirpation de ladite lèpre spirituelle […]. »

Dans ses savantes RECHERCHES HISTORIQUES SUR LA VILLE DE BERGUES EN FLANDRE (1847 - pp. 197-199), Louis Debaecker nous apporte sur la Madeleine les intéressantes précisions suivantes :

LA MADELEINE. - Cet hôpital était une léproserie, située hors de la ville, à l'endroit appelé aujourd'hui Ziekeliende, et existait avant 1256. L'abbé de St-Winoc Jean Ir , fut chargé par le comte de Flandre d'en réformer les statuts, parce que, porte une vieille charte du janvier 1345, « la maison de la maladie de Berghes ait estée par longtemps mal gouvernée et par mal gouvernement en plusieurs manières grevée et bléchie, et outre ses revenues et faculteis aient estée formés plusieurs dettes, si que les couvres de miséricorde et de charitey sont et ont estei esteintes en la dite maison. » Cette maison était desservie par un prêtre et douze frères, « portant habit simple et de humilitée, c'est à savoir une manière de scapelare de dras grys brunastre, manches blanches et coliers en la manière que chil de St-Jehan. » Et nul ne pouvait « estre recheu en frère de la dite maison, se il n'est bourgeois de la ville de Berghes et par le espace de un an. »

Par lettres du 13 des calendes d'octobre (19 septembre) 1246, le pape Innocent IV, plaça l'hôpital de la Madeleine , sous la protection du Saint-Siège et le dota de beaux privilèges qui furent confirmés plus tard par le pape Urbain. Les comtes de Flandre lui délivrèrent des lettres de sauvegarde et de protection. Celles de Philippe, duc de Bourgogne, datent du 22 octobre 1464 et sont écrites en ces termes :

« Philippe, par la grâce de Dieu, duc de Bourgoingne, de Lothier et Brabant et de Lembourg, conte de Flandres, d'Artoys ; etc.

« A nos amez et féaux les gens de notre chambre de conseil ordonnée en Flandres et à tous autres nos justiciers et officiers ou à leurs lieuxtenans, salut : humble supplication et requeste de nostre amé et féal conseiller, maistre des requestes et de nostre hostel et président de notre dite chambre de conseil, maistre André Dolins, nous a esté présentée ;

« Vous mandons que le hospital de la Magdeleine lesnostre ville de Berghes Sain-Winoc, ensemble les églises, murs, maisons, granges, lacs, prez, bois, rivières, estangs, fours , molins, rentes, revenues, possessions et biens quelconques, vous maintenez et gardez de par nous en toutes leurs possessions , droits , usaiges , coustumes, libertez, franchises, comme avons prins et mis, les prenons et mettons les dessusdits par ces présentes en nostre protection et sauve-garde espéciale. »

La Madeleine était administrée par un gouverneur, sous la surveillance du magistrat de Bergues.

Cet hôpital fut supprimé en 1619 et ses biens donnés aux Jésuites.

NOMS DES GOUVERNEURS DE LA MADELEINE.

….. Le seigneur d'Ekelsbeke.

1428. Jean de Hornes, seigneur de Beaucignies. Sa commission, émanée du prince, fut adressée au bailli de Bergues, entre les mains duquel le seigneur de Hornes prêta serment, le 15 janvier 1429 , en présence de la loi.

1436. Wautier de Ghistelles, seigneur d'Ekelsbeke et de Ledringhem.

1447. Messire Michel Baers. Il prêta serment entre les mains de l'aumônier du prince.

1455. Philippe de Longprey, écuyer.

1459. Messire André Dolins, conseiller et maître des requêtes du duc de Bourgogne.

1480. Messire Arnould Vanderbeke. - Conseiller et maître des requêtes. Il prêta serment entre les mains du chancelier de Flandre.

1486. Josse de Halewyn, écuyer, conseiller et chambellan, et grand-bailli de Bergues.

1554. Charles Schacht. Il prêta serment entre les de la loi.

1574. Louis De Brusset, écuyer.

1579. Guillaume De Vos.

1585. George Vanschoires, écuyer.

1587. Pierre Varnieuwe, écuyer.

Voir aussi annexe page 28.


images/expose_bot.gif
Vers page précédentef  Vers le haut de la Page  Vers la page suivante