En vrac



Des souvenirs de Roger Alfonsi

Dormant peu beecause l'age, je m'amuse à remonter le temps, rare chose que je sache encore faire . j'ai pensé que ce qui va suivre pourraît encore interesser quelques uns, et unes .
En vrac non détaillées des Choses, et des Riens, d'ORAN et peut être même de SAIDA,


Autour des années 30, et alors que Myster FLEMMING qui avait déja trouvé le fameux PENICILLIUM, mais ne l'avait pas encore popularisé sous le nom de PENICILLINE, dans notre bonne ville et ailleurs aussi, sévissaient périodiquement les Epidémies de Typhoïde, Typhus, et autres joyeusetées ......! La parade consistait alors à nous munir, disons plutôt à pendre à notre cou un petit sachet, de toile rouge de preference, d'environ 2 Cm de côté à l'intérieur duquel notre MAMA avait placé un morceau de camphre, et ....une petite médaille en Alu de N.D. de LOURDES, Antidote généralisé; les Adultes, le portaient sur la poitrine avec une épingle à ......nourrice .


Aux premiers vagissements, la toilette était effectuée, toujours par la MAMA, dans la TINAJA en fer blanc étamé, plus tard c'est encore la TINAJA qui servait à la toilette, et même pour les adultes ! je vais vous parler de la TINAJA, qui aurait mérité, figurer en bonne place au Musée DEMAEGHT .
La TINAJA, vendue couremment au Bazar CORIAT, et surtout dans l'immense BAZAR devenu plus tard le cinéma L' ESCURIAL, se déclinait en plusieurs tailles: les petites environ 40 cm utilisées pour la cuisine, javer les escargots, écailler les vidriades, pageots, etc.. les cardes, les blettes etc ...
Les moyennes 60 Cm toujours environ c'est déja tellement loin que je .... Bon, elles servaient aux bains de pieds, et à laver les culottes, bas, et petit linge.
Les grandes alors, OUF, je ne me souviens plus de la taille mais elles étaient tres grandes, c'était notre Tub local, il tronait dans la cuisine, et toutes les ablutions de la famille s'y effectuaient .

La TINAJA, mais c'est autre chose et porte le même nom, c'etait un vase plus ou moins grand d'une cinquantaine de Litres, en terre cuite et vernissée; le haut ,l'intérieur de couleur verte , le bas marron. C'est dans son ventre que s'élaboraient nos fameuses olives cassées que JOJO et moi cassions avec une brique .
Dans la TINAJA macèraient les olives, des branches de fenouil ramassées sur le Haut de GAMBETTA, des citrons, du laurier, et j'ne sais plus , ah oui ! du sel evidemment, et il fallait bien entendu renouveller cette saumure périodiquement d'ou l'expresion que vous connaissez: changer ....etc .


Comment ne pas parler de JOSEFA, c'était dans mon quartier l'incontournable LAVANDERA . qui n'à jamais eu à faire faire sa lessive par JOSEFA, toujours rieuse, un peu enveloppée, mais une energie à nulle autre pareille .et sans DOP DOP .
JOSEFA, dans les Buanderies ( il y en avait deux dans mon immeuble ) ébouillantait son linge avec de la CENIZA, ensuite sur une planche striée elle frottait, et refrottait, draps, serviettes, chemises. La brosse , oui il y en avait une mais ça usait le Linge, alors elle n'en faisait usage qu'exceptionnellement, et c'était la que l'on mesurait le professionnalisme de notre chère JOSEFA .
Pour en revenir à la TINAJA, la grande bien sur, servait à entasser le linge mouillé, avant étendage .L'usage de la buanderie était prédéfini, et il ne fallait pas rater son tour .


Les CANTAROS, plusieurs sortes les CANTAROS à Goulots Hauts et larges, le CANTARICO en forme de toupie, plus ou moins grand,un orifice de remplissage, et un PICO pour verser . IMPORTANT: un CANTARO, ou CANTARICO, ( sauf à le briser ) devait être renouvellé périodiqement en raison de sa non Porosité .
L'emplacement idéal des CANTAROS etc ... l'entrebaillement de la fenêtre au courant d'air mais jamais au soleil .


Curiosité, et au moins six fois dix ans d'avance sur notre temps .Le sucre de raisin.
durant les années 40, et faute de Sucre pour Sscrer notre café, constitué de pois chiches, ou d'orge grillés, on avait inventé le sucre de raisin, vendu dans des petites marmites de terre cuite d'environ 500 Gr. avec un papier sulfurisé pour éviter l'intrusion de guèpes, et autres gourmands .
Particularité de ce fameux sucre, il rendait imbuvable notre KAOUA, et apprécié sur les rarissimes tartines de pain noir, il nous filait la "Chiasse" pardon ....!
Croyez le si vous voulez FAUCHON, et autres ont vendu cette mixture sous l'appellation "Confiture de Vin"....sans rire . et en couleur SVP de la Jaune, et de la Rouge, (perso, je ne m'y suis pas risqué .) CUIDADO AMIGO .

Les SMARTS de QUARANTE . Nous n'avions pas les belles draperies anglaises comme on disait, mais on n'en avait pas moins de beaux costards . Quid de la Question :
Nos bons tailleurs, locaux retournaient tout simplement les costumes de 30, et même les chemises reprenaient un coup de jeune par le retournement des Cols et manchettes .
Ma Grand Mère native d'Andalousie, entre le tressage de semelles d'espadrilles en corde et les ravaux ménagers, excellait dans le
rafraîchissement des chemises .


J'ai connu Mlle MARIE, elle aussi native d'ANDALOUSIE, aussi pauvre et âgée que JOB, eh bien elle se faisait des PAELLA, avec des arapèdes ( nom local ) qu'elle allait elle même arracher aux rochers de la CUEVA del AGUA .quelques fois un minable CANGREJO acceptait faire partie du voyage .


Pour aujourd'hui ça suffira je vais essayer de dormir un peu, et de rêver, et encore rêver.... de là-bas bien sur !


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