Comment ne pas me souvenir



C'est déjà loin, j'habitais Bd des CHASSEURS, dans mon quartier nous avions JOSEPHA Ou JOSEFA au choix, son patronyme je ne l'ai jamais connu .

JOSEPHA entre deux âges habitait Ravin De La MINA juste au dessus des Jardins de la famille CANO, dans un Patio, très IBERE, elle élevait une nombreuse famille, les mauvaises langues disaient qu'elle était d'origine Gitane, mais qu'importe . JOSEPHA avait une spécialité inconnue de nos jours, elle était Lavandière à La MANO explication : cette brave femme n'utilisait pas la brosse, cette dernière réputée pour user le linge, étant proscrite bien sur.



Frotter et toujours frotter apres trempage dans une eau additionnée de Cristaux de Soude, salinité d'alors oblige, et souvent de la cendre pour la blancheur, heuuuuu oui peut être . Sur sa Planche à laver striée ,elle y tenait beaucoup, il n'y avait qu'un Cube de savon le Fer à Cheval made in MARSEILLE , déshydraté pendant quelques semaines, économie oblige, savon acheté directement chez le Père MATHIEU , les planchettes des caisses servant à l'ébouillantage des grosses pièces …. ! Draps évidemment, mais caleçons molletonnés aussi .
Arrivée tôt le matin elle se mettait au service de Mme Untel, à l'ouvrage soit dans la buanderie de la terrasse, ou dans celle de la cour , c'est précisément la que je l'observais , la lessive durait toute une journée et JOSEPHA ne quittait les lieux qu'apres étendage , et avoir récupéré quelques petites piécettes .
JOSEPHA à exercé jusqu'aux années 50, détronnée par quelques BRANDT, LINCOLN, etc ou tout simplement épuisée par le labeur s'en est elle allée rejoindre St PIERRE rt ce dernier n'aura pu que l'accueillir , et la diriger vers le Paradis celui des braves .
Je l'aimais bien Mme JOSEPHA , et elle aussi m'aimait .



Chez PALMA,



ne cherchez pas il n'existe plus , et il n'avait pas non plus le téléphone; du reste à quoi aurait il servi puisque le Salon de Coiffure était sis au 49 de la Caillé ANCHA ou si vous preferez la rue d'ARZEW .

Mr PALMA était un homme respectable 1° Clerc de Notaire, il en imposait, mais il participait volontiers avec mon Papa à des Belotes prolongées chez Mr et Mme RUIZ tenanciers de la Brasserie ' Le TABARLY'S mitoyenne avec le salon, havre de détente du duo des ciseaux , rasoirs coupes choux, sans oublier la serviette chaude: les salariés de ce monsieur .
Faute de me souvenir de leurs noms c'est donc soit Mr PEPICO, ou FRASQUITO qui faisaient la barbe, apres avoir affuté la Navaja sur une pierre d'ardoise, et terminé le fil sur une bande de cuir tendue sur un petit truc en bois avec une vis actionnée par le manche .
Mon papa fréquentait ce salon depuis … ! j'sais plus, sa création peut être , malgré ses modestes revenus il se faisait le petit plaisir de la barbe une fois la semaine, le Dimanche ! oui c'était ouvert sans discontinuer du Lundi au Dimanche .

Une fois par mois c'était les cheveux, mon frère JOJO et moi attendions avec impatience la petite bouteille de ' FORVILLE ' Parallepipède strié qui nous amusait beaucoup; notre Papa avait eu soin de garder la moitié du Flacon, et nous disions as-tu apporté du ' Sent Bon '


. Ecolier à Jules RENARD, je passais invariablement quatre fois par jour devant chez Mr PALMA, et chaque matin du créateur un Mr Bel Homme quinca sans doute allait se faire faire la Barba .. ! ce Mr plus tard j'avais appris qu'il s'agissait de Mr MAS entrepreneur de peintures tres connu. Il devait probablement apprécier la serviette chaude, seulement destinée à ceux qui pouvaient se la payer en sus de la Barba .. ! et du pourboire .

Tres jeune j'ai été conduit au Salon chez PALMA: le Pépico ou l'autre m'asseyait sur une planchette posée entre les deux accoudoirs afin de me mettre à hauteur d'adulte, la coupe standard c'était la Brosse, mais nous préférions dire la coupe à l'AMERICAINE c'était plus mieux ..
C'est au Salon chez PALMA que j'avais au fil des ans pu feuilleter à loisir ' le Miroir des SPORTS ' et admirer les exploits des BARTALI, René VIETTO , Sylvain MAES le BELGE Antonin MAGNE et bien d'autres , les résultats de l'étape eux étaient affichés chez Mr CALLE commerçant en Cycles début du Bd des CHASSEURS .


Ado avancé j’ai déserté chez PALMA pour offrir à ma chevelure la Coupe au rasoir et finition au brûlage, le must d’alors imitation parfaite des coiffures des PG ( Prisonniers de guerre ) ITALIENS .
Pour les Béotiens : ça consistait à avoir des Tifs trés longs recouvrant les oreilles, et se rejoignant sur la nuque; les frisés, c’était coton ! ça ne tenait pas ou alors il fallait tartiner avecGOMINA, ou la Brillantine ROJA . or, Les frisés, qui ne l’était pas ? Mais il fallait être à la mode comme à PIGALLE, sans Juliette, et pas davantage Claude LUTHER . Être ou ne pas être ZAZOU, c'était la devise d’alors .


Pourquoi remuer ce passé, j’ai un BRANDT, et je suis CALVO .et PALMA ça n’existe plus ....


Roger ALFONSI