C'était comme ça .


La famille s'appelait SANCHEZ, ou LOPEZ, mais peut être aussi FERRARI elle habitait un immeuble un collectif quoi, et l'appart, se composait d'une grande pièce, qui servait de cuisine de salle à manger, à coucher et d'accueil une chambre à coucher, et un recoin le débarras de fourre tout . souvent situé dans une cour, ou à l'étage, mais guère au dela du 3° c'était plutôt rare .mais il y en avait .
Les commodités, c'est à dire les WC étaient communs dans a cour ou sur le palier et souvent une buanderie, providence des locataires .
Les SANCHEZ ou les autres c'était d'abord l'AGUELA. Quand elle n'était pas encore veuve il y avait alors aussi l'AGUELO, Le Maître des CEANS, PEPE et son ACCORTE Moitié, FIFINE les enfants , l'ainée ISABELLE sa soeur ERMOCICA, l'autre soeur INCARNACION, le frère JUANICO, l'autre frère FRASQUITO, et le dernier Né ROBERTINO .

La porte d'entrée était toujours équipée de l'indispensable Rideau constitué de Perles et autres petits tubes reliés par des fils de fer, ce rideau avait la propriété de voir depuis l'intérieur, mais de ne pas être vû de l'extérieur, donc discret à souhaît .
Les Fenêtres, 2 quelques fois 3, et les croisées entrebaillées avec la Gargoulette suintant de paresse, ou d'ennui ., sur les murs, des chapelets de NIORAS, et aussi de TOMATES séchées, et quand ça avait RIGOLE à la pêche, quelques POULPES qui se grillaient au soleil avant de l'être pour de bon sur la PARILLA de FIFINE .
Le Pan de Mur accueillait une Cage ou un OISEAU dont je ne me souviens plus du Nom sautait au plafond de sa volière qui était tendue d'une petite toile de Bache pour lui éviter de périr d'un TRAUMATISME CRANIEN . il y avait aussi une autre Volière avec les PERRUCHES, les BLEUES CENDREES plus prisées que les VERTES et qui piallaient à longueur de journée .
L'OISEAU sauteur et chanteur de surcroit était placé sous la haute protection de l'AGUELO qui lui prodiguait tous les soins necessaires, et même les cours de CHANT, l'AGUELO sifflait, à en perdre haleine entre deux chicots, les PERRUCHES elles, étaient les amours d'INCARNACION, qui minaudait entre deux corvées et qui reportait son trop plein de tendresse à ces volatiles faute de s'épancher sur une épaule virile, c'est vrai qu'elle ne ressemblait pas à SHARON STONE . la POOOOVRE


. L'organisation de la maisonnée était immuable sans codification pré établie, nécessité faisant loi L'AGUELO et l'AGUELA ainsi que PEPE et FIFINE avaient eux droit à un Lit, en fer forgé et émaillé en Noir quelquefois en Vert, des fioritures en CUIVRE qu'INCARNACION astiquait chaque semaine avec la CENDRE du Fourneau, c'est ainsi que s'appelait le TROU en Forme de PYRAMIDE inversée percé dans la PAILLASSE revêtue de TOMETTES
Le reste des enfants se partageaient les LITS de Camp Militaires en X qu'il fallait ouvrir le soir et refermer tôt le matin, petits Matelas, Draps, Couvertures etc trouvaient leur place entre les supports de l'incontournable SINGER . ou dans quelques recoins .
PEPE premier levé installait sa glace portative au dessus de l'EVIER, et en sifflottant tout en affutant sur une laniere de cuivre son COUPE CHOUX entreprenait sa toilette matinale un pan de serviette mouillé et savonné, et immédiatement le cque FIFINE avait fini de FILTRER au travers d'une vieille chaussette de l'AGUELO .
PEPE, s'offrait une fois par semaine un BAIN DOUCHE PUBLIC, et il n'en était pas peu fier .il passait aussi chez le MERLAN du quartier et en revenait apres divers SLALOMS de Bistrots avec ses amis fleurant l'ANIS, la GOMINA FIXA, et déja la sueur .
L'AGUELO était lui confiné à tresser et retresser l'ALFA des SARNACHOS, à emmailloter les BONBONNES, et CARPETTES, quelquefois des Semelles d'ESPADRILLES . et à rêver de son ANDALOUSIE natale .en tirant sur sa cigarette roulée à la Main c'était plus économique, et ça lui faisait passer le temps .
L'AGUELA, corvée de pluche, ecossage des FEVES ou PETITS POIS, Balayer devant la porte et pestant en IBERE de ne pas comprendre ce qui se disait autour d'elle croyant toujours à des propos malveillants .
L'AGUELA était indispensable pour retourner les Cols de Chemises même ceux des voisins de refaire une Culotte à FRASQUITO à partir du vieux Pantalon de l'AGUELO, de tricoter les PULLS du dernier, et quelquefois faire les MIGAS dont elle seule avait le secret .
FIFINE, flanquée de la ROSITA son amie de COUR était la tête chercheuse, elle savait ou trouver Rue des JUIFS les meilleurs produits aux prix défiants toutes concurrence et au Village NEGRE les POULETS hauts sur pattes et nerveux à souhaît .
FIFINE savait aussi égailler le PATIO avec le Phonographe Cadeau de Mariage, RINA KETTY TINO ROSSI, et les éternelles MALAGUENAS tout le monde y avait droit .et elle avait déja inventé le KARAOKE .

Le matin comme une mécanique bien huilée, chacun son tour se présentait devant l'EVIER qui tenait lieu de LAVABO, et faisait ses ABLUTIONS, ceux qui allaient à l'ECOLE les premiers les autres suivaient, le SAMEDI il y avait la CUVETTE, la grande celle achetée lors du Mariage, en Fer Blanc Zingué provenant de chez GAUTIER Rue EL MOUNGAR et c'était la grande Toilette, si la Buanderie était libre c'est dans une TINAJA que l'on se purifiait des souillures de l'existance .
Les FILLES pudiques tenaient un Drap tendu pendant que l'une d'elle faisait couler son bain avec la casseroles émaillée . Les chaussettes, Caleçons et autres ne se changeaient qu'une fois la semaine,rarement deux fois et encore fallait il qu'il y ait une visite Médicale ou autre examen .pour déroger à ce calendrier . .
Ah ces SERVIETTES HYGIENIQUES, il y en avait toujour dans la cour à sécher, se stériliser sous les ardents assauts de SID KADDOUR, il faut dire que les AMERICAINS n'avaient pas encore inventé les TAMPAX et autres .
Les communs, une CUVETTE dite à la TURC, une Chasse qui ne marchait jamais et suspendues les Pages entières de l'Echo d'ORAN, c'était bien sur pour s'essuyer et apprendre à lire à nos fondements, mais personne n'y est jamais arrivé à ma connaissance .
Frictions y PELEAS, c'était toujours la faute à l'autre si le Petit Coin était Bouché, et savoir qui le déboucherait .

Les Réjouissances ne manquaient pas, les Naissances, Baptêmes, Fiançailles, Mariages occasions inespérées pour TAILLER un COSTUME sur mesure à Mme GUTTIEREZ, ou pourquoi pas au PROPRIO, Mr ESCLAPEZ . accusé de reactualiser les Loyers, sans vouloir se faire raccorder à l'EGEA ( L'Electricité ), ce qui faisait la joie de Mr CHETCUTTI qui nous vendait ses Bidons de Pétole .
Les ESPIONS, il suffisait qu'une DOLORES du PATIO soit vue avec un GASPARD pour que tout le monde le sache,et encore avec force détails la plupart du temps imaginés .
La COUR était aussi le terrain de JEU des jeunes, d'exhibition du Montreur de SINGES du Joueur d'ACCORDEON,et quelquefois d'un ARTISTE de la SCIE capable de sortir des airs de notre folklore .
La COUR toujours elle recevait le marchand d'ESCARGOTS, de CHUMBOS, et du MATELASSIER,Sec comme sa trique, mais d'une vituosité sans pareille, les Chats, les Chiens, nos premières leçons de REPRODUCTION mieux qu'à la FAC , et Cris Hurlements Casseroles d'EAU itou itou .

Le temps , le Bon le Mauvais, faisait partir certains à la guerre, sous d'autres cieux, et pour l'éternité il me manquent ces fameux PATIOS de mon Enfance .et vous .
Roger .