François ,  mon mari ,  votre père et grand père ,  ne pouvait vivre sans bateau!


                                Il portait cette passion dans ses tripes! De mon  côté je faisais volontiers équipe avec lui  et les années que nous avons ensemble vécues le plus souvent en mer furent les plus heureuses de mon existence!

                                 A Oran où nous poussa notre destin  au printemps 1954 , François toutes affaires cessantes s'était inscrit au Yacht Club dès notre arrivée.  Malheureusement il souffrait de n 'être plus qu'un marin sans bateau, son star Alligator était resté au Maroc,  à Fédala.



                                  A Oran, un médecin oto-rhino, André MACIA  et Mimi  son épouse sympathisèrent avec François. Ils nous invitèrent souvent dans leur  vaste villa d ' Eckmuhl.


 
                             Un dimanche, sur le barbecue nous attendait une  magnifique  bonite  grillée, pêchée à la traîne depuis le cockpit du Grangousier, le bateau des MACIA.


                              Ce "Grandgousier" , quelle convoitise alluma-t-il dans les yeux de François!


                             C'était un petit cotre  sans peur qui amenait les deux MACIA dans des croisières  méditerranéennes  et  particulièrement aux Baléares chaque été.

                        

                       Le constructeur, simple "charpentier de marine" M. ORTIGOZZA , se serait rendu insupportable par un caractère impossible si son talent , reconnu par tous , n'avait pas contrebalancé le désagrément de ses coups de gueule permanents.

                           
                              "Grandgousier", son oeuvre, se comportait si bien sur les flots que plusieurs membres du club souhaitèrent lui confier la fabrication de bateaux de ce genre . L ' idée fut lancée d'une "flotte rabelaisienne".


Une flotte rabelaisienne.


                                François , le premier, saisit la balle au bond  et passa commande au charpentier de marine d'un deuxième Grandgousier, mais extrapolé, un peu plus grand , un peu plus large : chacun sait qu'il manque toujours un mètre de long et un de large à un bateau de plaisance!


                                 En  même temps, Denise qui  représentait toujours  le  côté culturel auprès de ces sportifs, était chargée de mission : il lui fallait trouver, dans l'œuvre du maître un nom convenable , pas trop connu et rabâché comme Gargantua et Gargamelle , un nom original, qui sonnerait bien, un nom ra-be-lai-sien!


                              -"Eurêka! Le nom de la prêtresse de la dive bouteille qui accueille Panurge et ses compagnons pourrait faire l ' affaire! Pourquoi ne pas nommer le nouveau bateau "Bacbuc"?


                              C'est ainsi que le nom de " Bacbuc" entra dans les souvenirs de jeunesse des quatre enfants à la suite de mémorables vacances  sur l '  eau  de "mare nostrum"....

 
                              Plus tard aussi, un jour d 'été , à Saint Jean Cap Ferrat, l'amie Juliette de passage sur la Côte,  venant d'Israël  avec son ambassadeur de mari  me dit:

 -"Denise! Si vous venez en Israël  avec votre bateau vous remporterez beaucoup de succès"!

-"Pourquoi"?
-"Parce qu'il s'appelle "Bacbuc"! En hébreu, "Bacbuc" signifie :"bouteille"!



                                       Eh oui! Rabelais  connaissait l'hébreu, au même titre que le grec ou le latin   et pour lui  la prêtresse de la dive bouteille ne pouvait se nommer que "Bacbuc"!!!


 


Bacbuc rentre au port.
Quel beau bateau !


2ème partie: Le Bébé et le Bateau