La Curendera


J'avais vingt ans et elle sept, elle habitait au 24 et moi au 25, elle me connaissait, et moi pas.

Nous avions comme n'importe quel Pékin de la création des Mots, et bien sur des Maux, et c'est précisément à sa demande que je me fais un plaisir d'évoquer un souvenir , et de l'illustrer comme me l'à demandé un ami, que tout le monde connaît un certain JC .

Mon ami JC n'est pas un membre influent d'une quelconque secte mais comme il créchait pas très loin peut être en a t il eu quelques échos de ce qui se pratiquait dans ma rue vénérée .

La Sécu, on ne connaissait pas encore, et du reste nous étions si souvent l'objet de mille et une petites misères de l'existence que nous aurions contribué à son abyssal déficit dios mio on y est pour rien qu'est ce qu'on aurait encore dit .

NICOLE, pour ne pas la nommer, qui se languit depuis son passage à LYON, inconsolable, à savoir de quelles Enchiços elle à été frappée .

Pour en revenir à une des spécificités du quartier, et des que nous choppions une Angine, une Foulure, un encombrement intestinal n'importe quoi, nous connaissions le chemin .

Au 21 du dit Bd , maison typiquement Méditerranéenne faisant angle avec la rue MONTAUBAN, repérable entre toutes, puisqu'il y avait la Fontaine, ou venaient s'abreuver le soir les Bourricots du Petit VICHY .

Au rez de chaussée à gauche le TURRENERO, sa famille, les filles CARMINA et SUZANNA, celles qui vendaient le fameux Turon que fabriquait le papa, à droite la famille RODRIGUEZ, et nos amis ANDRE, et ROGER, et par un très joli escalier en bois on accédait chez la CURENDERA, la soigneuse si vous préférez, mais la bas nous disions simplement aller chez Mme CAVANNA.

Mme CAVANA plus très jeune, veuve élevait une grande famille, mais les aînés n'étaient pas nos camarades de jeux, en raison de leur âge seul RENE le benjamin était des nôtres, et je le salue au passage .

Mme CAVANNA, c'était le mystère, elle fascinait, tantôt elle était crainte, tantôt adulée, respectée bien sûr et surtout toujours disponible pour ce qui me concerne et abonné de longue date aux angines, je n'avais nul besoin d'en référer à ma Mama, je connaissais le chemin .

La CURENDERA, c'est aussi ainsi qu'elle s'identifiait, et peu lui importait, elle agissait GRATIS, prenant mon poignet le gauche c'est celui du CORAZON disait elle, elle pratiquait des pressions, et des petites croix avec de l'huile qu'elle prenait avec son index dans la petite veilleuse qui brillait jour et nuit depuis son veuvage .

Mme CAVANNA exerçait dans sa modeste cuisine que je revois encore, avec son Potager, c'est ainsi que l'on appelait alors les PAILLASSES de cuisine , il y avait toujours un quelque chose qui mijotait, et la douleur que nous portions était déjà en partie soulagée par l'odeur qui se dégageait de la marmite en terre cuite vernissée .

N'étant gros mangeur de CHUMBOS, je n'ai jamais eu à solliciter sa science pour des problèmes gastriques, mais NICOLE, mangeuse ou pas de CHUMBOS, y allait souvent m'à t elle dit .

Les pratiques de Mme CAVANNA sur NICOLE me sont confuses, et malgré les explications X fois répétées je ne peux à mon grand désespoir vous les donner, je sais qu'il avait une serviette qui mesurait la distance du Nombril de NICOLE, ( il devait être mignon alors ) .avec le bras, que Mme CAVANNA détectait le Mal, et par sa magie ou son savoir, ou sa science QUIEN SABE, elle affirmait l'avoir identifié et l'éradiquer .

Mme CAVANNA se réjouissait d'avoir réussi et NICOLE repartait en attendant la prochaine, mais le faisait elle sciemment ou pas, elle retournait aussi chez Mme CAVANNA, pour des Entorses, et là cette brave femme, grâce à de savantes manipes.. ! de prières indispensables car Mme CAVANNA était très croyante, la cheville, le genoux ou autre chose étaient illico réparés .

Chaque quartier avait sa CURENDERA, et chacun de vanter les mérites de la sienne, il y avait aussi ceux qui allaient se faire soigner au Village Nègre, chez quelques MARABOUTS, mais c'était payant, pas cher c'est vrai, quelques douros de quoi lui payer un KAOUA .

Voila une recette que NICOLE devrait soumettre à notre sémillant ministre de la Salud ….. ! P'être que ….. ? mais c'est une autre Histoire .

A avant de conclure le Bd des Chasseurs c'était à ORAN, et ORAN c'était OU… ?

Roger .