Titre : Mythes & Histoire
 
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Des "histoires" à l'Histoire


 

PRESENTATION GENERALE DE L'OEUVRE

Comment aurait-il fallu présenter Galilée pour lui éviter les avanies qu’on connaît ? L’Inquisition avait pour elle tous les ouvrages savants, tous les universitaires de l’époque, ainsi que le sens commun du bon peuple : « Tu te sens tourner avec la Terre, toi ? – Non, bien sûr ! Quelle idée ! Et si la Terre n’était qu’une planète quelconque, pourquoi Dieu y aurait-il envoyé son Fils ? Un peu de bon sens quand même ! »

Les idées de Galilée ont dû suivre le parcours que Schopenhauer assigne à toute nouvelle vérité : elle commence par déclencher des tempêtes de rire, elle est ensuite farouchement attaquée, puis elle finit par être acceptée comme une évidence. Notre prétentieuse époque n’échappe pas à la règle et les « scientifiques » pas davantage : le génie qu’était Cuvier resta fixiste toute sa vie et refusa toujours l’Evolution, acceptée comme une évidence de nos jours. Ce que l’on croit savoir occulte en effet souvent ce qu’on pourrait apprendre.

Je considère Albert Delahaye comme le Galilée historique du XXe siècle. Georges Duby, Professeur au Collège de France, qui a eu la gentillesse de lire Déplacements historiques chapitre après chapitre, s’est déclaré dans une de ses lettres (voir fac-similé sur ce site page 3 de L'Oeuvre)  « tout prêt à accepter de reprendre de fond en comble les perspectives de la géographie historique ». Hommage soit rendu à son ouverture d’esprit, à sa perspicacité et à son honnêteté intellectuelle. Hélas, une hirondelle ne fait pas le printemps ! Les autres historiens n’ont pas lu mais savent que Delahaye relève de la psychiatrie.

C’est que leurs méthodes n’ont rien à voir avec celles de Delahaye. Formatés par l’Université, éliminés s’ils dévient de l’orthodoxie, ils rédigent leur thèse sous la houlette d’un patron, et sont tenus de lire et de citer tout ce qui a paru sur le sujet : plus de 400 ouvrages pour tel « spécialiste » des Frisons ! Restez donc critique après cela ! Pour les sources, ils s’en tiennent à des fragments grappillés dans les Monumenta Germaniae Historica ou dans l’Histoire de France, à partir d’Index rédigés à la diable ou conformément aux conceptions en vigueur : c’est ainsi que les Monumenta Germaniae Historica attribuent à Nimègue un évêque qui est Harduin de Noyon ! C’était déjà grosso modo la méthode de la Sorbonne de Rabelais.

Tout autre est l’approche de l’archiviste néerlandais Delahaye, commandée par quatre impératifs : doute méthodique quant aux certitudes inculquées, honnêteté intellectuelle rigoureuse même au prix de l’histoire nationale, primat donné aux sources, respect strict de la chronologie interdisant de déduire, comme le font les historiens, l’antérieur de l'ultérieur. Ajoutez-y une énorme puissance de travail. Delahaye m’a confié avoir lu au moins 25 fois toutes les sources, dont les volumineux Monumenta Germaniae Historica. Cette quête de toute une vie lui a conféré une vue d’ensemble de l’histoire du 1er millénaire, seule susceptible de débusquer les incohérences et les impossibilités. Rien à voir avec la myopie historique des « spécialistes pointus » qui connaissent tout – disons plutôt toute la bibliographie - de leur arbre mais ne voient pas la forêt.

Dans cet ouvrage, l'auteur exprime bien la spécificité et, disons-le, la supériorité de son approche de l'histoire :

"Il n’y a que quelques années que j’ai pris conscience, après avoir été confronté au cours de conférences et de débats à une réalité que je n’aurais jamais pu imaginer ni supposer, du fait que la plupart des gens dotés d’une formation académique et même des historiens professionnels ignorent cet énorme matériel toponymique. Comme mes opposants les plus fanatiques n’en soufflent mot et ne l’évoquent jamais dans les discussions, il faut admettre qu’eux aussi l’ignorent. On ne peut en effet supposer qu’ils le passent intentionnellement sous silence, sauf à les considérer comme d’impudents menteurs. Ces faits tendant à prouver que je suis le seul aux Pays-Bas à connaître ce matériau, je me sens tenu en conscience de partager mes connaissances avec les autres. Après coup, on comprend parfaitement pourquoi ce matériau est si totalement inconnu. On ne le trouve pas dans la bibliographie courante. Vu qu’un archiviste, c’est son métier qui l’exige, ne travaille qu’à partir de sources primaires et classe toute la bibliographie rencontrée dans les archives sous la rubrique « Varia », il était fatal que ce fût un archiviste qui découvrît ce matériau. Qu’on ne voie pas là de mépris pour les historiens, mais simplement la mise en évidence d’une méthode de travail tout à fait différente, laquelle, à en juger par les résultats, se révèle être la seule bonne. Le fait qu’en dépit de tout cela on me traite encore de « pseudo-scientifique » et de personnage « pas au niveau », démontre seulement tragiquement quel abîme sépare les deux systèmes : l’un de recherche autonome, l’autre d’éternel copiage." (Des « histoires » à l’Histoire, Tome II, page 660)


 

"Ma formation d’archiviste me fit découvrir que les méthodes des archivistes diffèrent passablement de celles des historiens. En effet, l’archiviste se préoccupe au premier chef des sources de l’histoire et il n’a pas à atteindre l’âge de Mathusalem pour s’aviser que dans bien des cas les sources disent tout autre chose que ce que les historiens en ont fait. Au contraire même ! Un jeune archiviste ne tarde pas à s’en convaincre. Cette divergence entre archivistes et historiens provient pour une bonne part de l’incapacité de beaucoup d’historiens à lire les écritures anciennes, pour une autre importante part de l’incompréhension des termes anciens, et pour une autre part tout aussi importante d’une connaissance uniquement fragmentaire des sources. Pas besoin d’exercer longtemps le métier d’archiviste pour s’en aviser. Tout archiviste un tant soit peu valable découvre dès le début de sa carrière l’abîme qui sépare les deux disciplines."          (Des « histoires » à l’Histoire, Tome II, page 695)

CONTENU DE L'OEUVRE

Reconnaissons-le, le titre donné à ma traduction de DE WARE KIJK OP... n'est pas d'une extrême gentillesse. Mais il a l'avantage de la brièveté et de l'exactitude. Après lecture, chacun s'ébahira avec moi d'avoir cru si longtemps les billevesées qui remplissent les livres d'histoire. Le sous-titre est plus explicite : Retour aux sources et réécriture du premier millénaire d'histoire de l'Europe du nord-ouest.

Lors de ma découverte de De Mythe van de Normannen in Nederland (Le mythe des Normands aux Pays-Bas), je compris d'emblée la supériorité de ce type d'historiographie, solidement établie sur une connaissance intégrale des sources, ce qui n'a rien d'étonnant de la part d'un archiviste doublé d'un bourreau de travail. Je commandai aussitôt la grande oeuvre à laquelle il faisait référence, Vraagstukken in de historische geografie van Nederland (Problèmes de géographie historique des Pays-Bas) et ne tardai pas à comprendre qu'il s'agissait du livre historique du siècle.

Des "histoires" à l'Histoire en est la version revue et largement complétée au terme de toute une vie de travail. Les deux tiers de l'oeuvre ont du reste été publiés après le décès de Delahaye par la Fondation Delahaye.

On y trouve plus de mille citations commentées des sources, ce qui en fait une mine tant pour les profanes que pour les historiens, lesquels en ignorent de toute évidence une bonne partie.

Le tome I s'ouvre sur la réinterprétation de la Germania de Tacite qu'on peut lire intégralement sur ce site. Delahaye donne ensuite les sources de la ville de Noyon, l'authentique Noviomagus carolingien. Il étudie ensuite la Batua, qui est le Béthunois et non la Betuwe, puis la Frise, située à l'époque en Flandre et en Artois, avant la migration des Frisons vers le nord au Xe siècle. Il réécrit enfin la véritable histoire de Nimègue qui se croyait, bien à tort, le Noviomagus carolingien.

En réponse à la prétention exorbitante et infondée des toponymistes à posséder les clés de l'histoire, le tome II commence par exposer longuement les règles fort méconnues de la toponymie. Il prouve ensuite que la Germania était la Flandre française (cf. la carte de la page précédente) puis écrit l'histoire des peuples voisins qui habitaient la Frisia (Flandre), la Saxonia (derrière le Litus Saxonicum) et la Dania (Normandie).

Le tome III étudie l'abbaye de Saint Willibrord, qui se trouvait à Eperlecques et non à Echternach, et situe l'ensemble de ses biens dans un contexte cohérent, dénonçant de ce fait le manque d'esprit critique mais surtout la malhonnêteté intellectuelle qui consiste à passer à la trappe la quasi totalité des toponymes : le fait de ne pouvoir en localiser, à la louche, que quelques-uns aurait dû conduire des historiens sérieux à se demander s'ils cherchaient bien dans les bonnes régions...

Quelles que soient leurs raisons, les transgressions sont incontestables. Or, pays inondé n'a pas d'histoire. Fort de ses nombreux travaux d'archiviste sur la poldérisation en Nord-Brabant, notamment son volumineux Vossemeer, land van 1000 Heren (1969 - 696 pages 19x26 cm), Delahaye reconstitue l'évolution, au cours du premier millénaire, de toute la zone littorale inondable qui va de la Frise actuelle aux collines de l'Artois. Il y inclut bien sûr le delta du Renus/Escaut dont tous les textes des Anciens situent les bouches, maintenant atterries, en face du Kent. Il rassemble enfin les plus explicites de ces textes en un dernier survol.

Dans une première édition, j'avais placé en queue du troisième tome un index portant sur les trois volumes (115 pages à deux colonnes !). Mais comme j'avais réparti ensuite le texte en trois tomes, à partir du second, du fait notamment de la page titre, il y avait quelques décalages. J'ai donc depuis doté chaque tome d'un index propre.

A mon sens, cet ouvrage, qui représente une véritable révolution copernicienne dans l'historiographie du premier millénaire, et qui, par cela même, est impubliable dans les circuits normaux contrôlés par les historiens "officiels", d'où sa publication par le traducteur, a forcément sa place dans la bibliothèque de tout historien et de tout amateur d'histoire.

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SE PROCURER L'OUVRAGE

Des "histoires" à l'Histoire comporte trois volumes et 1027 pages A4.

T I : I.S.B.N. 978-2-9531219-2-6 T II : I.S.B.N. 978-2-9531219-3-3 T III : I.S.B.N. 978-2-9531219-4-0

Il est vendu au prix de 65 euros + 9 euros de port. La commande accompagnée de son chèque est à adresser à Jacques Fermaut, 13, rue de l'église, 59380 BIERNE. Sur envoi de son adresse courriel, l'acheteur recevra une version PDF gratuite de "Quand l'histoire déraille..."

 

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