Pèlerinage à Oran en 1983

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"Remontant la rue d'Arzew, j'emprunte la rue Lamoricière pour me diriger vers le Mogador, cinéma situé à l'angle de la rue Marcel Cerdan (ex rue du Fondouck, nom peu glorieux qui en arabe signifie rue de l'écurie !) Mes deux balcons sont cochés. Intuitivement, enfant, j'avais calculé qu'un jour je devrais m'en échapper en me laissant glisser de balcon en balcon lorsque les arabes envahiraient nos habitations.
Arrivée là en mai 83, je ne voulais plus monter voir cet appartement et il a fallu l'insistance de mon époux pour que j'accepte de m'en approcher.
 
 
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Un chef de quartier s'est immédiatement présenté et a ameuté les occupants de mon appartement pour que nous puissions y être reçus.
Mon immeuble, comme la majorité des immeubles encore debouts, tombe en ruine ! L'escalier était sale, le palier, où vivaient autrefois la famille PERRETTI et le couple DESGRANGES qui avaient un institut de beauté, désert et plein d'immondices.
En montant vers le premier étage où nous habitions, j'ai voulu ouvrir une fenêtre donnant sur la cour intérieure de cet immeuble: j'ai reçu de l'eau qui s'échappait d'une gouttière percée !
Mais au premier étage, la porte de mon appartement était là, comme si rien n'était arrivé ! Des jeunes gens nous ont reçus en l'absence de leurs parents mais en présence d'une voisine arabe qui a accouru aux nouvelles.
Décrire l'émotion qui m'a saisie n'est pas pensable, vous le comprenez sans doute, mais comme si nous allions revenir, j'ai constaté que, fraîchement repeints, les murs de notre appartement étaient de la même couleur qu'autrefois, les lits des occupants orientés de façon semblable et ironie du sort, le carrelage branlant de la chambre de mes parents que mon père n'avait pas eu le temps de réparer, attendait toujours d'être scellé depuis plus de 20 ans.


J'ai reçu ce texte de Michelle LE GALES, quelques jours à peine après avoir vu à la télé cette émission qui a suscité une certaine polémique dans la communauté Pied-Noire, je veux parler de l'émission de DELARUE "Ca se discute" consacrée à la culture pied noire, diffusée le 5 avril 2000. Je n'ai pas pu m'empêcher de songer à ARCADY visitant et faisant visiter à son fils son appartement d'Alger. Que de similitudes dans ces deux situations dont l'une, celle de Michelle, ne peut être soupçonnée d'opération publicitaire et promotionelle
Poursuivons cette comparaison avec le reportage d'Arcady à Alger sans commentaires...

   
Une photo de la porte du cimetière chrétien de Tamashouet, où je m'étais promis de me recueillir sur la tombe de mes grands parents VERDU La tombe en question où je n'ai pu mettre que de très modestes fleurs trouvées à grand peine (et à prix d'or) au marché Michelet.
Le cimétière est à l'abandon; des jeunes jouent au foot dans les allées et un tremblement de terre a creusé des trous et soulevé diverses tombes.




   




Michelle LE GALES-LAVOCAT
mlegales@aol.com
Jean Claude PILLON
jcpillon@nordnet.fr