La CANICULE j'connaissais .


Le rituel de l'été, SIRROCO ou pas, c'était aller rechercher quelque brise Marine aux FALAISES .

Les FALAISES, avant qu'elles ne deviennent le magnifique Bd FRONT de Mer, débutaient juste à l'aplomb du Mur du Boulodromme qui terminait le Bd des CHASSEURS . et s'achevaient devant l'immeuble de la C° des DRAGAGES . et des CRESSONNIERES .
Les FALAISES, qui dominaient le port étaient bordées d'un solide mur de pierres sur lequel on s'appuyait, ou l'on s'asseyait aussi avec des Palmiers à peine naissants sur le trottoir . C'est à partir de vingt et une heure que débutait la procession des chercheurs de fraîcheur, et l'aide à une digestion compliquée par les tournées, et re-retournées de PHENIX, GRAS, FLOR d'ANIS accompagnées des KEMIAS, traditionnelles .

Les acteurs issus de tous les milieux de notre bonne société, se divisaient en deux groupes, entièrement interchangeables .
Pour descendre, aux FALAISES c'est ainsi que ça se disait puisque ces promeneurs venaient de la partie SUD de la Callé ANCHA, ou si vous préférez la Rue d'ARZEW . ils empruntaient Les rues perpendiculaires à cette derniere, et tout particulièrement le Bd des CHASSEURS, puisqu'il débutait le parcours .
Les citoyens de St PIERRE, et même du PLATEAU - il y en avait - empruntaient notre belle avenue LOUBET, la Rue LAMARTINE et quelques autres .
Les ACTEURS étaient bien sûr ces promeneurs, et les SPECTATEURS, ceux toujours assis, à regarder l'air blasé mais prêts à se transformer en ACTEUR, dés l'instant où l'opportunité se présentait: la rencontre d'amis, de parents, ou de dragues .

Le perron des maisons ou des immeubles étaient, nécéssité oblige, le balcon tout indiqué . les sieges....d'abord ces BANCOS, construits de quatre bouts de planche, avec le fameux V, inversé taille de chaque côté, l'autre le BANQUILLO, n'était autre qu'un " X " en bois tourné, monté sur deux axes, avec cloué sur chaque bord, un morceau de toîle de Bache en provenance sans doute d'une chute de chez VIDAL et MANEGAT ou d'un STORE remplacé .
Je me souviens aussi des chaises paillées sorties, et ou des fatigués, il y en avait beaucoup, les chevauchaient les avant-bras sur le dosseret, et le menton posé sur précisément ces avant bras: position hautement relaxante, les digestions se faisaient alors paisiblement troublées par des bruits incongrus, et senteurs appuyées .
Les trottoirs occupés souvent quand l'ensemble de l'immeuble avait décidé que la chaleur intérieure, et l'attraît extérieur se justifiaient . Comme dans le meilleur des scénarios, il y avait les GRILLONS, qui planqués sous les trottoirs, dans la canalisation d'évacuation des eaux de pluie donnaient leur sérénade de saison , seuls les Chiens qui venaient flairer l'entrée pouvaient les perturber et encore .

Les SPECTATEURS , l'AGUELA, quelquefois l'AGUELO, qui ne savait plus ou il était; entre ses pieds le CANTARICO ( GARGOULETTE ) remplie de l'eau douce achetée le matin même au porteur d'eau, et additionnée de l'inévitable ANTESITE, il paraît que ça donnait l'illusion de l'anisette ..
La MARIA, une maîtresse femme et de maison, sa soeur CONSUELO, veuve de guerre LOUISIQUO, le père de famille, qui avait, SIRROCO ou pas, déroulé ses 9 ou 10 Heures à empiler les briques, attention ...celles en ARGILE, les autres il n'en avait et n'en verrait jamais les enfants, les garçons déja pas mal fatigués, se racontaient entre eux des choses irracontables, les filles plus loin. sautaient encore sur la marelle .
Les MARIA, LOUISICO, il y en avait plusieurs dans le même immeuble; les mâles eux disséquaient les meilleurs coins à KEMIA, et à classer la meilleure MERCERA . ( Celle qui faisait Griller les Brochettes . ) j'ignore l'ortographe ni même si ce mot figure dans quelques LAROUSSE . chez GOOGLE peut être .j'irai voir un jour ....
Quelquefois le rassemblement se faisait plus consistant, en prêtant l'oreille, il était question du meilleur choix de Moteur pour le Palangrier amarré à la MARSA ( M. El KEBIR ) .Les uns ne juraient que par des GOYOT, ou des COUACH, et d'autres pour des BAUDOIN . du moment , et qui viendrait au grattage, brûlage, calfatage au goudron de chez ALGERONAPHTE
Les Dames comme d'habitude sous toutes les latitudes se coalisaient pour tailler un costume sur mesure à tel ou telle voisine, et l'épicier y avait droit .pauvre MATHIEU .que n'à t il pas entendu .
Mmes se ventilaient avec les magnifiques EVENTAILS, ( attention pas EVENTAUX ) Mlle JEANTET ne l'aurait pas admis . en provenance d'héritages succéssifs d'ANDALOUSIE il y en avait en ECAILLE de TORTUE tres ouvragés, aux motifs bucoliques, d'autres avec des EROS des dentelles il y en avait aussi avec des montures en CELLULOID précurseur de notre omni present PLASTIC achetés chez notre parfumeur local LORENZY - PALENCA
Les EVENTAILS il y en avait aussi pour les Hommes les vieux surtout, ils provenaient du Village Nègre, ou de chez BOUAYAD, une Tige en Bois avec à une exrémité un carré tressé d'OSIER, certains agrémentés de POMPONS Multicolores, la technique consistait à se l'agiter devant le nez, et pas ailleurs mais peut être que ..en tout cas pas en public autrement .
Mon Père lui préfèrait étaler sa BOINA ( Beret BASQUE ) entre son séant et la marche de marbre, toujours fraîche même par temps de CANICULE, pardon de SIRROCO .

Alors que la nuit s'étirait il y avait l'agrément quelques fois de s'offrir une AGUA LIMON le Sympatique ESPAGNOL sa CARIOLE, tirée par un ANE d'une infinie docilité et son éclairage vacillant de la Lampe à CARBURE .qui donnait des reflets aux couvercles de cuivre .
Le choix était important, que choisir ....une AGUA LIMON nature ou panachée avec une Boule de CREPONNEE, un CORNET, ou mieux une TAJA, de NAPOLITAINE entre deux Gauffres ?

Le spectacle était permanent comme aux GALERIES FARFOUILLETTES, des règlements de compte entre voisins, entre une DOLORES, et son GASPARD et les railleries au passage de deux EPHEBES ARABES se tenant par les auriculaires, et qui à tout prendre préfèraient les FALAISES au VILLAGE NEGRE .
GAY GAY même NERON s'y était mis alors ...rien de bien nouveau en ce bas monde même aux FALAISES .
Les assidus avaient leur coin préféré et étaient capables d'identifier la nationalité du dernier CARGO arrivé le matin même, l'El MANSOUR, lui était le plus beau et amarré au quai qui s'appelerait plus tard le Quai de l'horloge il était tres prisé par ceux qui allaient chaque années purger leurs reins vessies à EVIAN, VITTEL, et s'armer pour les prochaines virées .
Fin AOUT tout était terminé, plus de BANCOS, BANQUILLOS, ni de conspirations, chacun reprenait son rythme de croisière, apres avoir épuisé les HUIT jours de CONGES PAYES et encore....àh que ces braves n'auraient ils pas donné pour substituer à la VIERGE tant aimée pourtant une certaine Martine AUBRY ....



Récurdos y amistads
Roger .



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