Ste Clotilde



La grotte de l'Aïdour



D'après un document de M. André LEVRAUX (Membre de la Société des Ingénieurs Civils de France)
(document aimablement prété par Me Maryse Saurel)


La grotte, à sa découverte en 1911, s'appelle d'abord Grotte de Ste Clotilde, appellation provenant de sa situation puisque l'entrée est à quelques mètres de la route conduisant au village du même nom. Le 30 janvier 1912, le conseil municipal d'Oran adopte un voeu de la Société de Géographie et d'Archéologie de la Province d'Oran et sollicite la remise de la grotte à la commune en lui donnant le nom de "Grotte de l'Aïdour".
C'est en souvenir d'un vieux comte arabe: "Le génie de l'Aïdour", trouvé à Tlemcen et traduit par Henry de Sarrauton que la grotte doit son appellation nouvelle.

Entrée de la grotte


Ce conte aurait été écrit vers 1805 ou 1810. Le manuscrit ne portant ni date ni nom d'auteur a été trouvé pendant la campagne qu'a faite le général Lyautey chez les Béni-Snassen. Un légionnaire découvrit dans les ruines d'un gourbi une petite caisse de bois peinte . Croyant y trouver un trésor, il la défonça: elle ne contenait que de vieux papiers couverts d'écriture arabe, quelques actes de cadi sans intérêt et le manuscrit du Génie de l'Aïdour.

Ceux qui seraient intéressés par le récit incomplet de ce conte peuvent cliquer sur le lien pour en trouver un résumé, tel qu'il figure sur le document de M LEVRAUX. (cliquer ici)


L'entrée de la grotte se situe à environ 10 m au dessus de la route et 34 m au dessus de la mer. Elle donne accès à une grande salle (N° 1) orientée N-S et mesurant environ 30 m par 50 avec une hauteur atteignant 25 à 30 mètres. Les parois sont formées par une énorme masse stalagmitique. On découvre ça et là des colonnes brisées, des stalagmites géantes et un joli rideau de stalagtites d'une blancheur éclatante.
Un défilé conduit aux salles 2 et 3 tout aussi curieuses. Le plafond est plus bas et suit la pente du sol qui plonge d'environ 30°. Dans la salle 3 débouchent quelques évents d'où s'échappe de la vapeur provenant du lac souterrain.
En allant vers le sud on atteint la salle 4 qui se termine en cul de sac. La voûte en est très basse et l'on se trouve à près de 30 m en dessous du niveau d'entrée.

Agrandir l'image pour voir le détail des salles
En descendant encore on est surpris par une étouffante chaleur et, passant sous une anfractuosité des roches, l'on se retrouve devant un petit lac d'eau chaude de 20 m par 10 environ. La nappe d'eau est à la cote 1,55 donc légèrement au dessus du niveau de la mer. La température de l'eau est d'environ 78° et la profondeur du lac est estimée à 6 m. 50.
Les eaux de la grotte sont probablement de la même nature que celles des eaux des Bains de la Reine qui n'en sont éloignés que de quelques centaines de mètres et sont indiquées dans les affections rhumatismales et dans les dermatoses sèches.
Salle 1
Détail des stalagtites
Après diverses tergiversations et arrêtés annulés, c'est enfin le 25 avril 1927 qu'un arrêté du gouverneur général consent à la commune d'Oran la location de la Grotte de l'Aïdour. Il appartient désormais à la ville de conserver et d'aménager ce beau cadeau de la nature. C'est à M Verny, directeur des Travaux Communaux, que revint le mérite d'avoir établi et mené à bonne fin un projet d'aménagement rationnel conservant à la grotte son aspect naturel tout en permettant au public une visite facile et sans danger. Malgré un éboulement en mai 1930 les travaux furent repris et menés à terme et l'inauguration officielle eut lieu le 15 septembre 1935 par la municipalité d'Oran.

La grotte est ouverte au public avec visites les jeudis, dimanches et jours fériés, du 1° avril au 30 septembre de 14 h à 19 h et de 13 h à 19 h du 1° octobre au 31 mars.
Il est perçu par un gardien de la ville un droit de visite fixé à 1 F par grande personne et 0, 50 pour chaque enfant; un autre garde dirige la visite et signale à l'attention du public les points les plus remarquables.

Depuis Oran, les moyens d'accès à la grotte sont variés:
- par le tram, rue El Moungar, toutes les 20 minutes; trajet en 1/2 heure (aller retour 1 fr. 50)
- par les autocars et services en station près du lycée et à l'angle de la rampe Valès et de la rue El Moungar: départs très fréquents en été (trajet 20 mn pour 1 franc)
La grotte connait à l'époque une fréquentation d'environ 1000 personnes par mois.

L'auteur conclut son article en disant:" La grotte de l'Aïdour est une des plus belles, une des plus curieuses et des mieux aménagées de l'Afrique du Nord.
Elle est plus modeste dans ses dimensions que ses semblables de la Métropole, mais dans un espace plus restreint elle renferme toutes les curiosités réunies."


Malheureusement, le modernisme et l'acharnement de l'homme à créer de toutes pièces des espaces artificiels et dans le cas présent dans un but militaire, la construction du port et de la base navale de Mers el Kébir, ont abouti à la destruction de ces sites et nous ont privés de ces richesses naturelles. Dieu et la nature nous ont distribué des choses magnifiques que nous ne savons pas conserver et que nous prenons parfois un malin plaisir à détruire. Ce n'est pas l'actualité de cette fin de siècle qui me démentira.


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